Le président du comité olympique comorien, Ibrahim Ben Ali (à dr.)

Ibrahim Ben Ali : « On est presque en train de nous dire: Vous êtes de trop, partez ! ».

La délégation comorienne pourraient ne pas être de la la fête en juillet à Maurice.

En colère, désabusé, irrité.. Le président du Comité olympique et sportif des Iles Comores (COSIC), Ibrahim Ben Ali, n’est pas passé par quatre chemins pour faire part de son désarroi et son mal être face à la presse, à Voilà Bagatelle. Sa colère: la façon dont les délégués ont réagi suivant la présentation du dossier comorien pour l’organisation de la 11ème édition des Jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI) de 2023..

Une attitude fortement décriée par l’homme fort du mouvement olympique comorien qui parle même de discrimination. Désormais, il faudra attendre les deux visites programmées aux Maldives et aux Comores avant de connaître la destination des prochains JIOI.

« Je vais m’efforcer de rester courtois», fait d’emblée ressortir le président du COSIC avant de poursuivre, «Si je me base sur la manière de faire des membres du Conseil international des Jeux des Jeux (CIJ), je ne peux que penser que les Comores ne sont pas pris au sérieux. On est presque en train de nous dire : vous êtes de trop, partez ! Personnellement je le prends comme ça. Je me demande d’ailleurs si les membres pensent que les Comores doivent continuer à être un membre actif du CIJ”, a agacé notre interlocuteur.

Ce dernier indique d’ailleurs être venu avec un dossier en bonne et due forme, avec des représentants du gouvernement comorien. «C’est une démarche responsable de notre part. Jusqu’ici, on nous reprochait de ne pas avoir l’appui de notre état et du gouvernement comorien. Aujourd’hui, nous déposons un dossier solide tout en sachant que nous disposons d’un stade olympique pour le football et l’athlétisme. Pourtant, on nous dit que notre dossier n’est pas crédible et qu’il faut attendre que le CIJ effectue une visite sur place en juillet pour un constat. Je trouve cela inacceptable.”

Deux poids, deux mesures ?

Dans cette foulée, comme pour répondre du tac au tac, Ibrahim Ben Ali a fait mention du complexe sportif de Côte d’Or, qui est loin d’être abouti. «Nous avons fait confiance à l’engagement pris par l’Etat mauricien, par exemple, pour la construction du complexe sportif de Côte d’Or. C’est un projet grandiose, mais il reste encore au stade de projet. À 150 jours des JIOI, il n’y a que 50 % des travaux qui ont été complétés. Et les sites déjà existants sont encore en phase de réhabilitation. On ne peut que souhaiter qu’ils soient achevés dans les délais fixés.» Malgré ce retard toutefois, Ibrahim Ben Ali,  constate que ce retard est passé comme une lettre à la poste, d’où sa question: « Pourquoi, dans le cas de Maurice, les choses se passent d’une certaine façon, et autrement pour les Comores? “, s’interroge-t-il.

Le président du COSIC n’a aussi pas mâché ses mots à l’égard du CIJ qui n’a pas été en mesure d’assumer ses responsabilités, en prenant la décision comme prévue, lors de la semaine écoulée. «On a dit que nous étions déjà hors délai pour désigner le pays organisateur des Jeux de 2023. Il n’empêche qu’il était convenu que cette décision soit prise à Maurice. Rester dans le flou me gêne au plus haut point. D’autant que la candidature des Maldives n’apparaît pas en tant que dossier au départ. Malgré tout, on nous dit que notre dossier n’est pas crédible et qu’il faut attendre que le CIJ effectue une visite sur place en juillet pour un constat. Je le prends très mal», a avoué Ben Ali.

Ce dernier affirme avoir déjà vécu pareille situation, notamment en 2015 à La Réunion, tout en fustigeant le CIJ. «J’attends maintenant la réaction de notre Etat et celle de nos sportifs. Vont-t-ils accepter ce délai ? Nous allons évaluer la situation et voir comment on doit envisager la suite des évènements. Nous ressentons beaucoup de déception.»

Epée de Damoclès

Ibrahim Ben Ali va encore plus loin en laissant planer le doute quant à la présence de la délégation comorienne lors des Jeux de juillet prochain. «Nous verrons si nous pourrons être de la fête en juillet. Il se peut aussi qu’on ne soit pas là aussi. Est-ce que l’on doit toujours tout accepter? À un moment donné, il faut savoir se faire respecter. Nous faisons toujours l’effort d’être patients pour répondre aux attentes et à chaque fois, on nous met une épée de Damoclès sur le cou. Comment devons nous le prendre ? La manière dont notre dossier a été considéré n’est pas à la hauteur de nos attentes. Je n’en dirai pas plus là-dessus», déplore Ibrahim Ben Ali.

Le président du Comité Olympique Mauricien (COM) et ancien président du CIJ, Philippe Hao Thyn Voon a quant à lui, pas apprécié le comportement de son homologue comorien. «Vous savez, lors de la précédente réunion du CIJ, vu qu’il n’y avait pas de candidat déclaré à l’organisation des JIOI 2023, Mayotte avait fait acte de candidature. En voyant cela, les Comores, suivies des Maldives, ont aussi présenté
leur candidature, alors que le délai avait déjà été expiré.»
Hao Thyn Voon parle de chantage

Selon lui, lIbrahim Ben Ali est en train de faire pression pour que les Jeux de 2023 se tiennent aux Comores. « Il n’a même pas parlé de Village des Jeux ou encore de piscine olympique, mais n’a fait que parler du stade que le gouvernement chinois vient de construire (stade Omnisports de Malouzini)», poursuit-il. Le président du COM dit n’avoir pas apprécié que Ben Ali ait  élevé la voix, à l’heure où le CIJ a décidé de passer au vote pour, que soit accordée l’organisation des Jeux aux Comores,  soit procéder à une visite aux Comores et aux Maldives. «Quatre pays ont voté pour la visite des sites, alors que les Comores et Madagascar ont eux voté,  pour  des Jeux aux Comores.

C’est là que Ben Ali a commencé à élever la voix et a menacé de ne pas participer aux Jeux en juillet à Maurice. Il ne veut d’ailleurs même pas faire de parcours de flamme ! C’est du chantage pur et simple. Il a créé une ambiance néfaste dans la salle de réunion», déplore-t-il.
Rappelons que c’est lors de la prochaine réunion du CIJ en juillet prochain que ce dossier chaud sera de nouveau mis sur la table des discussions. Soulignons aussi qu’Antonio Gopal, président du CIJ, n’a pas voulu à se mouiller dans cette affaire, «Nous devons nous rendre sur place afin, de faire un premier constat de la situation, dans ces deux pays Comores et Maldives et surtout savoir, s’ils seront capables d’accueillir les Jeux.”
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Sri Lanka aux JIOI : Ce ne sera pas pour cette fois

Les sportifs du Sri Lanka ne seront pas de la fête en juillet pour les JIOI. Ce ne sera donc pas pour cette fois d’autant que leur demande de participation sera de nouveau examinée pendant les JIOI (19-28 juillet). «Malheureusement, nous n’avons pas pu délibérer sur ce dossier, en l’absence du Sri Lanka à cette réunion du CIJ. Cela fait que ce pays ne participera pas aux JIOI de cette année. Pour ce qui est des Jeux de 2023, tout dépendra des décisions qui seront prises en juillet”, a fait ressortir Antonio Gopal.