Après la récente contestation au sein du MC concernant l’exercice d’entretiens des candidats pour le poste du Registrar et annulé sous directive ministérielle, la direction de cet organisme n’est pas de tout repos cette fois-ci avec d’autres sujets controversés. Le Dr Jaygatpal, président du board, admet que l’organisme « est quelque peu dans la tourmente en raison des événements ». Cependant il affirme que « la situation est sous contrôle ».
Alors qu’une enquête est en cours au MC sur les circonstances entourant la mort d’un nourrisson à la suite d’une plainte, un ex-membre du board et qui a siégé aussi dans le comité d’enquête vient de faire de graves allégations sur le déroulement de l’enquête. « De par les révélations sensibles de cet ex-membre étalées dans le public, l’enquête est suspendue. Nous prenons cette affaire très au sérieux et nous attendons un avis légal pour voir s’il y a lieu de la référer à l’ICAC », a déclaré le Dr Jaygatpul, président du board.
Dans sa lettre de dénonciations, cet ex-membre qui fait partie des cinq nominés révoqués, allègue qu’un haut cadre du ministère de la Santé et dont l’époux est concerné par l’enquête, aurait tenté d’influencer un membre du board dans le déroulement de ladite enquête.
L’autre dossier urgent sur lequel le board du MC doit prendre position concerne le Dr Aziz Foondun, dont le nom a été proposé par le ministère de la Santé pour assurer l’intérim au poste de Registrar avec le départ depuis avant-hier du Dr Deepchand. Le Dr Foondun, doyen du board du MC, a été élu en 2015 dans la catégorie « private practionnners » mais depuis le début de cette année il offre ses services rémunérés au ministère de la Sécurité sociale « on a sessional basis » en faisant des visites de personnes âgées à domicile. Il a effectué plusieurs fois dans le passé l’intérim au poste du Registrar sans contestation mais cette fois des voix s’élèvent contre la décision du ministère de lui confier à nouveau cette tâche temporairement. Il existe d’abord une polémique concernant sa présence au sein du board en tant que représentant des médecins du privé. « Du moment qu’il perçoit des allocations de l’État c’est un public officer », dénoncent ses détracteurs. « De ce fait il ne peut représenter le privé et son siège doit être vacant », poursuivent ces protestataires. Pour sa part, le Dr Foondun dans une déclaration au Mauricien confirme son « service payant à la Sécurité sociale ». Mais maintient qu’il est « toujours un médecin du privé » et qu’il ne peut être considéré comme fonctionnaire en avançant les arguments suivants : « Je ne perçois pas de salaires fixes mais une allocation dépendant du nombre des visites que j’effectue à domicile. Je ne bénéficie d’aucun « benefits » auxquels ont droit généralement les fonctionnaires d’après les recommandations du PRB. Je n’ai pas de duty free car, ni de local ou sick leave et je ne travaille pas selon des horaires établis par le ministère. En outre, la somme que je perçois n’est pas “pensionnable” et à n’importe quel moment le ministère de la Sécurité sociale peut mettre un terme à mon service ».
Selon le président du board, le MC attendait au courant de la journée d’aujourd’hui des informations de la Sécurité sociale sur la nature du travail qu’entreprend le Dr Foondun pour le compte de ce ministère. « En fonction des informations que nous recevrons nous allons décider de la marche à suivre. Pour l’heure le Dr Foondun fait toujours partie des élus représentant le privé », explique le Dr Jaygatpul.
Par ailleurs, des membres du board et d’anciens dirigeants du Council dénoncent avec force « l’ingérence ministérielle » dans le fonctionnement du MC. « Jamais auparavant il n’y a eu une ingérence aussi directe du ministère et c’est flagrant », fulminent ces personnes. « Le ministère a déjà décidé de celui qui doit assumer l’intérim au poste du Registrar alors que selon la procédure il revient au board de faire des propositions sur cette question et de prendre une décision. Le ministère ne peut pas nous dicter même si on sait que le Dr Foondun a déjà assumé cette fonction dans le passé », réagissent ces médecins.
Selon nos infos, la question de l’intérim au poste de Registrar devait être évoquée au conseil des ministres aujourd’hui.