Un comité interministériel a été constitué pour faire face à une éventuelle épidémie de zika, maladie infectieuse transmise par les piqûres du moustique tigre de type aedes. « Ce moustique est déjà présent à Maurice mais ne serait pas porteur du virus ici », indique le ministère. Par ailleurs le protocole du ministère de la Santé déjà existant et applicable aux pandémies de dengue et de chikungunya est actuellement en vigueur pour prévenir toute propagation de virus zika dans le pays.
Le ministère de la Santé a dressé une liste de surveillance des pays où sévit le virus zika mais elle n’est pas définitive, car l’Organisation mondiale de la santé (OMS) peut y inclure d’autres selon la propagation du virus. Ces pays sont : Barbades, Bolivie, Brésil, Cap Vert, Colombie, République dominicaine, Équateur, El Salvador, Guinée française, Guadeloupe, Guatemala, Guyane, Haïti, Honduras, Martinique, Mexico, Panama, Paraguay, Porto Rico, Saint Martin, Surinam et Venezuela. Il n’est pas recommandé à une femme enceinte de voyager dans ces pays, et en cas de nécessité elle doit absolument consulter son médecin avant tout déplacement. Le virus zika est en effet suspecté de provoquer des anomalies congénitales, dont une tête et un cerveau plus petit que la normale.
Depuis le début de 2015 un exercice de surveillance est effectué systématiquement dans le port et à l’aéroport sur les passagers ayant transité ou en provenance des pays à risques. Des fiches leur sont distribuées et elles doivent être obligatoirement remplies dans l’avion avant l’atterrissage à l’aéroport international SSR et remises aux officiers du département sanitaire à l’arrivée. Par la suite, les officiers du bureau sanitaire vont faire des prises de sang chez ceux qui pourraient représenter des risques d’être porteurs du virus de la dengue, du chikungunya ou du zika. Si les cas s’avèrent positifs, le ministère de la Santé intervient pour éviter toute propagation. Une salle d’isolement est aussi prévue à l’hôpital Nehru de Rose-Belle pour toute personne infectée.
Le virus zika, tout comme celui la dengue ou du chikungunya, prolifère dans l’eau stagnante, comme sur les toits des maisons, dans des pneus et des boîtes de conserve usagées ou encore dans des terrains en friche. Dans un communiqué, le ministère de la Santé recommande vivement aux Mauriciens de nettoyer les terrains vagues dans le voisinage de leurs habitations et d’éviter de conserver de l’eau stagnante pendant la période des pluies afin d’empêcher les moustiques de se reproduire. Les officiers du bureau de sanitaire font déjà du porte-à-porte pour sensibiliser les communautés à préserver l’environnement dans leur quartier et aider à nettoyer des terrains en friche tout près de chez elles. Les collectivités locales sont également avisées de défricher les terrains vagues avec ou sans la présence des propriétaires. Il est impératif de conserver une cour propre et d’éviter tout dumping dans des terrains à l’abandon. Une campagne médiatique, à la télévision, dans les radios et la presse écrite, est également programmée, dont une émission spéciale sur le virus zika le vendredi 5 février 2016 dans l’émission Priorité Santé sur la MBC télé.