Le paysage culturel du Morne, site mauricien classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, est en phase de connaître un jumelage avec Robben Island, île sud-africaine où étaient incarcérés des prisonniers politiques sud-africains, dont Nelson Mandela, pendant presque 18 ans. En amont du jumelage, Pascall Taruvinga, Chief Heritage Officer au Robben Island Museum, était à Maurice en juin avec une délégation pour discuter des projets communs qui pourront être mis en place, constater dans quelle mesure leur expertise pourrait être apportée à la finalisation du deuxième plan de gestion du Morne, et solliciter le soutien de Maurice pour la préparation de l’Integrated Risk Management Plan de Robben Island. Pour lui, toutes les questions liées à la gestion durable du site du Morne, au développement de l’endroit ainsi qu’à l’empowerment de la population sont importantes pour approfondir et pérenniser les liens entre Le Morne et Robben Island.
En quoi consiste votre déplacement à Maurice ?
Nous sommes à Maurice pour visiter Le Morne Cultural Landscape, qui sera jumelé avec Robben Island. Nous discuterons de projets qui pourront être mis en place une fois le jumelage conclu et préparons la cérémonie de signature d’un accord-cadre de coopération entre ces deux sites africains reconnus par l’Unesco comme patrimoine mondial de l’humanité. Ces sites sont des symboles même de l’essence humaine : Le Morne de par son lien avec le marronnage et la lutte des esclaves marrons pour leur liberté, ce qui constitue un des fondements de la société mauricienne; et Robben Island pour son rôle dans la lutte des communautés victimes d’un système gouvernementale fondé sur la discrimination raciale, les personnes y résistant étant arrêtées et incarcérées sur l’île. Les deux sites ont été témoins des luttes jusqu’au bout, avec l’abolition de l’esclavage pour Le Morne et la fin de l’apartheid ainsi que l’arrivée au pouvoir en 1994 du premier président noir en Afrique du Sud, en la personne de Nelson Mandela.