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– Acheté avec le grant du gouvernement, ce bateau en provenance du Sri Lanka attend les équipements de communication pour démarrer sa campagne.

Depuis quatre mois, les membres de la Yéyé Offshore Fishing Cooperative Society Ltd se démènent avec les procédures en vue d’opérer leur bateau de pêche semi-industriel. Bénéficiaire d’un grant du gouvernement, la coopérative a déjà injecté Rs 400 000 dans ce projet, selon les critères élaborés par le gouvernement. À ce jour, il leur faut trouver encore Rs 700 000 pour acquérir les équipements de navigation et de communication imposés par les autorités. Or, il ne leur reste que Rs 585 000 du prêt obtenu de la MauBank. Ils souhaitent utiliser cet argent pour acheter les équipements « moins chers » à l’étranger, mais soutiennent que la banque ne veut leur donner « cash in hand ».

Il y a trois ans, le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a mis en place, un fond pour l’achat de trois bateaux de pêche semi-industriels, à l’intention des coopératives de pêche locales. L’année suivante, il est revenu avec une nouvelle proposition pour trois autres bateaux. À ce jour, trois coopératives ont pu en bénéficier. Toutefois, un seul a pu démarrer une campagne de pêche, avant d’opter pour la location du bateau à un particulier.

La deuxième bénéficiaire, Yéyé Offshore Fishing Cooperative Society Ltd, a pris livraison de son bateau, construit au Sri Lanka, depuis le mois de février. Cependant, quatre mois après, celui-ci est toujours bloqué au port, faute d’équipements nécessaires pour obtenir le « clearance », pour sortir en mer.  Pour Judex Rampaul : « C’est bien que le gouvernement ait prévu un grant pour les pêcheurs, mais les critères sont trop difficiles pour nous. D’abord, il nous fallait trouver Rs 400 000, soit 10% des Rs 4 M que nous avons obtenus comme grant; ensuite, nous avons emprunté Rs 2,7 M de la MauBank. Aujourd’hui, il nous faut trouver Rs 700 000 pour acheter les équipements que nous imposent le ministère de la Pêche et l’ICTA. Sans compter l’assurance du bateau. C’est à se demander si ce scheme a vraiment été élaboré pour les pêcheurs. Où allons-nous trouver tout cet argent ?» 

Il ajoute que la coopérative a toujours une somme de Rs 585 000 à la MauBank et voudrait s’en servir pour acheter les équipements à l’étranger. « Les équipements recommandés nous coûteront Rs 700 000 à Maurice, tandis qu’à Singapour, on peut les avoir pour Rs 280 000 de moins. Cet argent aurait pu nous servir pour l’assurance et autre chose, mais la banque ne veut nous donner cash in hand ».

À ce niveau, il nous revient que selon les procédures, la banque ne verse pas d’argent aux bénéficiaires, mais paye directement les fournisseurs, sur présentation d’une cotation en bonne et due forme.

Judex Rampaul précise également que le bateau a été construit sur un chantier naval au Sri Lanka. « Il a fait 25 jours en mer pour rejoindre Maurice, sans le moindre problème. Pourquoi veut-on nous imposer tous ces équipements ici ? » Ce dernier indique que le bateau de pêche a coûté Rs 6 M et qu’il a fallu débourser Rs 800 000 pour payer l’équipage, l’assurance, le clearance, les spare parts, ainsi qu’un surveyor, pour le voyage vers Maurice. « Si le gouvernement veut vraiment aider les pêcheurs il aurait dû se montrer flexible et non pas nous imposer toutes sortes de conditions. Cela fait deux ans que nous luttons avec les procédures. »

Judex Rampaul plaide également de ne pas payer pour les erreurs des autres. « Il y a une coopérative avant nous qui a eu des difficultés, mais nous ne pouvons en faire les frais. Nous sommes des pêcheurs genuine qui ne demandent qu’à pouvoir sortir en mer pour commencer à travailler. » Il ajoute que dans le contrat, il n’y avait pas de conditions en ce qui concerne les équipements.