« Je ne veux pas rentrer dans une formule ! » Jean-Claude Baissac le dit et le redit encore une fois comme on répète volontiers les convictions profondes et les professions de foi. « Je sais que je me tire une balle dans le pied, que ça ne m’aide pas à mieux gagner ma vie, mais je ne peux pas concevoir d’exercer mon art sans expérimentation. Et j’expérimente un ou deux jours par semaine, comme tout artiste qui s’inscrit dans le monde d’aujourd’hui. »
S’il a l’esprit vif, Jean-Claude Baissac en attend autant de la part du public qui viendra découvrir ses nouveaux tableaux et travaux sur papier jusqu’à la fin du mois chez Christian Mermoud à la galerie 3A au centre Nautica à la Mivoie à Rivière-Noire (parking et accès libre en face du Ruisseau Créole).
Le créateur du Black Penny continue de recréer un monde imaginaire avec des morceaux de graffitis, des hiéroglyphes, toutes sortes d’objets et symboles qu’il transforme en trésor mis au jour sur quelque terre d’Afrique australe et de l’océan Indien. Cet homme qui aime fouiller dans la terre et le coeur des hommes, qui voit sous l’eau et à sa surface, parle de ses sources d’inspiration comme de fleurs fécondes qui se polliniseraient les unes les autres, grâce peut-être à l’intercession des oiseaux qui ornent parfois ses toiles.
Pour parler et comprendre la langue de Jean-Claude Baissac ne lui demandez pas de vous exposer ses vues, « de vous mâcher le travail » comme il aime le dire. S’il peint, c’est pour montrer ce qui s’exprime par l’image. À chacun de cheminer dans ses tableaux qui ont tant à raconter et à réinventer pour dire le monde.