La Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines Assimilées (FMKBDA) a réalisé, l’année dernière, une performance hors du commun. Engagée dans les Championnats du monde seniors de low kick, à São Paulo, au Brésil, elle a ramené quatre médailles sur cinq tireurs inscrits. Quatre tireurs ont atteint la finale: du jamais vu. De ces quatre, Fabrice Bauluck (-54 kg) et James Agathe (-81 kg) ont remporté la médaille d’or, alors que le Rodriguais Facson Perrine (-63.5 kg) et Burtlan Simisse (-51 kg) ont eux décroché une médaille d’argent chacun. Chapeau à ces quatre, mais également à Boris Brissonnette, qui malgré le fait de n’avoir pas eu de médaille, a également participé à la réussite de ses pairs.
L’histoire menant au sacre mondial aurait pu ne pas être écrite de cette façon féerique. Car faute d’un visa, les cinq tireurs auraient pu être refoulés à l’aéroport de São Paulo. Heureusement que les Dieux du ring étaient avec eux. Nous dirons que quelque part, il était écrit que ces tireurs allaient écrire l’une des plus belles pages du sport mauricien après la médaille de bronze de Bruno Julie en boxe aux Jeux olympiques de 2012, à Pékin, en Chine.
De cette performance de très haut niveau, nous retiendrons ceci: Maurice est la première nation africaine à ces Mondiaux de kick-boxing. Au classement général, elle a terminé à la sixième place, devant le pays hôte, la France et l’Allemagne pour ne citer qu’eux. Une performance qui mérite amplement d’être saluée et qui pour la rédaction sportive de Week-End est « La Performance de 2013 ». Sans oublier que ces Championnats du monde ont été, selon l’entraîneur national Judex Jeannot, l’un des plus relevés, comme en témoigne d’ailleurs le nombre de blessés à l’issue de chaque journée.
Derrière ce succès, il y a d’abord le travail, un travail de très longue haleine. On citera en particulier la détermination et la patience de Fabrice Bauluck, élu sportif de l’année de Week-End. C’est effectivement au terme de neuf longues années de patience et de travail qu’il est enfin parvenu à s’offrir ce titre chez les seniors et ce, après avoir démarré sur le plan international avec deux titres de champions du monde juniors. Bravo aussi à James Agathe qui a, non seulement marqué son retour au kick-boxing de fort belle manière, mais qui a surtout ouvert la voie à Fabrice Bauluck en devenant le premier tireur mauricien champion du monde.
Chapeau aussi à Facson Perrine pour son courage, mais surtout pour sa détermination à retrouver le plus haut niveau, après une pale année 2012. A un moment donné, il était même très proche de la sortie de la sélection nationale. Il n’empêche qu’il a su réagir positivement et démontrer qu’il était capable de mieux. Le jeune Burtlan Simisse est celui qui aura sans doute progressé le plus. Celui sur qui la fédération fondait beaucoup d’espoirs s’est montré à la hauteur des espérances. Cette année, il a non seulement remporté l’argent à ces Mondiaux, mais s’est aussi distingué avec une médaille d’or à la Coupe du monde en mai dernier, en Hongrie, tout comme Fabrice Bauluck.
Et comment ne pas parler de la détermination de cet homme. De la première médaille de bronze décroché par Bruno Lacariatre en 1999 jusqu’à la performance de cette année, il n’a jamais cessé de croire dans le gros potentiel de ses protégés. Grâce à sa rigueur, l’entraîneur national Judex Jeannot a su guider ses tireurs vers le succès. Sa quête vers l’excellence a fini par payer et ce, après de longues années de travail et surtout de nombreuses heures de préparation dans les salles d’entraînements. Avec sa méthode propre à lui et ses principes, il a su également transmettre aux tireurs sa détermination et surtout sa philosophie du sport.
Avec Judex Jeannot, nous saluerons une fois de plus le travail effectué par les autres entraîneurs, mais aussi par les membres de la fédération. Sans ce travail d’équipe, il est clair que les quatre tireurs n’auront pu, à eux seuls, aller défier les grosses pointures mondiales de ce sport pieds-poings. Chapeau une fois encore à tout ce beau monde, en particulier à James Agathe, Fabrice Bauluck, Facson Perrine et Burtlan Simisse. Merci surtout d’avoir permis à la République de Maurice de rêver et de vivre ce moment de véritable bonheur.