La Fédération internationale des associations de personnes âgées (FIAPA) a élaboré deux chartes de recommandations sur les droits et la bientraitance des personnes âgées dans la région océan Indien. Ces documents sont le fruit d’un travail de réflexion enclenché suite au colloque organisé par le groupement FIAPA en octobre dernier au centre récréationnel de Pointe-aux-Piments. Ces chartes seront soumises au ministère de la Sécurité sociale, aux membres du groupement FIAPA Île Maurice et aux pays régionaux ayant participé au colloque.
En raison du vieillissement, les personnes âgées se retrouvent bien souvent victimes d’escroqueries, de vols, d’abus financiers, de maltraitance physique et psychologique, de négligences, de mauvais traitements ou encore de mise forcée dans des maisons de retraite, dont certaines pratiquent des tarifs excessifs. Ce sont là, selon la FIAPA, quelques exemples touchant les personnes âgées qui, en raison de leur âge avancé, deviennent plus vulnérables, voire quelquefois incapables de se défendre.
Le groupement FIAPA – en collaboration avec le ministère de la Sécurité Sociale, du Senior Citizen Council et de FIAPA France – a récemment organisé une rencontre résidentielle à Pointe-aux-Piments. Etaient présents, des délégués de Rodrigues, de La Réunion, de Mayotte, de Madagascar, des Seychelles et de France, dont des gériatres, responsables d’associations et psychologues. Du côté mauricien, le juge Bhushan Domah et la notaire Me Cosette Mahadeo-Ramiah ont aussi participé à la rencontre. Des échanges interdisciplinaires – entre médecins, gérontologues, travailleurs sociaux, responsables d’institutions pour personnes âgées, soignants et personnels paramédicaux – ont ainsi permis d’approfondir les questions tournant autour des droits et la bientraitance des personnes âgées. Des groupes de travail entre participants des domaines juridique et gériatrique ont finalement permis l’élaboration et la souscription finale de deux chartes sur la bientraitance et les droits des personnes âgées dans la région. Il s’agit, selon la fédération, « d’harmoniser les instruments juridiques en vigueur dans les pays régionaux pour une meilleure qualité de vie de nos aînés, d’homogénéiser et d’améliorer la prise en charge gérontologique à domicile et en institution des personnes vieillissantes ».
Parmi les recommandations de ces chartes, l’on note l’importance de « donner une réalité à la liberté de choix des patients », que ce soit à travers, entre autres, le respect de l’intimité de la personne à domicile ou en institution (choix des vêtements, toilettes) ; le maintien d’un environnement adapte et stable en faisant, par exemple, attention aux besoins spécifiques sensoriels de la personne âgée (prothèses auditives, lunettes…) ; le respect autant que possible de la liberté de circuler de chacun ; ou encore le respect des lieux et modalités des repas.
En ce qu’il s’agit de leurs droits, la première recommandation de la charte est que toute personne ne cesse d’être un humain à partir du moment qu’elle est devenue âgée, découlant du principe que les déficiences et les handicaps n’altèrent pas les droits. La charte mentionne également le fait que la société s’adapte aux besoins humains et humanitaires des personnes âgées. L’objectif est d’éliminer et de lutter contre toutes les discriminations directes et indirectes qui existent ou qui surgissent dans le temps du fait de l’avancée en âge. Il faudrait également, selon la fédération, que les institutions et pourvoyeurs de services de facilités publiques et privées « leur assurent le droit au bonheur et à vieillir dans la dignité, le respect et la sécurité, ainsi que d’avoir accès aux soins nécessaires et de bénéficier de l’attention voulue ».