Quarante signataires – poètes, écrivains, férus de lecture ou de défense des droits de l’homme, et amateurs d’art – d’une pétition qui était en circulation pendant toute une semaine demandent au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, de mettre en veilleuse le projet d’ouverture d’une ambassade mauricienne à Riyadh, en Arabie Saoudite, dont le régime est considéré « dangereusement répressif ». La pétition a été envoyée par voie électronique au Premier ministre p.i, Xavier-Luc Duval, ce matin.
« We, who support the Palestinian refugee poet and art curator, Ashraf Fayadh, originally sentenced to death and now condemned by the Saudi Arabian authorities to 8 years in prison and 800 lashes following trumped up charges, call on you, as Prime Minister, to immediately put on hold the Mauritian State’s setting up of an Embassy in Riyadh until such time as the regime in Saudi Arabia begins to respect human rights and freedoms », peut-on lire sur la pétition électronique portant la signature des quarante personnes, dont la majorité étaient présentes à l’après-midi de poésie organisé le 14 janvier dernier au siège de Lalit, à Grande-Rivière-Nord-Ouest, pour venir en soutien au poète et écrivain palestinien Ashraf Fayadh.
Âgé de 35 ans, cet écrivain, né de parents palestiniens vivant en Arabie Saoudite, avait été condamné à mort pour apostasie par un tribunal saoudien, en novembre 2015. Au début du mois de février, cette peine avait été commuée en huit années de prison et 800 coups de fouet. Le poète continue toutefois à nier les charges qui pèsent sur lui, arguant que de fausses accusations ont été portées à son encontre. Son homme de loi, Abdul Rahman Al-Lahim, a signifié son intention de donner avis d’appel contre cette décision.
La décision de faire cette pétition avait été prise lorsque les organisateurs de cet après-midi, soit la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), le Centre Idrice Goomany et Ledikasyon pou travayer (LPT), et les participants s’étaient penchés sur une nouvelle action à être entreprise pour dire non « au non-respect des droits humains du régime ». Lalit avait alors pris l’engagement d’initier cette action et affirme qu’elle n’est pas isolée. « Parlman Eropyin pe met enn mosyon pu vote pu aplik enn Anbargo zarm lor Arabi Saudit. Alor, nu demars isi Moris, li pa izole. Anfet, deza finn gayn plis ki 700 000 sinyatir dan enn petisyon a Parlman Eropyin pu al delavan vot anfaver sa mosyon la. »
Lalit estime le moment opportun aussi parce que « le gouvernement mauricien parle ces jours-ci de la création des smart cities qui seront financées par le régime saoudien » et que « le ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, aurait, lors de sa récente visite en Arabie Saoudite, promis des facilités diverses aux Saoudiens pour investir à Maurice et leur aurait assuré du soutien de Maurice dans leurs actions contre l’Iran ». « Mauritius backs Kingdom’s Tough Action Against Iran » ; « all the measures the Kingdom has taken against terrorism and the terrorists are legitimate and necessary to safeguard its safety and stability », devait, entre autres, promettre le ministre Soodun, fait ressortir Lalit. « Li enn laont ki Moris site kuma pe fer exersis militer konzwin avek Arabi Saudit dan enn tel moman », fustige Lalit.