Après une nouvelle activité de sensibilisation sur la plage de Pomponette dimanche dernier, le collectif Aret Kokin Nou Laplaz (AKNL) a écrit au ministre des Terres et du Logement Showkutally Soodun, réclamant la résiliation du bail octroyé à Clear Ocean Hotel and Resort Ltd. Les activistes disent avoir été témoin de l’état actuel de l’ancienne plage publique de Pomponette, devenue un « dépotoir ». Ils affirment que cela constitue des manquements à la State Lands Act et relèvent les risques sanitaires que représente l’accumulation de déchets sur le lieu, particulièrement avec la peste qui sévit à Madagascar.
Dans sa lettre datée du 11 septembre, AKNL ne cache pas sa « déception » concernant la « dégradation » de l’environnement à Pomponette et « l’indifférence des autorités » à ce sujet. On se souvient que dans un premier temps, le collectif effectuait des nettoyages hebdomadaires afin de permettre aux Mauriciens de continuer à fréquenter cette plage. Par la suite, les promoteurs de Clear Ocean Hotel and Resort avaient engagé des habitants de la localité pour l’entretien des lieux.
AKNL, de retour sur place dimanche dernier pour une journée d’activités, a dressé un constat négatif : « Pomponette devient graduellement un “dumping ground”. Il y a une accumulation de déchets qui cause non seulement du tort à l’environnement, mais qui risque aussi d’affecter la qualité de l’eau. » Qui plus est, souligne le collectif, le pays est actuellement en veille sanitaire en raison de la peste qui prévaut à Madagascar. « Nous ne comprenons pas comment les autorités peuvent tolérer une telle chose et nous sommes déçus de l’absence de réaction », écrit Carina Gounden, porte-parole du collectif.
La lettre fait ainsi ressortir que cette situation constitue une infraction à l’article 6 de la State Lands Act, laquelle stipule : « The land leased shall not be so utilised as to constitute any nuisance or to cause any detriment to or pollution of the natural resources and the environment, including any adjoining sea, beach, lake, canal or river. » La loi précise également que toute infraction à cette section de la loi peut mener à une résiliation du contrat de bail. L’AKNL invite donc le ministre des Terres et du Logement à agir sous cette section de la législation.
Par ailleurs, le collectif affirme qu’il n’est pas contre le développement et la création d’emploi dans cette région de l’île, « comme veulent le faire croire certains ». Cependant, l’AKNL craint pour la dégradation de l’environnement et se prononce en faveur d’un modèle alternatif intégrant les habitants de la région. Il attire également l’attention sur le fait que Pomponette est compris dans le South Coast Heritage Zone et qu’il est décrit comme un endroit sensible au développement par la National Development Strategy.