Le Director of Public Prosecution (DPP) Office a tenu à apporter des précisions sur les procédures dans l’enquête de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) sur le rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions en décembre 2010. Tout en évitant de se laisser entraîner dans l’arène politique, le Bureau du DPP crie au faux procès instruit contre cette institution constitutionnelle dans la conjoncture.
Réagissant aux propos tenus publiquement par les dirigeants du Remake 2000 de l’alliance MSM/MMM, le DPP, Me Satyajit Boolell, Senior Counsel, s’est appesanti sur le fait qu’à ce stade ses services ne sont en présence d’aucun détail du dossier MedPoint. Toutefois, il devait rappeler que les auxiliaires de la justice sont protégés par la loi contre tout outrage. À la mi-journée, le DPP’s Office s’apprêtait à émettre un communiqué officiel sur ces lignes.
« Jusqu’à ce jour, les services du DPP ne sont pas encore en présence des détails de l’enquête de l’ICAC sur le dossier MedPoint. Nous ne connaissons même pas la couleur de ce dossier. Je pense qu’il est absolument absurde de spéculer sur toute décision qui pourrait être entérinée subséquemment. J’ai comme l’impression que nous subissons un faux procès », a déclaré Me Boolell au Mauricien en cours de matinée en confirmant l’intention du Bureau du DPP de faire émettre un communiqué à ce sujet.
« Si ce dossier est transmis au DPP, nous allons l’étudier car il ne fait nul doute que ce sera un dossier complexe et difficile. Il va sans dire que l’étude du dossier MedPoint se fera dans le strict respect des procédures et des normes établies aussi bien que dans l’application des critères comme dans n’importe quelle affaire criminelle. Parmi, l’on retrouve les preuves accumulées lors de l’enquête et le public interest. Le tout dans un esprit d’impartialité et d’indépendance », a poursuivi le DPP.
D’autre part, Me Boolell met l’accent sur le fait que le DPP’s Office comprend pas moins d’une trentaine de fonctionnaires et que la responsabilité du dossier MedPoint ne relève pas d’une seule personne. « Je tiens également à rappeler que les auxiliaires de la justice sont protégés par la loi contre tout cas d’outrage », a conclu le DPP, qui a évité de s’étendre sur cet aspect vu les passions politiques sur le dossier MedPoint.
Du côté du QG de l’ICAC, l’on préfère faire la sourde oreille aux critiques et commentaires émanant des rangs de l’opposition en général et sur l’enquête MedPoint en particulier. C’est l’impression qui se dégage ce matin alors que l’enquête est au point mort depuis au moins la fin de l’année dernière.
Les responsables de l’Investigation Division de l’ICAC sont actuellement dans l’attente de la décision de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances et leader du MSM, Pravind Jugnauth, par rapport à l’offre formulée en Cour suprême quant à l’accès au Cabinet Memorandum de la séance du conseil des ministres du vendredi 18 juin 2010. La décision de Pravind Jugnauth, sur qui pèse une inculpation provisoire de conflit d’intérêts, devra être communiquée en Cour suprême dans les premiers jours du mois prochain.
En cas d’acceptation des conditions proposées par l’Attorney General’s Office au nom du secrétaire au Cabinet, un officier du Cabinet’s Office sera désigné pour apporter les Minutes of Proceedings de ces délibérations du conseil des ministres pour être consultés par Pravind Jugnauth et ses conseils légaux lors d’un rendez-vous en vue de permettre à l’ICAC de consigner la déposition formelle du leader du MSM et de compléter le dossier avant de le soumettre au DPP.
Au cas contraire, la Cour suprême devra décider de la marche à suivre.