La magistrate Ida Dookee-Rambarrun siégeant en cour de district de Port-Louis a rayé ce matin les deux charges de Using a telecommunication service for the purpose of causing annoyance qui pesaient sur Nitin Chinien, ceci après que le Directeur des Poursuites publiques a décidé de ne pas donner suite à toutes actions judiciaires contre le chanteur âgé de 31 ans. Il était poursuivi pour avoir divulgué certaines informations confidentielles sur la MASA sur YouTube et Facebook et d’avoir proféré des menaces à l’encontre du Premier ministre Navin Ramgoolam.
En novembre 2013, des charges provisoires avaient été logées à la suite de l’arrestation et de la mise en détention de l’artiste, qui avait été interpellé après la diffusion sur YouTube de deux clips dont l’un, selon la police, où il proférait des menaces à l’endroit du PM. Dans l’autre clip, intitulé « Nitin Chinien vs MBC/PTr/MASA », il aurait selon la police porté préjudice à la Société mauricienne des auteurs et à deux personnes, en évoquant en public des détails confidentiels les concernant. En décembre, son avocat Me Kailash Trilochun avait logé une motion pour demander la radiation des charges, insistant sur le fait qu’en l’absence de mandat, la police ne pouvait pas arrêter son client, d’autant que, selon lui, il se serait seulement rendu coupable d’un délit mineur qu’il a qualifié de « misdemeanour ». De ce fait, il s’était demandé si l’arrestation et la mise en détention de Chinien étaient justifiées.
Lors des débats, le sergent Robin Bundhoo, un des enquêteurs, avait été appelé dans le box des témoins pour expliquer les circonstances dans lesquelles la police a été amenée à interpeller l’artiste. Chinien, indique-t-il, avait été convoqué par la police après la diffusion en juillet d’un premier clip. Dans celui-ci, des critiques avaient été formulées contre des dirigeants de la MASA et lors de l’enquête, il avait reçu un avertissement. Par la suite, après la diffusion du deuxième clip, il avait été arrêté pour avoir menacé de nuire au dispositif de sécurité du PM. Le témoin avait précisé que l’arrestation du plaignant a été faite selon les dispositions de l’article 13 (f) de la Police Act selon lesquelles la police peut procéder à l’arrestation de tout individu qui mettrait en péril la sécurité d’autrui ou qui est susceptible de nuire à l’ordre public. Il avait assuré qu’un mandat d’arrêt n’est pas nécessaire dans de tels cas. La Cour avait ainsi rejeté la motion du chanteur pour la radiation des charges indiquant que la police a agi dans le cadre du respect des lois.
Rappelons que Nitin Chinien avait été arrêté à deux reprises en novembre. Il avait obtenu la liberté conditionnelle presque deux semaines après sa deuxième arrestation. Il était poursuivi sous deux charges : « Using a telecommunication service for the purpose of causing annoyance » et « Using an information and comm.service for the purpose of causing annoyance to another person ».
À sa sortie de la Cour ce matin, Nitin Chinien s’est refusé à tout commentaire, indiquant qu’il animera un point de presse vendredi.