Le début de 2015 ne s’annonce nullement de tout repos sur le front économique. Certes, la baisse du cours mondial du baril de pétrole dans les limites des 50 dollars américains, soit le niveau le plus bas de ces cinq dernières années, pendant la semaine écoulée, devrait être porteuse de bonne nouvelle pour les consommateurs. Mais, au ministère des Finances, avec les préparatifs pour le budget 2015 passant à une étape supérieure, l’heure est à la prudence et à la vigilance quant aux répercussions de cette baisse des prix pétroliers sur la croissance dans les principaux marchés d’exportations pour l’année qui démarre. Sur le front local, le ton est donné avec le Grand Argentier, Vishnu Lutchmeenaraidoo, faisant clairement comprendre aux automobilistes qu’il ne faudra pas s’attendre à un ajustement des prix pétroliers à la pompe dans l’immédiat. En parallèle, après un scrutiny détaillé des conditions du contrat alloué à Betamax pour le fret pétrolier, le gouvernement de l’Alliance Lepep a pris la décision de rouvrir les négociations avec ce groupe pour une révision à la baisse de 50% des coûts du fret (voir texte plus loin). D’un autre point de vue, le taux de change de l’euro, qui se rapproche dangereusement de la barre des Rs 38 alors qu’il y a un an, la monnaie européenne s’échangeait à Rs 41.75, suscite des appréhensions au sein de la communauté des affaires.
La nouvelle tendance affichée par le baril de pétrole sur le marché mondial crée de nouvelles expectatives sur le front macro-économique. L’euphorie des consommateurs quant à un litre de carburant encore à meilleur marché contraste avec les réserves exprimées par les observateurs de l’économie. “Fundamentally, the ultimate and definite impact of dwindling oil prices on the state of the world economy in 2015 and, consequently, on the growth performance of the Mauritian economy remains to be properly estimated and determined”, souligne l’un d’eux en fin de semaine.
Même si les premières analyses de la Banque mondiale prévoient que “soft oil prices are expected to persist in 2015 and will be accompanied by significant real income shifts from oil-exporting to oil-importing countries. For many oil-importing countries, lower prices contribute to growth and reduce inflationary, external, and fiscal  pressures”, ces specialistes veulent se montrer prudents jusqu’à la prochaine publication du World Economic Outlook révisé du Fonds monétaire international.
Les conséquences d’une déflation font encore peur, car “prolonged deflation could sap aggregate demand and consumption in Europe as consumers postpone purchases in the hope of future bargains, which would in turn erode European companies’ profits and have pervasive negative entrenched spill-over effects on the real economy in the event deflation influences long-term expectations”. Ce qu’il faut craindre le plus, c’est que “lower external demand is also expected to feedback negatively to local corporate balance sheets, thus affecting performance of our domestic firms, which could lead to a reduction of investment and nationwide economic growth.”
Néanmoins, cela ne les empêche pas de commenter les effets par rapport à l’inflation et surtout la politique monétaire dans la conjoncture. “After attaining 3.2% as at December 2014, headline inflation would benefit from the low international oil prices in the months ahead and to drop down further as at end of 2015 ( ) In case inflation is kept under resolutely good control, this would provide ample grounds for the Central Bank to maintain an accommodative monetary policy stance in the wake of the still-delicate economic environment”, indique un analyste économique, qui a préféré garder l’anonymat.