Février marquera la mise en application d’une série de nouvelles dispositions dans nos prisons. Il s’agit, pour les responsables de l’univers carcéral, d’être « en phase avec les recommandations comprises dans le rapport de la Commission d’enquête sur la drogue », présidée par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen. Des mesures qui, apprend-on de ceux qui œuvrent au quotidien dans l’univers carcéral, « contribueront à réduire, sinon freiner, les trafics et abus en tous genres qui ont cours dans nos prisons ». Et d’ajouter qu’il « faut un commencement à tout » et que « pour mettre de l’ordre, ces principales mesures seront mises en application ».

La mesure principale consiste à faire des prisons une “non-smoking zone”. A la page 80 du rapport Lam Shang Leen, il est justement écrit que « the Commission recommends the prohibition of smoking in the precincts of the prisons in compliance with the Public Health Regulations ». Le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, souligne en effet fréquemment que le tabac est une nuisance. « Avec cette nouvelle mesure, nous allons surtout veiller à la bonne santé des uns et des autres, détenus comme officiers. »

Une autre recommandation comprise dans le rapport de la commission : celle concernant l’argent des détenus par le biais du “Earning Scheme”, les “postal orders” principalement. La Commission Lam Shang Leen recommande ainsi, entre autres, que « no postal orders to credit account of prisoners should be allowed ». Afin de s’aligner sur cette recommandation, le commissaire des prisons Appadoo a laissé comprendre que « la somme maximale qu’un détenu pourra avoir sur son compte sera de Rs 5 000 ». Les détenus se voient verser des sommes sur leurs comptes par le biais de « proches qui, soit sont à Maurice, soit se trouvent à l’étranger, et qui souhaitent “aider” » leurs parents. « Or, dans certains cas, il y a eu des abus… On parle notoirement d’un détenu qui s’est retrouvé avec Rs 2 millions sur son compte. Ce n’est pas normal. Donc, il faut arrêter tout ça et mettre de l’ordre. » Des “special cases” seront aussi pris en considération : « Pour des raisons médicales, bien évidemment, moyennant un mot ou une prescription d’un médecin, le détenu pourra avoir droit à une somme conséquente pour se payer ses médicaments pour le diabète, des complications cardiaques ou un dentier, des lunettes, une “hearing aid”… »

Ces mesures touchent aussi la cantine et les produits qui y sont mis en vente à l’intention des détenus : « À compter de février, ce ne sont plus que les “basic needs” qui seront disponibles à la cantine : brosse à dents, dentifrice, savon, savates, “training suit”, “underwear”… En revanche, les détenus pourront continuer à acheter les pâtisseries de la prison via leur “Earning Scheme”. »