Ambiance nullement électrique pour la Private Notice Question du leader de l’opposition, axée sur les risques de black-out dans le pays à partir de la fin de l’année prochaine. Cette PNQ, qui pourrait être la dernière de la présente session parlementaire si la dissolution de l’Assemblée nationale intervient avant le prochain ajournement, a permis à Paul Bérenger de faire état de ses craintes sur la fourniture d’énergique électrique pour les années à venir en s’appuyant sur les conclusions de l’Appraisal Report de la Banque africaine de Développement (BAD) pour un prêt de Rs 3,5 milliards au Central Electricity Board. Et également au Deputy Prime Minister et ministre de l’Énergie, Rashid Beebeejaun, de rassurer en soutenant que les projections de la BAD ne tiennent pas en ligne de compte la possibilité d’une production de 11 MW venant de la sucrerie de Médine et de 22 MW de la centrale thermique de CEL de Deep-River à partir de l’année prochaine.
En ce qui concerne le projet de centrale thermique au charbon de Pointe-aux-Caves de 100 MW avec pour promoteurs CT Power, l’expression politique de ces dernières semaines « on and off » s’applique à merveille. C’est du moins la conclusion en prenant connaissance de la teneur de la réponse du Premier ministre adjoint et ministre de l’Énergie, qui fait également comprendre qu’en cas d’abandon de ce projet de centrale thermique, programmée pour être connectée au réseau à partir de 2017, des difficultés sont à prévoir pour satisfaire la croissance dans la demande. Il a ajouté qu’une solution de rechange devra être envisagée.
À ce stade, la plus grosse préoccupation demeure les garanties à être fournies au gouvernement et au ministère des Finances au sujet des sources de financement de ce projet évalué à Rs 10 milliards jusqu’ici. Rashid Beebeejaun a souligné que cette condition, imposée dans le cadre de l’EIA Licence pour le projet de CT Power, devra être respectée impérativement. Jusqu’ici, le ministère des Finances n’a pas encore donné le feu vert au montage financier pour l’exécution du projet de centrale thermique.
De son côté, Paul Bérenger a fait état de deux propositions en vue de faire face à toute éventualité. D’abord, une étude indépendante et professionnelle confiée à la Banque mondiale et à la BAD sur les projections dans la demande en énergie électrique et la capacité du CEB en vue de réconcilier les exagérations du CEB, le trop d’accent de la jeunesse dans des sources d’énergie nouvelles et propres comme le vent et la sonnette d’alarme tirée par la BAD dans ce dernier Appraisal Report. Cette suggestion n’est pas contestée par le Deputy Prime Minister.
Le second point avancé par le leader du MMM porte sur la nécessité de lancer un exercice d’appel d’offres international pour une centrale thermique d’une capacité minimale de 50 MW au cas où le projet de CT Power fait faux bond. Il ajoutera que l’autre avantage découlant de cette initiative est que Maurice pourra bénéficier de l’enveloppe financière de Rs 400 millions bloquée par l’Union européenne vu le non-respect d’une des conditions imposées, soit un appel d’offres international au lieu du projet de CT Power.
D’autre part, le Deputy Prime Minister, qui a donné la garantie qu’aucun risque de black-out ou de coupures d’électricité n’est à l’ordre du jour, a aussi rassuré qu’aucune révision des tarifs d’électricité n’est envisagée par le CEB dans l’immédiat.
Données validées
Bérenger : Par rapport au secteur de l’électricité, le Premier ministre peut-il faire état de la réponse du gouvernement à la récente évaluation de la BAD au sujet des risques de black-out en 2015 et 2017 en raison d’une demande supérieure à la capacité installée du CEB ? Peut-il également préciser si le projet de CT Power a été abandonné ? Commenter la part négligeable des sources d’énergie éolienne et solaire sur le plan national ? Confirmer si le rapport des consultants sur le Liquefied Natural Gas (LNG) a été soumis et justifier l’absence d’un régulateur tout en indiquant si les tarifs du CEB vont être majorés?
Beebeejaun : Je voudrais informer la Chambre que le rapport de la BAD s’inscrit dans le cadre d’un prêt pour assurer la réhabilitation de la centrale thermique de St-Louis avec la mise en place de quatre turbines de 15 MW chacune. Je m’empresse d’ajouter que toutes les données contenues dans le rapport proviennent du CEB et ont été validées. Le rapport indique qu’en 2013, la demande d’électricité en période était de 446 MW et la capacité au CEB était de 489 MW, soit une marge de 43 MW pour faire face à des imprévus sous forme de panne. En 2015, un déficit de 32 MW pourrait surgir si les investissements nécessaires ne sont pas encourus. Cette situation s’explique par le retrait des quatre moteurs Pielstick et également le fait que le contrat de deux Independent Power Producers arrivera à échéance en 2015.
Mais déjà, le CEB a lancé des appels d’offres pour quatre moteurs de 15 MW chacun avec des provisions que deux des quatre turbines, soit 30 MW, devront être opérationnelles à partir de novembre 2015 et les deux autres justes après.
Mais depuis l’Appraisal report de la BAD, d’autres développements ont été enregistrés. La sucrerie de Médine a signifié son intention d’opérer une centrale de 11 MW à partir de juillet de l’année prochaine. Le CEB est actuellement en discussions avec la centrale CEL de Deep-River pour une capacité de 22 MW à partir du charbon à partir de la même date. De ce fait, avec les 30 MW de Saint-Louis et les 11 MW de Médine, nous nous retrouvons avec une capacité additionnelle et améliorée de 41 MW sans oublier le potentiel de 22 MW de Beau-Champ.
Je peux donner l’assurance qu’il n’y aura pas de black-out ou de coupures d’électricité en 2015.
Avec le rapport de la BAD, le gouvernement et le CEB ont pris des engagements fermes pour la réalisation du projet de la centrale thermique de Saint-Louis. Les procédures ont déjà été engagées et dès août 2012, une demande pour une EIA Licence a été logée auprès des autorités compétentes. Des consultations ont été initiées avec les habitants de la région. Avec les nouveaux équipements qui seront installés, le voisinage de la centrale bénéficiera d’un environnement beaucoup plus sain que ce soit par rapport à la qualité de l’air ou encore du bruit.
En ce qui concerne le projet de CT Power, dont le démarrage remonte à 2006, de nombreux délais ont été accumulés. L’EIA Appeal Tribunal, qui a approuvé ce projet, a imposé une série de conditions contraignantes aux promoteurs. Ces conditions ont eu pour effet de retarder la mise à exécution. Cette centrale thermique de 100 MW devra être opérationnelle à partir de 2017. Au cas où ce projet est abandonné, « it will have to be replaced by another power plant. » Mais à ce jour, une série d’accords ont déjà été signés par le CEB avec le promoteur, soit le Power Purchase Agreement, le Coal Supply Agreement, le Shareholders Agreement et le Land Lease Agreemeent.
Equity Funding
Nonethless, an important issue is left to be addressed. Le gouvernement ne compte nullement déroger à la condition sine qua non portant sur les fonds pour la réalisation du projet. CT Power aura à respecter scrupuleusement cette condition sur l’Equity Funding ; il n’y a pas à sortir de là.
Quant au poids des sources d’énergie solaire et éolienne, la capacité actuelle est de 18 MW. Mais d’autres projets sont in the pipeline comme les 39,4 MW du parc éolien de Plaine-Sophie prévu pour l’année prochaine ou encore un autre projet de 10 MW. Le CEB se trouve également en présence de projets pour une capacité de 39 MW.
Avec 60 MW de sources d’énergie nouvelles et renouvelables à la fin de 2015, ce n’est nullement négligeable. Mais il faut retenir le fait que ces sources représentent des coûts onéreux, sont intermittentes et peu fiables.
Le rapport préliminaire des consultants sur le Liquefied Natural Gas vient d’être soumis au gouvernement. Ce document est à l’étude alors que le rapport officiel est attendu le mois prochain.
Le régulateur est maintenant prévu pour trois services, soit l’électricité, l’eau et le tout-à-l’égout. La loi n’est prête que pour l’électricité. Il faudra attendre l’adoption de la loi pour les deux autres services. Il est du devoir des autorités de s’assurer que le CEB dispose des moyens nécessaires pour mener à bien sa mission. Mais dans l’immédiat aucune révision à la hausse des tarifs d’électricité n’est envisagée.
Bérenger : Sur la base du rapport de la BAD, le Premier ministre adjoint partage-t-il point de vue que we are on a tight rope. Mention est faite du démarrage du projet d’installation de quatre turbines de 60 MW à partir de septembre prochain. Tout retard accumulé dans la mise à exécution aura pour seule conséquence majeure que le CEB ne sera pas en mesure de satisfaire la demande. Je suis surpris que le Premier ministre adjoint n’a pas jugé nécessaire de faire état des commentaires de la BAD au sujet des risques de black-out et de la nécessité d’envisager des investissements dans des turbines à gaz avec des coûts extrêmement élevés pour parer à toute éventualité. La BAD est d’avis que le projet de Saint-Louis est déjà en retard et des mesures d’urgence s’imposent dans la conjoncture. N’est-il pas d’accord qu’il y a urgence ?
Beebeejaun : Je voudrais remercier le leader de l’opposition pour tirer la sonnette d’alarme à ce sujet de manière régulière. Mais comme déjà souligné, il y a d’autres facteurs qui sont entrés en jeu, dont l’apport additionnel des centrales de CEL à Beau-Champ et de Médine. Ces éléments ne sont pas tenus en ligne de compte dans l’Appraisal report de la BAD.
Bérenger : Les moteurs Pielstick sont vétustes et remontent à plus de 35 ans. Ils constituent un véritable danger public et affectent la santé des habitants des environs de la centrale thermique. Il y en avait six. Deux ont été mis hors circuit. Il en reste quatre. Peut-on savoir quand ils ne seront plus opérationnels ? Le seront-ils en 2015 ?
Beebeejaun : The Pielstick are out. Ils sont mis en service de manière minimale. On and off…
Bérenger : Le Premier ministre adjoint a une lecture positive du rapport de la BAD. Toutefois, la situation est extrêmement sérieuse. Le CEB ne cesse de se montrer rassurant envers le gouvernement et le ministre de tutelle. De l’autre côté, il y a des jeunes qui croient que nous pouvons nous fier au vent pour produire de l’énergie électrique. Certes, c’est une approche idéaliste. Entre les deux, il y a l’avertissement de la BAD. Nous ne savons pas sur quel pied danser. Face à une lecture pessimiste du rapport de la BAD, n’est-il pas envisageable d’avoir recours à une étude indépendante et professionnelle confiée à la Banque mondiale et à la BAD de manière urgente pour établir des projections de la demande d’énergie dans les années à venir pour que nous puissions mieux planifier les investissements ?
« Nous courons deux dangers »
Beebeejaun : La Banque mondiale dispose de la capacité pour mener à bien cette tâche. Par contre, je ne suis pas très sûr pour la BAD. Puis-je rappeler à la Chambre que c’est sur notre insistance que le dossier a été traité de manière rapide et urgente par la BAD. Cette dernière a répondu de manière positive à nos sollicitations. Otherwise, we would still be waiting. En plus, il y a l’apport du solaire et de l’éolienne, soit 29 MW et 15 MW, qui devrait nous aider également…
Bérenger : D’autre part, le DPM avait trouvé que les sources d’énergie nouvelles et renouvelables ne sont pas fiables et en même temps, il compte sur leur contribution. Il y a le projet de Sarako à Bambous avec une capacité de 15 MW. Peut-on avoir une idée de la performance de cette centrale solaire ? Mes informations sont qu’elle n’a pas réalisé 8 MW ?
Beebeejaun : Il se trouve que j’étais présent lors de l’inauguration et que ce jour-là, la pointe était de 15,2 MW alors que la capacité est de 15 MW. Je leur ai posé la question. J’étais présent sur les lieux.
Bérenger : Ma question porte sur la moyenne. Mes informations sont qu’elle n’a même pas atteint 8 MW ?
Beebeejaun : C’est 12,8 MW…
Bérenger : Nous courons deux dangers. D’abord en 2015 avec la fin des travaux à la centrale thermique annoncés pour décembre. En cas de délais, la BAD prévoit la catastrophe sur le réseau de fourniture électrique. We will be in trouble for 2015. Maintenant si le projet de CT Power est abandonné, it will be a huge gap. CT Power est prévu d’entrer en opération en 2017. Il y a un premier danger l’année prochaine et un autre en 2017. Peut-il donner l’assurance que le calendrier d’exécution des travaux sera respecté ?
Beebeejaun : Je peux rassurer le leader de l’opposition et la chambre car nous prévoyons, dès novembre 2015, le commissioning de deux turbines de 30 MW…
Bérenger : Venons-en à CT Power. Si le projet est abandonné, que se passera-t-il ? Il est vrai qu’une des conditions majeures est que le ministère des Finances et le secrétaire financier doivent être satisfaits des garanties que le promoteur dispose des ressources financières pour compléter le projet. Le précédent ministre des Finances, Xavier Duval, l’avait clairement fait comprendre. Now we have a new minister of Finance. Xavier Duval avait confirmé qu’il n’avait pas donné le feu vert à ce projet…
Beebeejaun : I quite agree. There is no disagreement. Le ministère des Finances n’a pas encore donné son assentiment faute de proof of equity…
Bérenger : La dernière fois, le coût du projet était de Rs 10 milliards. Le coût a-t-il été révisé à la hausse ? Peut-il confirmer si le promoteur exige un Rate of Return de 20 % sur ce projet ?
Beebeejaun : Il n’y a pas eu de changement dans le coût du projet.
Bérenger : Si le projet de CT Power n’est pas mis à exécution, un projet alternatif doit être mis à exécution. D’abord, il y a une urgence avec une étude sur la demande par la Banque mondiale et la BAD. Il y a encore nécessité pour le gouvernement de lancer dans les meilleurs délais un appel d’offres pour une centrale d’au moins de 50 MW. If CT Power is out, we are in deep trouble. Il faut cet appel d’offres international pour une centrale. CT Power peut participer à cet exercice, qui pourrait concerner le charbon avec une state of the art technology, la bagasse, l’huile lourde et même le fatak. En même temps, Maurice pourra aspirer à bénéficier de cette enveloppe financière de Rs 400 millions gelée par l’Union européenne faute d’avoir pas respecté la condition pour un appel d’offres international dans le cas de CT Power ?
Beebeejaun : Je suis d’accord avec la proposition pour une étude. Je suis heureux de constater la prise de position du leader de l’opposition par rapport au charbon. Cela met un terme à ce débat ; c’est important. Le projet de CEL de Beau-Champ comprend un volet avec quelque 10 000 tonnes de fatak pour produire de l’énergie électrique.
Bérenger : Dans le rapport de la BAD, il y a des annexes, qui sont confidentielles. Moi, j’ai une copie de cette partie du document. Comment réagit le DPM aux commentaires sur les objectifs dans la Long term Energy Strategy 2009-2025 par rapport aux sources d’énergie renouvelables, considérées comme étant négligeables, soit de 2 %. Le gouvernement ne croit-il pas qu’il faut mettre les bouchées doubles pour relancer les objectifs ?
Beebeejaun : Dans cette équation, le plus important est le coût des projets. Si nous avions lancé ces projets il y a quatre ou cinq ans, le coût du kilowattheure aurait été de Rs 12 à Rs 15. Aujourd’hui, l’unité est à Rs 6. Qui sont les promoteurs de ces projets ? Où les mettre à exécution ? Les terrains ? Toujours les Big Boys. Il faut donner du crédit à Sarako, qui a mis à exécution son projet. Others are still playing around. It is also a question of environment. Où mettre à exécution les projets ? Où sont les terrains, voyez le cas de Plaine-des-Roches. Nous voulons une unité entre Rs 5 et Rs 5.50. À Rs 7 le kWh, non. Quand des promoteurs présentent des projets dont le coût est sous les Rs 5 l’unité, je leur demande d’aller voir le CEB. Prenez l’exemple de l’Allemagne, où l’on se rend compte du gaspillage dans les investissements effectués dans le temps. The reply of yesterday is not the reply of today nor the reply of tomorrow. Tout se résume à une question de coût.
L’ultime supplémentaire du leader de l’opposition est axée sur l’absence d’un régulateur dans le secteur de l’énergie alors que la loi a été votée avant les élections de 2005. Le Premier ministre adjoint répondra que d’autres textes de loi seront nécessaires pour le Regulator pour les trois services.