L’Integrated Electricity Plan (IEP) pour 2013-2022 rendu public par le Central Electricity Board (CEB) cette semaine regorge d’exagérations et souligne le manque de professionnalisme de cette institution, selon les membres du Kolektif pou Lenerzi Renuvlab (KLR). Revenant sur les détails de ce document hier lors d’une conférence de presse dans la capitale, ils ont affirmé que les actions qui y figurent ne peuvent être adoptées tant que la National Energy Commission n’aura pas donné son aval. Devant l’absence d’étude comparative entre l’utilisation des énergies fossiles et des énergies renouvelables, le KLR réclame que l’IEP ne soit pas mis en oeuvre.
Examinant le plan énergétique présenté par le CEB cette semaine, le KLR y relève les arguments en faveur de la construction de centrales à combustible fossile écartant ainsi l’utilisation de ressources naturelles dans la production énergétique.
Dans un document distribué à l’issue de cette conférence de presse au Centre Social Marie Reine de la Paix, le KLR explique la position de la NEC sur ce dossier : « Dev Manraj (President of NEC) has said that it was out of question for CEB to decide on the country’s energy policy. It is the government’s prerogative. Dev Manraj has stated that the IEP cannot be implemented before the NEC has reviewed it and made its recommendations to the government. The NEC will see to it that it will finalise its work over a realistic timeframe. In the meantime, the CEB and the ministry of Energy and Public Utilities will have to wait. They will execute the decisions that the government will take once the NEC will have submitted its recommendations. » Pour le Kolektif pou Lenerzi Renuvlab, tant que la NEC n’aura pas communiqué ses recommandations, « there must not be any new project regarding electricity plants ».
Karim Jaufeerally, membre de l’Institute for Environmental and Legal Studies, souligne pour sa part « l’extravagance » du CEB quant aux chiffres avancés dans l’estimation de la demande énergétique. Dans le tableau 4.5 du document, le scénario attribué à une demande conséquente potentielle frise l’exagération. Mettant en exergue une hausse dans ce secteur, le CEB avait préconisé l’utilisation d’au moins 444 MW pour l’année 2012. « Jamais le pays n’a eu une telle demande même dans le pire des cas », dit-il. Poursuivant sa critique sur l’IEP 2013-2022, notre intervenant indique qu’aucune précision n’est émise quant au coût du charbon, dont le prix ne cesse de grimper. À Fabiani Balisson, porte-parole de la Plateforme Citoyenne d’avancer : « Aucune analyse comparative entre l’utilisation des ressources fossiles/charbon et des énergies renouvelables ». « Cela prouve l’incompétence d’une analyse adéquate du CEB », a-t-il soutenu. Yannick Cornet, ingénieur de profession est, pour sa part, revenu sur la signature du Power Purchase Agreement, un accord qui ne précise pas l’achat de l’électricité à CT Power, selon lui.
Dans le cadre de sa campagne de sensibilisation, le KLR invite les Mauriciens à une marche de protestation ce samedi à Rose-Hill (Place Margéot) à partir de 15 h. La foule se dirigera vers le Plaza où un concert est prévu. À partir de 18 h, le podium sera ouvert aux artistes qui souhaitent s’exprimer sur ce sujet. À ce jour, 25 000 signatures ont été recueillies pour dire non à l’utilisation du charbon dans le pays.