Une unité de transformation du poisson a vu le jour à la Maison de pêcheurs de Cap-Malheureux. Thons, dorades, vielles rouges, langoustes, congelés ou frais y sont disponibles depuis la semaine dernière. Grâce à cela, le prix des produits de la mer est rendu moins cher : le poisson par exemple se vend entre Rs 5 et Rs 10 moins cher le demi-kilo que dans d’autres points de vente de l’île.
Des produits de la mer pour toutes les bourses et à des prix compétitifs. C’est ce que propose l’unité de transformation aménagée à la Maison des pêcheurs dans le Nord. Outre le fait de proposer des poissons unprocessed, cette unité conditionne également en barquette des poissons écaillés et/ou dépecés. Une manière de donner une plus-value aux produits marins, indique Patrick Fortuno, responsable de la Mauritius Fishermen Cooperative Federation Ltd. Ce projet cadre avec la mise en place du concept de valeur ajoutée dans les produits de la pêche et celui de faire des pêcheurs des entrepreneurs.
La Maison des pêcheurs de Cap-Malheureux ne fait plus désormais que dans la réception de produits marins. Elle intervient aussi dans le stockage sous glace, la transformation et la vente. Cette unité, gérée par la Trou d’Eau Douce Fishermen Cooperative Society Ltd, peut stocker jusqu’à 20 tonnes de poissons/produits marins grâce à ses chambres froides, congélateurs et machines à glace selon les normes d’hygiène. Il est prévu qu’entre trois et quatre tonnes de poissons seront transformées tous les mois dans l’unité de Cap-Malheureux. Du marlin fumé sera aussi disponible à partir de fin octobre, souligne Patrick Fortuno. Un fumoir y a déjà été aménagé.
Entre 225 et 250 pêcheurs de huit sociétés coopératives de la côte est et nord-est de l’île pourront désormais vendre leurs prises à la Maison des pêcheurs. Avec le concours du ministère des Coopératives, plusieurs pêcheurs ont été formés à la préservation et la transformation des produits de la mer. Des formations ont été dispensées par le National Institute for Cooperative Entrepreneurship (NICE) lors de séminaires réunissant les coopératives de pêcheurs du nord et de l’ouest de l’île. Les cours étaient axés sur l’entrepreneuriat, l’hygiène, la valeur ajoutée, le contrôle qualité entre autres.
Présent à la cérémonie de lancement jeudi dernier, le ministre des Affaires, de l’Entreprise et des Coopératives devait inciter les pêcheurs à se regrouper en coopératives. Jim Seetaram leur a présenté les facilités dont ils bénéficieront auprès du ministère, entre autres, un audit gratuit, la formation, des infrastructures et des équipements pour le stockage de poissons, une allocation par mauvais temps, des bourses aux enfants de pêcheurs, une allocation de fin de saison, une subvention de 25% sur l’achat de bateaux de pêche semi-industriels.
À noter que Cap-Malheureux est la première région de l’île où le concept de valeur ajoutée pour les produits de mer est mis en place. Le ministère des Coopératives se lancera par la suite dans un projet de modernisation de la Maison des pêcheurs de Tamarin. La Maison des pêcheurs de Mahébourg fera l’objet d’une même démarche l’année prochaine, indique-t-on.