Annoncés pour janvier de cette année, les cours de chants à l’intention d’enfants de quatre organisations non gouvernementales démarreront finalement le 8 août. Linzy Bacbotte-Raya, initiatrice de ce projet, explique qu’elle a dû chercher un nouveau local et attendre le permis nécessaire pour cela. Mais la bonne nouvelle pour compenser ce retard, c’est qu’en plus des cours de chant, les enfants auront aussi droit à des cours de danse, de ravanne et de guitare. D’autre part, l’école continuera à dispenser des cours au public.
Sing Again, l’école de chant de Linzy Bacbotte-Raya, prend ses quartiers au Gateway Building à Quatre-Bornes. À partir du samedi 8 août, 20 enfants de quatre ONG, en l’occurrence Safire, Kifer Pa Mwa, SOS Village et Mouvement Pour le Progrès de Roche-Bois (MPRB), y suivront des cours. Ce projet a été concrétisé grâce aux fonds recueillis lors du concert Koze Fam, avec la participation de Laura Beg, Nancy Dérougère, Caroline Jodun et Linzy Bacbotte-Raya elle-même. Initialement prévus pour janvier 2015, les cours ont pris du retard en raison de quelques imprévus. « Nous avons perdu notre emplacement à Ébène. Le propriétaire avait d’autres projets. Nous avions eu par la suite une maison à Sodnac, mais nous avons attendu le permis pendant si longtemps qu’il nous a fallu par la suite rendre la maison ». De son côté, Bruno Raya précise que l’école voulait faire les choses dans les règles et qu’il n’était pas question d’opérer sans permis. Ce n’est que la semaine dernière que l’emplacement au Gateway Building à St-Jean, Quatre-Bornes, a été trouvé.
Ce délai a toutefois permis à l’équipe de se renforcer. Outre les classes de chant avec Linzy, Sing Again proposera également des cours de danse avec Kerty Geneviève et les frères Joseph, des cours de ravanne avec Kurwin Castel, ainsi que des cours de guitare avec Gino Coushna. Les 20 enfants concernés auront ainsi droit aux quatre classes pour bénéficier d’une formation artistique complète. Linzy Bacbotte-Raya ne cache pas sa satisfaction devant la concrétisation du projet. Elle remercie Nancy Dérougère, Laura Beg et Caroline Jodun pour avoir contribué à lever des fonds à travers le concert, et également les ONG et les parents pour la confiance placée en elle et son équipe.
Les quatre ONG concernées par ce projet ont toutes, d’une manière ou d’une autre, collaboré avec Linzy et Bruno Raya en différentes occasions. Conscients qu’il a fallu faire un choix, ils souhaitent pouvoir accueillir plus d’enfants à l’avenir. Les entreprises qui souhaitent sponsoriser un enfant de leur quartier pour ces cours peuvent également le faire. Bruno Raya invite les enfants embarqués dans ce projet à en profiter pleinement. « Beaucoup d’enfants auraient voulu être à votre place. Profitez de cette chance et appliquez-vous. C’est dans l’effort qu’on connaît la récompense, rien ne vient sur un plateau. Mon rêve est de payer mon billet pour venir voir votre concert un jour », a-t-il lancé aux enfants.
Kerty Geneviève, danseur et formateur avec la troupe Omada, dispensera des cours de danse. Il se dit heureux de partager sa passion avec les jeunes et les invite à persévérer dans leur apprentissage. Il rappelle que « l’art est un moyen de combattre les fléaux » et qu’il faut encourager les jeunes dans cette voie. Samuel Joseph, qui animera aussi les cours de danse en compagnie de son frère Mathieu, se dit également heureux de faire partie du projet. Il proposera de la danse contemporaine, mais aussi du hip-hop et des pas traditionnels. Pour Edley Maurer, de Safire, qui encadre les enfants en situation de rue, l’art est un moyen très efficace d’intégration. Il cite l’exemple d’un jeune de l’ONG qui n’a jamais été à l’école, mais qui, l’année dernière, a pu composer et enregistrer sa propre chanson. Il estime que des projets comme celui proposé par Sing Again permettront de « fermer la porte des prisons aux mineurs ».
Véronique Mars, de Kifer Pa Mwa, et Edwige Sivance, du MPRB, confient l’impatience des enfants de ces ONG respectives à commencer les cours de chant. Véronique Mars avait gardé la surprise jusqu’au bout. « Ce n’est qu’au dernier moment que j’ai dit que les cours étaient avec Linzy. Et là, il y a eu une grande excitation ». Pour Jeff Manal, de SOS Village, cette formation artistique apportera un plus dans l’accompagnement de jeunes qui passent par des moments difficiles, ceux encadrés par SOS Village étant « sans parents » et souvent à risques.