La Police Welfare Association, qui brasse un chiffre d’affaires de l’ordre d’un milliard selon les dires de ses dirigeants, est secouée depuis hier. Son secrétaire, le sergent Rajbahadoor Ranjeet Bheemah (44 ans), a été appréhendé et inculpé provisoirement devant le tribunal de troisième instance de Port-Louis sous une accusation de faux et d’usage de faux. Cet officier de police devrait en principe être interdit aujourd’hui de ses fonctions par le commissaire de police Dhun Iswur Rampersad. 
Les dirigeants de la Police Welfare Association (PWA) continuent à faire de la résistance à l’initiative du commissaire de police de demander à l’Office of Public Sector Governance du Prime Minister’s Office d’ouvrir une enquête approfondie sur la gestion des finances de l’association consacrée au bien-être des membres de la force policière.
L’arrestation du secrétaire de la PWA a été faite suite à une enquête ouverte par des limiers du Central CID après une déposition le 13 septembre 2010 par le sergent Bhoojawon. Ce dernier, qui mène une véritable croisade au sein de la force policière pour assainir les finances de la PWA, avait contesté la version des faits avérés par le secrétaire selon laquelle tous les items inscrits à l’ordre du jour de la précédente assemblée générale spéciale, tenue le 6 août 2010, avaient été débattus et approuvés d’après les procédures établies.
Dans sa déposition au Central CID, le sergent Bhoojawon avait soutenu qu’à aucun moment les questions relevant des finances de la PWA avaient été débattues lors de cette réunion des policiers comme il a été allégué dans une correspondance officielle adressée au Registrar of Associations avec des noms de policiers qui auraient initié et approuvé les motions à l’agenda de cette assemblée spéciale.
Dressant la chronologie du déroulement de cette réunion houleuse, le sergent Bhoojawon avait soutenu que dès le début des délibérations, des problèmes avaient surgi quand les dirigeants de la PWA avaient refusé d’accéder à des demandes de renseignements venant de l’assistance; la réunion avait d’ailleurs été marquée par un walk-out de la majorité. L’ordre du jour n’avait de ce fait pas été abordé.
Néanmoins, dans le procès-verbal de l’assemblée générale spéciale transmise au Registrar of Associations, le secrétaire de la PWA avait soutenu que tout s’était déroulé dans l’ordre et que toutes les motions avaient été dûment approuvées. Il avait même cité les noms de six officiers de police affectés à la Major Crimes Investigation Team (MCIT) et deux de la Special Supporting Unit (SSU) comme étant ceux qui ont proposé et secondé les motions.
Les limiers du Central CID ont contre-interrogé ces huit officiers de police pour consigner leurs versions des faits quant à l’assemblée générale. Ils ont rejeté les allégations qu’ils avaient été impliqués dans le vote de ces motions et avaient soutenu ne pas savoir comment le secrétaire de la PWA aurait pu mentionner leurs noms dans le faux procès-verbal. D’autres policiers présents ont aussi contesté la teneur de ce document de la PWA au Registrar of Associations.
Le secrétaire de la PWA a été remis en liberté provisoire contre une caution de Rs 10 000 et une reconnaissance de dettes de Rs 50 000. Compte des instructions du commissaire de police selon lesquelles des policiers interdits de fonctions pour des délits criminels ne peuvent continuer à agir en tant qu’Office Bearers de la PWA, cette instance devra rechercher dans les meilleurs délais un nouveau secrétaire.
Le bras de fer engagé par la direction de la PWA avec le commissaire de police sur la gestion des fonds se poursuit malgré un ultimatum arrivant à échéance le 5 août. La PWA refuse de se soumettre aux directives de Dhun Iswur Rampersad pour que toutes les transactions – principalement des prêts accordés – opérées par cette instance, fassent l’objet d’une enquête de l’Office of Public Sector Governance du Prime Minister’s Office.
Cette décision remonte à au moins une année mais jusqu’ici, ce département spécialisé du PMO n’a pas été en mesure de commencer le travail car la PWA a refusé de remettre les documents relatifs. Dans une dernière correspondance officielle, le commissaire de police avait donné à la PWA jusqu’au 5 août pour obtempérer à des directives.
Or les informations glanées par Le Mauricien confirment que la PWA a élaboré un autre subterfuge pour se soustraire du contrôle de l’Office of Public Sector Governance. Dans une lettre en date du 4 août, la PWA a écrit officiellement au commissaire de police l’informant que la dernière assemblée du 3 août de cette année avait entériné la décision de procéder à la nomination d’un bureau d’audit du privé pour un exercice similaire sur les 15 dernières années et qu’il n’y avait nul besoin d’avoir recours aux services de l’Office of Public Sector Governance.
Dhun Iswur Rampersad a soumis cette lettre au Central CID pour les besoins d’une nouvelle enquête car il est en présence d’informations qu’une telle motion avait été contestée par les membres de la PWA. Le signataire de cette lettre au nom de PWA devra être entendu très bientôt afin de soutenir ces allégations.
Affaire à suivre donc, d’autant que des allégations d’embezzlement of funds de la PWA, avec preuves de chèques à l’appui, circulent aux Casernes centrales.
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