• Le Commissaire électoral : « Se balader avec un bulletin de vote hors de l’enceinte du bureau de vote est un délit grave »
  • Une enquête du CCID sur un bulletin de vote valide remis à la commission électorale par l’élu Shakeel Mohamed

Le Commissaire électoral, Irfan Rahman, a déclaré avoir reçu hier matin la visite du député Shakeel Mohamed. Ce dernier était venu avec une copie d’un bulletin de vote déjà utilisé. « Je tiens à le remercier pour cet acte. Je suis en train de prendre l’affaire très au sérieux. J’ai référé cette affaire au Central CID afin d’ouvrir une enquête. Cette affaire est sérieuse et grave. C’est pourquoi j’ai sollicité une enquête immédiate. J’espère qu’on éclaircira les zones d’ombre autour de cette affaire le plus vite possible », a-t-il déclaré au cours d’une conférence au siège de la Commission électorale. Il devait aussi souligner que la Commission électorale prend cette affaire « très au sérieux, car il s’agit là d’un délit criminel d’après l’article 71 de la loi électorale ». Cette section de la loi stipule que toute personne quittant l’enceinte d’un bureau de vote avec un bulletin de vote commet un délit criminel.

Autre question : une élection peut-elle être contestée si la présence d’un bulletin de vote en dehors de l’enceinte d’un bureau de vote a été révélée ? Sur le sujet, le commissaire électoral ne veut se prononcer en son nom, qualifiant cependant de « très grave » ce genre de situation. « C’est pourquoi l’Electoral Supervisory Commission et moi-même avons décidé de prendre des actions immédiates en référant cette affaire au CCID. Un bulletin n’a pas le droit de sortir du bureau de vote. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre des actions décisives. Il faut maintenant attendre les conclusions de l’enquête avant de rendre les nôtres. Nous avons en tout cas demandé à la police de faire diligence pour savoir d’où vient ce bulletin de vote. » Se référant à sa rencontre hier entre le travailleur social Salim Muthy, Lindsay Rivière et Jean Claude de l’Estrac, le Commissaire électoral devait souligner que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne d’explication. Le but est de venir expliquer pourquoi certains électeurs n’ont pu voter lors des dernières élections générales.

Au lendemain de la proclamation des résultats, la Commission électorale avait déjà démarré une enquête pour savoir pourquoi certains n’avaient électeurs n’avaient pu accomplir leur devoir civique. « Le travail avait donc déjà commencé, mais malheureusement, hier, il y a eu une panne d’électricité toute la journée. Le travail se poursuit et nous espérons venir de l’avant avec un résultat final. Les gens nous demandent de travailler sur un échantillon de 600 électeurs qui ne sont pas éligibles. Mais de notre côté, nous avons décidé d’aller plus loin. D’après les conclusions préliminaires, pour 80% des gens n’ayant pu voter, des voisins ou des membres de leur famille ont fait savoir qu’ils avaient quitté la maison familiale lors de l’exercice d’inscription des électeurs. Nous allons approfondir notre enquête à ce sujet », a-t-il dit.

Il poursuit : « c’est très regrettable de constater que des gens éligibles n’ont pu voter. Malheureusement, la loi stipule qu’il faut que leurs noms doivent être sur le registre. » Expliquant que l’exercice d’enregistrement des nouveaux électeurs démarrera en janvier prochain, il ajoute : « nous allons faire en sorte que des forces vives donnent un coup de main lors de cet exercice afin de vulgariser notre campagne de sensibilisation. Nous allons être plus agressifs cette fois. »

Concernant le droit de vote des étrangers, le commissaire électoral affirme que ces derniers, avant de pouvoir le faire, doivent eux aussi se faire inscrire. « L’article 42 de la Constitution indique que tous les citoyens du Commonwealth résidant à Maurice deux ans avant le “canvass” sont éligibles pour s’inscrire comme électeur. Sur les réseaux sociaux, des gens disent que des milliers de Bangladais ont voté lors des dernières élections. Après vérification, seulement 45 ressortissants de ce pays se sont enregistrés sur le registre électoral 2019. Ont-ils pu voter ? Je ne sais pas. En tout cas, l’article 42 ne s’applique pas aux Français et aux Américains », dit-il. Et de préciser que l’octroi du droit de vote aux citoyens du Commonwealth ne date pas de cette année. « Cela a toujours été le cas ! »