Ainsi, donc, à ses nombreuses activités, le Bureau du Premier ministre vient d’en ajouter une nouvelle : l’organisation de voyages tout compris, pour accompagner le Pm lors de son dernier déplacement. Les fonctionnaires de ce bureau qui, de l’avis de ses utilisateurs, croulent sous le travail, ont dû s’occuper des billets d’avion, des réservations d’hôtels, des moyens de transport, de petits déjeuners et de dîners pour ceux qui ont souhaité accompagner le Pm chief guest à la 15e édition du Pravasi Bharatiya Divas.

Ils étaient 400 à faire partie de la délégation mauricienne mais on ne sait si tous sont passés par le PMO pour organiser leur déplacement. Ce qu’on sait, c’est que cinq ministres, cinq PPS et le député Raj Dayal – techniquement en déplacement médical – ainsi que les top gâte-sauces de la kwizinn étaient devant, devant.” Si les communiqués officiels ont mis l’accent sur la capacité du Pm à parler hindi et bhojpuri – en fait, quelques phrases dans un discours écrit en anglais –, ils ont omis de mentionner que la ministre indienne des Affaires étrangères a oublié de présenter Pravind Jugnauth, pourtant présenté comme chief guest de la manifestation. Oubli qui pour Navin Ramgoolam, qui s’y connaît en déplacements internationaux, aurait été une dévaluation de la fonction premierministérielle par Pravind Jugnauth!

Ce qu’il faut retenir de ce déplacement, c’est que quand le Pm est à l’étranger, le Conseil des ministres est au chômage technique. À quoi sert, donc, le vice-Pm dont la fonction consiste justement à remplacer le Pm lors de ses absences du pays? Est-ce que le PMO, qui organise toutes sortes de choses, n’aurait pas pu faire de sorte que le vice soit présent pendant l’absence du Premier afin que le Conseil des ministres puisse se tenir? Faut-il comprendre que, dorénavant, le Conseil des ministres ne se réunira que lorsque Pravind Jugnauth le présidera ?

De temps à autre, surtout en période de changement de gouvernement ou de direction, Air Mauritius licencie quelques-uns de ses hauts cadres – soupçonnés d’avoir été proches de l’ancienne équipe dirigeante sous divers prétextes. Les officiers concernés sont suspendus et traînés devant un comité disciplinaire dont beaucoup font appel des conclusions et poursuivent leur ex-employeur.

Si la première partie de cette opération – que les nouveaux dirigeants n’hésitent pas de qualifier de “nettoyage” – fait l’objet de communication de la compagnie, ce n’est pas le cas pour la suite. Il arrive souvent que les procès intentés par les ex-employés pour renvoi injustifié fassent l’objet d’un “settlement out of court” avec la direction de la compagnie. Quand cela arrive, les deux parties signent un arrangement pour ne pas révéler les conditions – et le montant de la somme – qu’ils ont acceptés. Comme ces arrangements sont fréquents, est-ce qu’il ne serait pas normal, pour les besoins de la transparence et surtout de l’information des actionnaires d’Air Mauritius, de savoir quel est le montant du budget de la compagnie alloué aux “set-tlements out of court”? Question supplémentaire: quel est le montant de la somme budgettée pour “settle” la plainte de Meg Pillay pour renvoi injustifié du poste de PDG, dans des circonstances dignes d’une république bananière?

Il n’y aura pas d’élections au Bar Council pour remplacer l’équipe dirigeante, qui se retire après son mandat d’une année. Une année au cours de laquelle l’association des hommes – et des femmes – de loi aura connu pas mal de soubresauts. Après la publication du rapport de la commission sur la drogue, des attaques externes et internes et même l’adoption d’un projet de loi destiné à mieux diviser une profession, ce qui n’est déjà pas mal. Il n’y aura d’élection au Bar Council puisqu’il n’y a pas eu suffisamment de candidatures pour provoquer un vote. Le Bar Council sera donc dirigé par les six membres qui ont fait acte de candidature. Il existe plus d’un millier d’avocats et d’avoués à Maurice et 600 d’entre sont membres du Bar Council. Est-ce que le boycott massif des élections doit être interprété comme un vote de non confiance dans le Bar Council, sa capacité à régler les problèmes de la profession et à la défendre ?