Intervenant mercredi à une conférence de presse du Congress of Independent Trade Unions à Port-Louis, le vice-président de cette centrale syndicale et président de la All Civil Service Employees Federation a réclamé la publication du rapport du comité Manraj, institué en janvier pour corriger les anomalies du Rapport du Pay Research Bureau rendu public en octobre 2012. « Le Premier ministre ne doit pas garder en otage les 85 000 fonctionnaires ! » a ajouté Vinod Seegum.
« Il est temps que le Premier ministre, Navin Ramgoolam, joue la transparence et privilégie la communication. Il ne peut garder à lui tout seul le Rapport Manraj. Il doit rassurer les fonctionnaires et leurs familles qui ont été traumatisés d’une part par le traitement cavalier que leur a offert M. Aujayeb du Pay Research Bureau (PRB), et d’autre part, par la frustration inhérente à leur profession couplée à la hausse constante du coût de la vie. Le chef du gouvernement ne doit pas garder en otage les 85 000 fonctionnaires ! Il doit impérativement publier ou annoncer la date de la publication du rapport Manraj pour rassurer les fonctionnaires et dissiper les doutes, voire les rumeurs les plus folles qui courent autour de ce rapport ! », a plaidé Vinod Seegum, vice-président du Congress of Independent Trade Unions (CiTU) et président de la All Civil Service Employees Federation (ACSEF). Il intervenait en présence, entre autres, du président du CITU, Suraj Ray.
Vinod Seegum a rappelé que c’est suite à une vague de protestation des fonctionnaires, dont 3 000 enseignants du primaire le 27 octobre 2012 dans les rues de Port-Louis, que le Premier ministre a pris « la louable décision » de confier la tâche de corriger les anomalies du Rapport Aujayeb. « Les enseignants du primaire attendent beaucoup du rapport Manraj, dont principalement l’alignement des salaires et autres conditions de travail sur ceux du secondaire. Ces enseignants et les fonctionnaires en général ne peuvent continuer à travailler dans le traumatisme et le stress. Nous souhaitons que le Premier ministre ne laisse pas durer cette situation somme toute malsaine et qu’il rendra public le Rapport Manraj », a-t-il lancé.
Le président du CiTU a pour sa part révélé les cinq priorités de sa centrale syndicale pour 2013. Notamment, la consolidation du syndicat, la formation des travailleurs, une meilleure collaboration avec les institutions gouvernementales et syndicales, la promotion de la négociation collective avec la Mauritius Employers’ Federation et le gouvernement ainsi que le renforcement de l’écoute des travailleurs.
Suraj Ray a également lancé cinq appels : d’abord au National Trade Union Congress (NTUC) et à Toolsyraj Benydin pour que cesse la guerre sur la représentativité syndicale et que le travail en faveur des travailleurs reprenne; puis aux travailleurs pour davantage d’unité et de solidarité; troisièmement à Radhakrisna Sadien, le président du National Economic and Social Council (NESC) pour une remise en ordre de cette institution; quatrièmement à Nombana Razafinizoa, Programme Officer du Bureau International du Travail (BIT), pour la mise en oeuvre du Decent Work Country Programme de Maurice et enfin au ministre du Travail Shakeel Mohamed.
Commentant la représentativité syndicale à Maurice, Suraj Ray a annoncé que le CiTU a reçu une lettre le 16 avril dernier du ministère du Travail, l’invitant à nommer un représentant pour assister à la 102e Conférence du BIT qui se tiendra en juin prochain à Genève. « Étant donné que les chiffres du Registrar of Associations ont déterminé que le CiTU est la centrale syndicale la plus représentative, il est temps que le CiTU trouve sa place au sein des organismes, comme le NESC et les corps para-étatiques pour représenter les travailleurs », a-t-il plaidé.
Au ministre Shakeel Mohamed, le président du CiTU réclame trois choses : de convoquer « de façon urgente » le National Tripartite Forum pour débattre et déterminer une politique de Salaire Minimum National, puis de régulariser les contrats à durée déterminée (CDD) au Mauritius Telecom et dans d’autres secteurs, et enfin de lancer une campagne de formation sur les lois du travail. « Nou sommes là pour faire un travail syndical et non un travail politique », a-t-il commenté.
Suraj Ray a annoncé que, dans le cadre de la Fête du travail, le CiTU va organiser à 8 heures le 1er mai un dépôt de gerbes sur les tombes des tribuns au cimetière de St-Jean, Quatre-Bornes, et ensuite une journée de réflexion sur l’engagement syndical au Teachers’ Centre de Quatre-Bornes.