Philippe Hao Thyn Voon n’a guère tardé à réagir, suite à la promulgation du Sports Bill, hier aux petites heures du matin, et aux propos tenus à son encontre par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Devanand Ritoo, lors de son summing-up au Parlement. Dans une déclaration au Mauricien, ce matin, le président du Comité Olympique Mauricien (COM) maintient haut et fort que le ministre n’a jamais obtenu l’aval du Comité International Olympique (CIO) pour aller de l’avant avec la présentation de ce projet de loi. Il s’attend désormais à une réaction des fédérations qui, selon lui, «deviendront des poupées dans les mains du ministre».
Pour rappel, lors de son summing-up, Devanand Ritoo avait déclaré que Philippe Hao Thyn Voon avait reçu une gifle magistrale du CIO, quand cette instance avait fait savoir qu’elle n’est pas habilitée à donner son aval. Le président du COM a vite rétorqué. «C’est Ritoo qui a reçu une gifle magistrale du CIO, et non moi. Jusqu’ici, il n’a pu produire cette fameuse lettre dans laquelle le CIO a donné son aval. Il a induit le Parlement en erreur, mais il n’est pas au courant que je suis également en possession de cette lettre».
Philippe Hao Thyn Voon n’arrive également pas à digérer le fait que le ministre ait pu tirer à boulets rouges sur les dirigeants actuels et anciens présidents de certaines fédérations. Notamment, Richard Papie (lutte), Nundkishore Fakun (haltérophilie), Doreen Tiborcz (natation), les dirigeants de la Mauritius Football Association et ceux des fédérations de culturisme. «Je déplore le fait que Ritoo se cache derrière l’immunité parlementaire afin de tirer son venin sur ces dirigeants qui ne sont que des bénévoles. C’est malsain de venir dénigrer ainsi les gens».
Devant cet état de faits, le président du COM est d’avis que les dirigeants des fédérations ne devront pas rester les bras croisés. «Avec la section du nouveau Sports Act qui prévoit que les clubs devront s’enregistrer auprès du MJS, je prévois un pouvoir absolu de cette instance envers les fédérations et les clubs, et beaucoup de parti-pris, surtout si un dirigeant de club n’est pas en bon termes avec le ministre. Qui plus est, les fédérations deviendront des poupées dans les mains du ministre». Et d’ajouter : «Si Devanand Ritoo est un homme d’honneur et fait parler son passé de sportif, il n’avait pas le droit de passer une telle loi qui étranglera les fédérations».
Tout en se demandant si le ministre agira dans la transparence, Philippe Hao Thyn Voon demeure d’avis que les fédérations, dont quatorze ont déjà démontré leur désaccord, ne devront pas accepter que le MJS ne leur mette la main à la gorge. S’il ne divulgue pas pour l’instant de sa marche à suivre, le président du COM, qui se définit comme la voix des sans-voix, compte réunir son bureau exécutif dans les jours à venir.