La ministre de la Science et la Technologie d’Afrique du Sud Naledi Pandor était à Maurice lundi dans le cadre d’une visite officielle des pays partenaires au projet Square Kilometre Array (SKA) Radio Telescope pour avoir le soutien des ministres responsables de la recherche. Le ministre de l’Éducation tertiaire et de la Recherche lui a fait part du souhait de Maurice de s’associer à ce projet d’envergure, compte tenu de sa localisation géographique. Un Centre for High Performance Computing à Maurice avec la collaboration du ministère des Sciences et Technologies et du Centre for High Performance Computing d’Afrique du Sud pourrait ainsi voir le jour.
L’Afrique du Sud, avec huit pays africains comme partenaires, et l’Australie ont été choisis comme sites possibles pour construire le SKA Radio Telescope. L’Afrique du Sud a proposé le Karoo dans le Northern Cape comme site principal. Le coût du projet est d’environ 1,5 milliard euros. Le SKA sera construit et financé par un consortium international actuellement composé de seize pays. Les chefs d’État de l’Union africaine ont donné leur plein soutien à la candidature africaine. La décision sur le site qui accueillera le SKA sera prise en 2012.
Une composante majeure du télescope SKA sera une vaste gamme d’environ 3 000 antennes. La moitié d’entre elles seront concentrées dans une région centrale de 5 km de diamètre, et le reste sera distribué à partir de 3 000 km de cette concentration centrale. L’Afrique du Sud est en partenariat avec la Namibie, le Botswana, le Ghana, le Kenya, Madagascar, Maurice, le Mozambique et la Zambie pour accueillir ces stations.
Le SKA sera l’une des plus grandes installations de recherche scientifique dans le monde et permettra de consolider l’Afrique australe comme une importante plaque tournante pour l’astronomie mondiale. Maurice, dit-on, est située à un emplacement géographique stratégique. Dans le cas où la candidature africaine pour le SKA est un succès, le réseau formera la plus longue ligne de base de l’Afrique australe (3 000 km).
C’est dans ce contexte que la ministre Naledi Pandor a rencontré le ministre Rajesh Jeetah. Le but de cette réunion était de s’assurer du soutien de Maurice pour le processus de soumission de candidature pour le SKA et de discuter d’autres domaines potentiels de coopération en science et technologie entre les deux pays. Une session de travail spéciale avec les principaux acteurs institutionnels a également été tenue à l’Université de Maurice, lors de laquelle les deux ministres ont convenu que le projet SKA pourrait contribuer énormément à élever l’Afrique australe en termes de développement scientifique et technologique. « Cette décennie verrait un nouveau visage de l’Afrique », a déclaré Rajesh Jeetah. Ce dernier a donné l’assurance que toutes les questions seraient prises en considération pour faciliter et soutenir le projet SKA. Mme Pandor, pour sa part, soutient que « l’astronomie pourrait contribuer largement à faire avancer la science et la technologie en Afrique, et stimuler le développement du capital humain dans d’autres domaines de la science et la technologie ».
Pour les deux ministres, si le SKA est situé en Afrique, cela permettra également aux scientifiques africains et de la diaspora de mener un travail de recherche et des publications dans des revues évaluées par les pairs au niveau international. Le projet devrait en outre attirer les meilleurs scientifiques de la région, créant ainsi un cadre dynamique de collaboration pour la recherche et le développement.
Naledi Pandor a indiqué que l’Afrique du Sud a établi des chaires de recherche au sein de ses universités et conseils de recherche ; 62 chaires supplémentaires seront créées et elle a encouragé les chercheurs à soumettre leurs demandes. Rajesh Jeetah, lui, a évoqué la nécessité d’un plus grand partenariat entre les universitaires dans le domaine de la recherche et l’innovation.