Le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le leader de l’opposition, Paul Bérenger ont tenu le même langage au sujet de la réforme électorale hier en annonçant qu’un accord est sur le point d’être conclu. « On a commencé des discussions sur la réforme électorale que je propose. On est arrivé très près d’un accord parce qu’il y a des gens qui veulent faire un effort », a affirmé Navin Ramgoolam qui s’adressait à l’assistance l’IGCIC, à Phoenix, à l’occasion de la célébration de l’année tamoule. « Cette réforme est presque réalisée dans l’intérêt du pays tout entier », a affirmé, pour sa part, Paul Bérenger.
La cérémonie d’hier après-midi s’est déroulée dans une véritable ambiance de camaraderie entre les deux leaders dont les interventions ont été marquées par aucune hostilité et qui se sont salués chaleureusement à l’issue de la partie protocolaire de la cérémonie avant de quitter la salle.
Navin Ramgoolam a axé son intervention sur l’unité dans la diversité, le respect prévalant entre les grandes religions qui sont des héritages culturels à préserver à tout prix, sur le vivre ensemble et sur l’exemple de Maurice en termes d’unité dans la diversité. Il a enchaîné ensuite sur la réforme électorale sur laquelle il a présenté un Consultation paper pour préciser que « ce n’est pas l’affaire portée en Cour qui m’a mené à proposer une réforme électorale ». « On a eu une constitution en 1968 qui a accompli le travail qu’il fallait. Elle nous a donné la stabilité qui est essentielle. Après 45 ans, pourquoi ne peut pas dire qu’on est Mauricien ? » s’est demandé Navin Ramgoolam en insistant sur le fait que sans une identité commune, il ne peut y avoir d’unité. « La communauté qui croit qu’elle sera protégée par ce système sera défavorisée plus tard. Il faut consolider l’unité nationale et sa cohésion. Chaque personne doit se sentir partie prenante. C’est la raison pour laquelle je suis heureux d’entendre Paul Bérenger dire qu’il lutte depuis 30 ans en faveur de la réforme électorale. Je n’ai pas besoin de dire pourquoi le gouvernement de 2000/2005 n’avait pas réussi. J’ai une conviction. Il nous faut nous rassembler autour de l’identité mauricienne. Sans identité nationale pas d’unité nationale. Nous avons un destin commun. Un pays un peuple et un destin », a dit le PM.
Pour sa part, Paul Bérenger a déclaré que « l’opposition est d’accord. Cela fait plus de 30 ans que le MMM réclame une bonne réforme. Nous sommes très satisfaits qu’après 30 ans de combat nous sommes en présence d’un white paper qui est près pour faire l’unanimité. Jamais Maurice n’a eu une aussi bonne occasion de réussir une bonne réforme électorale dans l’intérêt du pays tout entier, dans l’intérêt de l’unité nationale, de la démocratie, de l’avancement des femmes en politique et dans l’intérêt de la communauté tamoule. Le système FPTP a joué contre la communauté tamoule dans bien des circonscriptions. Elle a été exclue en tant que communauté. Cette réforme est presque réalisée dans l’intérêt du pays tout entier. Il est important que toutes les composantes de la nation arc-en-ciel aient leur place ».