Un forum d’investissement réunissant le Mozambique et Maurice ainsi que la signature d’un Memorandum of Understanding entre les Chambres de Commerce des deux pays ont marqué jeudi la visite du président de la Chambre de commerce mozambicaine Felizberto Manuel, et celui de la Confédération des employeurs de ce pays Rogerio Manuel. La démarche étant d’attirer des investisseurs locaux au Mozambique, pays qui, selon Raj Virahsawmy, conseiller commercial à la haute commission mauricienne au Mozambique, n’est plus celui qu’on a connu il y a dix ans.
« Si vous vous trouvez dans la brousse où vivent des lions, le risque pour vous n’est pas ces animaux mais le manque d’informations à leur sujet. Par exemple quand est-ce qu’ils ont faim ? Vous avez donc besoin d’avoir des connaissances. Nous sommes à Maurice justement pour vous informer des développements majeurs qui ont lieu au Mozambique et qui pourront vous aider à trouver de nouveaux créneaux d’investissements au bénéfice des deux populations. » C’est ce qu’a déclaré Raj Virahsawmy aux investisseurs et entrepreneurs mauriciens réunis jeudi à Port-Louis. Selon lui, les Mauriciens ont une certaine appréhension sur le Mozambique qui date de dix ans, soit à l’époque où un consortium local y avait investi dans une sucrerie.
« Cette entreprise a échoué parce qu’elle avait été lancée au mauvais moment et au mauvais endroit. Nous devons en tirer des leçons », a déclaré le conseiller commercial à la haute commission mauricienne au Mozambique avant d’ajouter que les choses ont changé. Raj Virahsawmy a indiqué que le transport était difficile dans le passé. Désormais, a-t-il ajouté, il y a des chemins de fer, des banques, de l’électricité, et moins de bureaucratie. « Nous devons maintenant voir ce nouveau Mozambique qui émerge et qui est très différent du pays que nous avons connu dans le passé. »
Le président de la Chambre de Commerce du Mozambique a pour sa part demandé aux Mauriciens de ne pas considérer que les 22 millions d’habitants du Mozambique – ce qui constitue déjà un marché énorme – mais de tourner leur regard vers les 240 millions autres populations de cette région africaine. « C’est un très grand marché qui a besoin de nouveaux investisseurs », a soutenu Felizberto Manuel.
Les investisseurs mauriciens peuvent, selon les lois du Mozambique, y investir seuls mais, a estimé Felixberto Manuel, « il est bon d’avoir un partenaire local qui connaît la population et la culture du pays ». Il a invité les Mauriciens à faire de son pays une « second home ». « Les opportunités ne manquent pas au Mozambique. D’où le défi que je vous lance : prenez votre argent et venez y, vous comprendrez les raisons, par la suite… »
C’est le haut-commissaire de Maurice au Mozambique Jean-Harel Lamvohee qui a énuméré les diverses opportunités qui existent dans ce pays et qui font actuellement le bonheur des Chinois, des Indiens, des Brésiliens et autres. Des opportunités concernant l’agriculture, la pêche et l’aquaculture, le transport, la construction, le tourism, entre autres. Il a dit que de grandes superficies de terres fertiles sont disponibles au Mozambique. Il a fait état de 36 millions d’hectares, dont seulement 10 % sont actuellement utilisés. Maurice a signé en 2008 un accord pour 16 000 hectares de terre. « Le potentiel est énorme », a-t-il affirmé. Déjà quelques entreprises mauriciennes s’y intéressent, dont ABC Motors, Shanti Maurice, Banker Shoes et Forges Tardieu Ltée.
Un Memorandum of Understanding a aussi été signé jeudi après-midi entre les Chambres de Commerce du Mozambique et de Maurice au siège de la MCCI à Port-Louis. Le président Felizberto Manuel a estimé que cet accord engagera les deux parties à s’impliquer concrètement dans cette démarche au bénéfice de la communauté d’affaires de Maurice et du Mozambique.
Pour le haut-commissaire Jean-Harel Lamvohee, c’est le moment d’investir au Mozambique « si nous voulons avoir notre part du gâteau africain ». Le président de la Chambre de Commerce de Maurice, Cédric Spéville, estime, lui, que nos deux pays font face aux mêmes défis en matière de commerce international. « Nous devons trouver de nouveaux marchés, promouvoir nos produits, notre expertise et nos ressources. En tant que voisins, il est de notre devoir de mieux partager nos connaissances et de collaborer sur un certain nombre de matières au bénéfice de nos deux populations », a-t-il fait ressortir.