Le 30 novembre 2012 marquait le 200e anniversaire du décès de la missionnaire américaine Harriet Atwood Newell à Port-Louis, après un voyage en mer qui l’avait conduite de la colonie britannique de l’Inde à celle de l’Île Maurice. Son mari, le révérend Samuel Newell, l’avait accompagnée pour ce voyage fatal, au cours duquel la victime donna naissance en mer à une petite fille, qui mourut cinq jours plus tard. Une cérémonie commémorative lui rendant hommage a ainsi été organisée, en présence du Pr Vinesh Hookoomsing, ancien vice-chancelier de l’Université de Maurice, qui en avait pris l’initiative, et du directeur exécutif de la Société Biblique de Maurice (SBM), Marc Etive, avec comme invité spécial Troy Fitrell, Deputy Chief of Mission à l’ambassade des États-Unis.
À l’issue de cette cérémonie tenue au cimetière Saint-Georges à Les Salines, deux couronnes mortuaires ont été déposées sur la tombe de la « martyre de l’Empire Britannique ». En effet, tout le malheur qui a frappé le couple Newell est directement attribuable à l’intransigeance des autorités britanniques en Inde à leur égard, celles-ci leur ayant interdit de faire oeuvre missionnaire et leur ayant intimé l’ordre de quitter le territoire indien sur le champ. C’est ainsi que les missionnaires chrétiens de l’ancienne colonie, dont les Newell, durent quitter Bombay et embarquèrent pour l’île Maurice.
À son arrivée dans l’île, Harriet Newell tomba gravement malade et mourut le 30 novembre 1812, à l’âge de 19 ans. L’épitaphe sur la tombe de Harriet Atwood Newell est de l’American Board of Commissioners for Foreign Missions et porte l’inscription suivante :
Sacred to the memory of Mrs. H. Atwood,
Wife of the Revd. S. Newell,
Missionary at Bombay.
Born at Haverhill, Mass. U.S. America
Oct. 10, 1793 ;
Died after a distressing voyage
From India to this place,
Nov. 30, 1812.
Long devoted to Christ, her heart burned for the heathen.
For them she left her kindred and her native land,
And welcomed dangers and sufferings.
Of excellent understanding, rich in accomplishments
And virtuous. The delight of her friends.
A crown to her husband, and an ornament to the missionary cause.
Her short life was bright, her death full of glory.
Her name lives in all Christian lands, and is pleading
With irresistible eloquence for the heathen.
This humble monument to her memory
Is erected by the
American Board of Commissioners
For Foreign Mission
Cette inscription, qui s’était effacée avec le temps, a été relevée par un artisan, Jean René.
Dans son discours de circonstance, Marc Etive a rappelé que la destinée tragique de Harriet Atwood Newell a été évoquée par le Pr Hookoomsing aux assises de la conférence internationale organisée le 9 novembre dans le cadre du bicentenaire de la Société Biblique de Maurice. Le directeur exécutif de la SBM a mis en exergue le fait que cette tragédie est arrivée le mois et l’année même où la Société a été créée, sous le vocable « The Bible Society of the Islands of Mauritius, Bourbon and Dependencies ». Apportant une touche diplomatique à l’événement, le Deputy Chief of Mission Troy Fitrell a exprimé sa gratitude à la partie mauricienne pour avoir organisé cette cérémonie en mémoire d’une « countrywoman of my own » (pour reprendre les propos du consul américain Nicholas Pike, posté à Maurice au XIXe siècle, qui a consigné la tragédie vécue par Harriet Newell dans son livre sur Maurice, Subtropical Rambles In the Land of the Aphanarapteryx). Il s’est réjoui des longues relations diplomatiques et commerciales qui, depuis plus de deux siècles, unissent les États-Unis et l’Île Maurice.