Après l’exercice d’enregistrement de 2138 marchands ambulants, la municipalité de Port-Louis se veut intransigeant. Pour démêler les vrais des faux marchands, le tirage au sort prévu demain prendra en priorité les 800 marchands détenant une licence et les 153 « badge holders » de décembre dernier. Pour désapprouver cette démarche, la Street Vendors Association (SVA) a déposé une injonction afin que le relogement se fasse de manière humaine avec l’érection d’une structure comme celle des villages de Flacq et Rose-Belle. L’injonction a toutefois été rejetée, la juge Chui Yew Cheong ayant jugé que l’application a été faite « at the eleventh hour », traduisez trop tard. De ce fait, la SVA logera son « main case » demain. 
De prime abord, dans une déclaration à Week-End, Hyder Raman, de la SVA, parle de son étonnement car c’est à travers les médias qu’il a été informé de l’exercice d’enregistrement en vue d’un relogement à la Place Decaën (gare Victoria) et à la Place de l’Immigration (Gare du Nord). S’il ne dit pas être contre un tel exercice, il s’étonne du fait que de « faux marchands ambulants » s’y sont rendus. Il rappelle que leurs doléances concernent, certes, un relogement mais aussi une régularisation humaine pour pouvoir travailler dans la dignité et selon les paramètres de la loi. Il cite ainsi le méga projet du ministre des Infrastructures Publiques, Nando Bodha, qui devrait relier les deux gares routières du Nord et du Sud via une passerelle. Ce dernier devrait être prêt en 2017 si la construction commence comme prévu en 2016. Sans compter, rappelle-t-il, que son association avait rencontré Pravind Jugnauth, alors ministre de la Technologie, de la  Communication et de l’Innovation, en sa capacité de leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM). « Il avait été à l’écoute lorsque nous lui avons exprimé nos réserves. Il semblait être sur la même longueur d’onde », déclare Hyder Raman.
Le problème qui se pose actuellement avec cet exercice d’enregistrement est qu’il n’y a que 953 espaces alors que le nombre de marchands tourne autour de 1334, selon le dernier recensement. Ce qui lui fait dire qu’il y aura une discrimination sans borne dans la mesure où une partie sera relogée et une partie ne le sera pas. D’où sa désapprobation totale. « Je ne comprends pas ce revirement de situation. C’est purement et simplement de l’amateurisme. C’est une pure trahison de la municipalité de Port-Louis. L’espace alloué n’est pas digne dans la mesure où le terrain n’absorbe pas l’eau en cas d’inondation. Qui plus est, il n’y a aucune structure tout comme celle des villages de Flacq, Rivière-du-Rempart, Rose-Belle et Triolet. Notons, par ailleurs, que l’espace qui nous est alloué n’est que d’1m40. En tant que Port-Louisiens, sommes-nous des citoyens de seconde classe? Pourquoi le gouvernement ne peut-il pas investir Rs 200 millions? », plaide-t-il.
Ainsi, Hyder Raman demande à ce que les mêmes conditions soient appliquées à Port-Louis. Il en va, par la même occasion, de l’acquittement d’un loyer mensuel et d’une licence annuelle comme « trader. »
De son côté, le lord-maire Oumar Khooleegan affirme ne pas comprendre le désaccord de la SVA et du Front Commun des Marchands Ambulants. Il rappelle que la priorité de relogement sera accordée à ceux payant une patente de Rs 500 par an à la municipalité ainsi qu’aux détenteurs du badge distribué aux marchands pour la période de novembre et décembre dernier.
Le nombre de ceux s’étant fait enregistrer a atteint 2138 marchands (602 jeudi, 616 vendredi, 181 samedi et 739 lundi). Les non-détenteurs de licence ou de badge avancent qu’ils n’y étaient pas en raison d’un empêchement, le jour du recensement.
Demain, lundi 18 janvier, le grand tirage au sort sera effectué pour les 953 marchands devant des huissiers de justice pour l’allocation des espaces à la Place Decaën et Place de l’Immigration. S’ensuivra leur relogement au plus tard le 25 janvier de même pour un nombre indéfini à la Place Monneron (à l’arrière du LIC Building) et à Ruisseau du Pouce.
Les contrevenants ne seront pas épargnés par les autorités qui comptent sévir et épurer Port-Louis des marchands ambulants.