Les marchands ambulants de la capitale, regroupés au sein du Front commun des marchands ambulants (FCMA), ont adopté deux décisions en vue de contrer leur relogement sur les sites Decaen et Immigration. D’abord, ils comptent envahir la Salle du Conseil lorsque sera avalisée la liste d’attribution des étals, puis, s’agissant des colporteurs dont les noms ont été retenus par la mairie, ils n’apposeront pas leur signature sur le contrat qui leur sera remis.
La réunion des marchands ambulants a débuté vers 21 h hier au Centre Idrice Goomany, Plaine-Verte. À cette occasion, les représentants du Front Commun, qui regroupe la Street Vendors Association, l’Association des Marchands Ambulants du Nord (AMAN), la Voice of Hawkers et la Hawkers Permit Association (HPA), ont exprimé leur mécontentement quant à la gestion du dossier épineux des marchands ambulants par les élus du MMM/MSM sous la présidence du lord-maire Aslam Hossenally. Ils ont abordé les initiatives de la mairie en vue de décanter la situation, les démarches juridiques afin d’assurer leurs droits au travail, les promesses politiques non-tenues, les difficultés financières encourues depuis qu’ils sont pourchassés par les inspecteurs municipales et la police, entre autres.
Les orateurs ont demandé à l’assistance d’adopter deux résolutions en vue de contrer le projet de relogement « dans des conditions inhumaines ». À Salim Nunkoo, président de l’Association des marchands ambulants du nord (AMAN) de préciser : « Nous ne sommes pas contre notre relogement mais nous demandons que cela se fasse dans de meilleures conditions. » Pour cela, il demande à la mairie de revoir principalement l’espace alloué à chaque personne, de prévoir des structures adéquates, entre autres. « Nou na pa pou kapav ser-sere travay dan enn lespas 1 met 50 ! Li inakseptab », soutient-il. Selon l’AMAN, il serait préférable que cet espace soit élargi à 2 m2. De plus, la liste avalisée par le Conseil est sévèrement critiquée par le Front Commun. Il explique que 1 743 personnes ont été retenues pour un étal sur les sites de relogement Decaen, à proximité de la Gare Victoria, et Immigration, Gare du Nord, mais que le Front Commun ne reconnaît qu’un millier de personnes comme étant des marchands ambulants. « Leres se bann nomine politik », soutient Amit Neeamuth, qui affirme ne plus faire confiance aux politiciens, les accusant d’emblée « d’utiliser la communauté des marchands ambulants pour arriver à leurs fins ».
Autre décision adoptée à l’issue de cette réunion : les colporteurs ayant obtenu un étal ne signeront pas le contrat à la mairie en vue de bénéficier de cette offre. Ces deux décisions ont été votées à l’unanimité hier.
Hyder Raman, président de la SVA, dit pour sa part « suivre la situation de près ». Le Front Commun a lancé un appel aux autorités compétentes en vue d’une solution durable et humanitaire.