Le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond, a, à l’issue de la première réunion entre le secteur privé et le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et le Secrétaire financier, Dev Manraj, hier après-midi, insisté sur l’importance d’un partenariat entre le secteur privé et le gouvernement « afin de relancer la croissance, l’investissement et assurer la compétitivité du pays ».
Selon Raj Makoond, cette réunion a permis au secteur privé d’exposer son point de vue sur la situation économique et financière du pays ainsi que l’évolution des relations industrielles. Le taux d’inflation est estimé à 3,4 % pour cette année et devrait baisser à 3 % l’année prochaine et pourrait même tomber à 2,5 %. « Il est important de créer un environnement propice afin de projeter Maurice comme un hub international », a-t-il déclaré. Les représentants du secteur privé ont fait mention du décalage existant entre le REPO Rate et l’Inter Bank Rate et ont observé que le niveau de la dette du secteur privé ne cessait de croître alors que l’investissement privé est en baisse.
« Si on veut atteindre un taux de croissance de 6 %, le taux d’investissement doit atteindre le niveau de 30 % avec une part de 80 % provenant du secteur privé. Ce qui n’est pas le cas actuellement parce que la part du secteur privé tourne autour de 72 à 73 %. Ce qui n’est pas bon », souligne-t-il. Par ailleurs, il ajoute que le contexte international reste difficile, surtout dans la zone euro.
S’agissant de la compensation salariale, le président du JEC avance que la proposition du nouveau gouvernement coûtera quelque Rs 3,4 milliards au secteur privé, soit Rs 400 millions de plus que le montant prévu pour la proposition faite par l’ancien gouvernement, et devrait toucher quelque 320 000 employés du secteur privé. Il estime que le paiement de la compensation doit également tenir en compte la contribution pour les pensions, les allocations diverses ainsi que les heures supplémentaires. Ces dépenses sont assez élevées dans certains secteurs, dont le secteur touristique (50 % de l’enveloppe salariale), le seafood hub (50 %) et le secteur des TIC (35 %). « Tout cela pèse lourd dans le budget des entreprises concernées ».
Il a fait ressortir que les secteurs d’exportation ainsi que les TIC et le sucre évoluaient dans un environnement international difficile, le prix du sucre a chuté à Rs 12 500 la tonne. De plus, le secteur du seafood doit faire face à une compétition féroce des pays asiatiques où une baisse de 20 % des taxes est prévue pour l’année prochaine. « Tout cela affecte la compétitivité du pays », déclare Raj Makoond, qui insiste sur l’importance du partenariat gouvernement/secteur privé. Le directeur du JEC était accompagné de Vincent d’Arifat (MEF), de Jocelyn Kwok (AHRIM), de Lilowtee Rajmun (MEXA), de Charles Cartier (ATAM) et d’Anwar Ramdin (BASECA).