En marge des prochaines élections, plusieurs rencontres et débats politiques se sont tenus à l’initiative d’organisations religieuses et de mouvements civiques. Des initiatives qui vont dans le sens de la démocratie mais qui ne sont toujours pas entrées dans les moeurs. Certaines de ces rencontres ont été récupérées par des activistes.
 
Dans l’ensemble, ces rencontres se sont bien déroulées et l’exercice démocratique a fonctionné correctement, même si certains candidats aux prochaines élections législatives se sont montrés évasifs à l’heure des questions-réponses. Les électeurs ont eu l’occasion de mieux connaître les candidats qui aspirent à les représenter au Parlement et ont eu des éclaircissements sur leurs préoccupations dans plusieurs domaines : law and order, pouvoir d’achat, chômage, inégalités de salaires, discriminations autour du recrutement dans le secteur public, logement social…
Ces rencontres citoyennes ont été organisées par certaines paroisses de l’Église catholique (St-Patrick, Notre-Dame du Rosaire et Ste-Hélène), des mouvements civiques et organisations comme l’Institut Cardinal Jean Margéot (ICJM) et le Royal And Friends Action Line (RAFAL), l’association des amis d’Agaléga et l’Union pour le développement de Roche Bois, le Mouvement civique de Ste-Hélène et Action civique pour le bien-être de Coromandel. Parmi les thèmes abordés : “La citoyenneté, pari impossible pour notre société mauricienne ?”; “Votes, discernements, représentativité parlementaire”; “Notre devoir civique est très important : comment et pourquoi ?” Il a aussi été question de la deuxième République. Outre les candidats des deux principaux blocs politiques (l’Alliance Lepep et l’Alliance PTr-MMM), les représentants des partis émergents (Rezistans ek Alternativ, Muvman Larz, Ensam, Parti Justice Sociale et le Mouvement Mauricien Social Démocrate) ont eu l’occasion d’exposer leur vision et de détailler leurs programmes.
 
Rôle de chien de garde.
Toutes ces rencontres avaient un seul et même objectif : apporter un meilleur éclairage afin que les électeurs puissent voter avec discernement. Mais force est de constater que les citoyens ne se sont pas déplacés en nombre pour y assister. Les meetings et congrès ont attiré davantage de personnes qui n’ont d’autre choix que de gober tout ce que disent les orateurs, y compris les insultes à l’égard de leurs adversaires politiques.
Les personnes présentes aux rencontres citoyennes aspirent à une nouvelle manière de faire des politiciens. À Coromandel par exemple, certains n’ont pas manqué d’exprimer leur ras-le-bol du jeu de chaise musicale des partis politique traditionnels, à travers les alliances et mésalliances. Dans d’autres rencontres, certains sont restés sceptiques devant les nouvelles promesses formulées alors que celles de la précédente campagne électorale n’ont pas encore été honorées. D’où le rôle de chien de garde que comptent exercer certaines organisations civiques, à l’instar du Mouvement Citoyen de Ste-Hélène.
Après de telles initiatives, il serait dommage qu’il faille attendre cinq ans pour faire un bilan. C’est pourquoi le Mouvement Citoyen de Ste-Hélène compte inviter les futurs députés des circonscriptions Nos 16 et 17 à une autre rencontre après les élections pour un état des lieux.
Gageons qu’après cet exercice, d’autres groupes pensent à organiser des sessions de formation afin que les politiciens ne traitent plus les électeurs comme des dépôts fixes mais comme des citoyens dont on respecte la dignité et les droits.