Nommée réserve biosphère par l’Unesco’s Man and the Biosphere Programme (MAB) en 1977, la forêt de Macchabée/Bel-Ombre a été retirée de cette liste après une réévaluation de cet organisme. Un rapport, soumis en 2017 pour que cette réserve puisse à nouveau être inscrite a été rejeté par l’organisation internationale car « plusieurs éléments n’avaient pas été pris en compte ». L’Unesco a accordé une extension jusqu’au mois de juillet pour que toute la réserve de Macchabée/Bel-Ombre et Rivière-Noire soit inscrite dans le MAB. Un nouveau nom sera adopté pour intégrer ces trois régions forestières de l’île.

En vue d’évaluer l’état de la réserve biosphère de Macchabée/Bel-Ombre, une délégation de l’Unesco Man and Biosphere Reserve et de l’île de Jeju était à Maurice du 11 au 15 décembre 2017 à la demande du National Parks and Conservation Service. « Étant donné que Maurice n’a pas répondu aux critères mis en place par l’Unesco Man and Biosphere, la délégation a demandé qu’un nouveau dossier soit soumis pour cette réserve tout en respectant les différents critères », a déclaré le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, jeudi matin à l’hôtel Gold Crest, à Quatre-Bornes.

La réserve biosphère de Macchabée/Bel-Ombre, étendu sur 3 594 arpents et dont la biodiversité est unique dans la région des Mascareignes, a été représentée au MAB en 2015 par le ministère de l’Agro-industrie. Le but du programme est d’améliorer les liens entre les hommes et leur environnement. Les réserves biosphères sont internationalement reconnues.

Lors de la visite de cette délégation, Maurice a été ordonnée à la mise en place d’un Man and Biosphere National Committee et d’un Man and Biosphere National Focal Point. Ces recommandations s’avèrent nécessaires pour qu’un nouveau dossier soit soumis au MAB pour que le statut de la réserve biosphère de Macchabée/Bel-Ombre puisse être revu. La délégation étrangère a toutefois proposé que le parc national des Gorges de la Rivière-Noire puisse aussi être inclus.

Dans le but de réaliser cette demande, Mahen Seeruttun avance que les zones tampons et de transition, situées au sud du parc national des Gorges de la Rivière-Noire et de la région de Bel-Ombre, sont visées. Selon le ministre, si la réserve biosphère de Maurice est réussie, l’objectif sera de l’étendre à d’autres zones tampons et de transition.

« Maurice est parmi les premiers pays à être nommés réserve biosphère », rappelle Souraj Gopal, Acting Deputy Director, National Parks and Conservation Service. Toutefois, au fil des années, l’Unesco a revu ses critères et, après une évaluation, a retiré Maurice de sa liste de réserves biosphères. L’un des critères ajoutés concerne les habitations tout autour des réserves. « Selon l’Unesco, la conservation doit également être au service de l’humanité », dit-il.

Lorsque les critères ont été revus et le fait que Macchabée/Bel-Ombre ne respecte que la biodiversité, la réserve biosphère a été enlevée à Maurice. La demande faite par l’Unesco est que Macchabée/Bel-Ombre réponde aux nouveaux critères établis, qui stipulent qu’il faut qu’il y ait des endroits « strictement protégés » pour la biodiversité, une zone tampon et des activités économiques regroupées. « Les trois doivent pouvoir s’intégrer », dit Souraj Gopal. Il fait ressortir qu’une délégation de l’Unesco, ayant visité l’île en 2017, a recommandé que la réserve de Macchabée/Bel-Ombre puisse s’élargir et devenir un exemple dans l’océan Indien et les États insulaires.

Au niveau des développements, l’Unesco a préconisé qu’ils soient contrôlés. La nouvelle réserve biosphère comprendra Macchabée/Bel-Ombre, les Gorges de la Rivière-Noire, des terrains appartenant au secteur privé, Heritage et Saint-Martin. À ce jour, aucun nom n’a été donné pour la nouvelle réserve biosphère. Selon Souraj Gopal, Maurice est dans « la bonne direction » pour la soumission de son dossier. D’autres aspects tels le social, l’économie et le tourisme sont aussi inclus.

Par ailleurs, il avance que le dossier a aussi été rejeté car plusieurs régions de la réserve biosphère de Maurice étaient gérées par le secteur privé et « chacun occupait sa parcelle de terre ». Pour combattre le changement climatique, Souraj Gopal avance que la réserve biosphère combat ce problème. « Une fois le dossier soumis, des campagnes de sensibilisation seront organisées pour éduquer la population sur la réserve biosphère et expliquer comment protéger la nature », indique-t-il.

Les deux experts étrangers à Maurice dans cet exercice d’évaluation sont Dai-Yen Jeong et Dr Thomas Schaaf. Il y a deux secrétariats du World Network of Islands et de la Coastal Biosphere Reserves qui se trouvent en Espagne et en Corée du Sud. Outre Maurice, Minorque, Principe et St Kitt font aussi partie des îles nommées réserve biosphère. Une équipe de recherche étudie plusieurs aspects de ces îles, notamment le changement climatique et l’évaluation socio-économique. Grâce à l’adhésion de Maurice dans ce programme, le pays obtient de l’aide afin de répondre aux sujets importants ayant un lien avec la biodiversité et le changement climatique.