L’endométriose toucherait 20 à 25 % des femmes à Maurice. Une énigme pour la médecine, de l’avis de certains spécialistes, l’endométriose n’en est pas moins une maladie relativement répandue chez les Mauriciennes. Bien que bénigne, elle peut occasionner des douleurs menstruelles persistantes. Concernant près d’une femme sur dix, l’endométriose se manifeste par de violentes douleurs pelviennes, des règles abondantes et peut même entraîner une infertilité. Malgré ses répercussions, cette maladie gynécologiqueest souvent sous-estimée. La plupart des patientes attendront entre 6 et 10 ans avant le bon diagnostic ! Maladie encore méconnue à Maurice, l’endométriose a fait l’objet d’une table ronde le jeudi 25 septembre à l’hôtel Hennessy Park, à Ebène. Plusieurs spécialistes s’étaient réunis, à l’initiative de Fortis Clinique Darné, pour discuter de la question. Parmi eux, le Dr Rajat Goswamy, directeur médical de la Harley Street Fertility Clinic. Ce dernier a passé en revue les progrès accomplis dans le domaine du traitement de l’endométriose, maladie qui toucherait 20-25 % des femmes à Maurice. Il a établi un constat auquel a adhéré la demi-douzaine de gynécologues présents : « Il n’y aura sans doute pas de cure à l’endométriose, mais un diagnostic précoce peut éviter des complications ».Le Dr Goswami devait alors faire état de cas où certaines femmes atteintes ont pu mener à terme une grossesse en suivant un traitement régulier. L’origine de la maladie reste un point d’interrogation pour la médecine, bien que plusieurs théories existent quant à sa formation, notamment la menstruation rétrograde (quand le sang passe dans la cavité abdominale lors des règles). L’endométriose se caractérise par la présence de la muqueuse utérine en dehors de la cavité utérine et affecte particulièrement la cavité péritonéale et les ovaires. L’endométriose ovarienne est d’ailleurs la forme la plus commune de cette maladie, dont la transmission est souvent génétique. Les symptômes les plus courants de l’endométriose sont les règles douloureuses, mais aussi des douleurs associées à l’ovulation et des écoulements vaginaux caractérisés par un liquide brun, ainsi que l’infertilité. Si la prévalence de la maladie est jugée assez forte à Maurice, c’est en raison des origines asiatiques et africaines de la population. En effet, l’endométriose est plus marquée chez les populations venant de ces deux continents, alors que sa prévalence en Occident reste relativement faible. A Maurice, une étude menée en 2005-2006 a démontré que 13 % des cas de chirurgie gynécologique concernaient l’endométriose. Bien que ces traitements aient des effets secondaires indésirables, la plupart des patientes y souscrivent car les douleurs associées à l’endométriose sont dites intenables. Le meilleur traitement est de suspendre la menstruation pendant quelques mois par le biais d’injections et de comprimés. Un diagnostic précoce permet d’établir le traitement le plus approprié pour chaque cas. Lors de la table-ronde, les spécialistes ont évoqué l’idée d’une campagne de sensibilisation ciblée afin de permettre un diagnostic précis, surtout pour les femmes se trouvant dans la tranche d’âge de 17-21 ans.