La Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) a manifesté à Port-Louis lundi contre les conditions d’emploi des gardiens de prison. Selon Narendranath Gopee, le président, ces derniers sont contraints de manger du « pain sec » pendant leur service de nuit. De même, une circulaire récente leur apprend que lorsqu’ils s’absentent le vendredi et pendant le week-end, ils doivent produire un certificat médical d’un médecin du service public.

La Prison Officers Association, affiliée à la FCSOU, dénonce les relations industrielles dans les prisons. Selon Narendranath Gopee, le commissaire Vinod Appadoo refuse de traiter avec le syndicat et il a fallu avoir recours au tribunal pour le rappeler à l’ordre. Il ajoute qu’il y a une série de problèmes à régler dans les prisons et que le commissaire des prisons devrait plutôt s’en occuper. « Il a réduit le syndicat au silence, les relations industrielles se sont détériorées. Le gouvernement a ratifié la Convention sur le droit de l’association et aujourd’hui, M. Appadoo sort de sa retraite pour venir gâcher la vie des Prison Officers. S’il ne peut gérer les prisons, qu’il cède la place à d’autres. »

Le président de la FCSOU fait ainsi appel au ministre mentor pour qu’il agisse dans ce cas précis. « Je fais appel au ministre mentor, qu’il prenne ses responsabilités. Nous avons déjà attiré son attention sur la situation à la prison. Je lui demande de rappeler le commissaire des prisons à l’ordre ou de le révoquer. Maurice a besoin de personnes compétentes. Pas de quelqu’un qui a pris sa retraite de la police pour venir diriger la prison. »

Narendranath Gopee a déploré le traitement « inhumain » réservé aux Prison Officers, lors de leurs services de nuit. « Quelqu’un qui a dîné à 19h n’a droit qu’à une tasse de café et un pain sec dans la nuit ! Est-ce humain ? Est-ce cela le traitement qu’un commissaire des prisons donne à ses Prison Officers ? Les prisonniers sont mieux traités que cela. » Il est d’avis que si la prison n’est pas en mesure de donner « quelque chose de convenable » à manger aux gardes-chiourmes, elle peut au moins les autoriser à apporter leurs repas.

« Quitte à y fouiller s’il le faut. Ou alors, qu’on ouvre la cantine pendant la nuit pour leur permettre d’acheter quelque chose lorsqu’ils ont faim à une heure ou deux heures. »
Narendranath Gopee a dénoncé également un « deuxième faux pas » du commissaire des prisons. Ce dernier aurait, selon lui, émis une circulaire concernant les congés maladie. « Le “sick leave” fait partie des “terms and conditions of service”. Et en tant que Public Officers, ils sont gérés par le Pay Research Bureau. Une fois qu’on a signé l’Option Form, personne n’a le droit de venir changer les conditions de service. »

Et d’ajouter que le Human Resource Manual mentionne que lorsqu’un officier est malade, il doit produire un certificat médical le quatrième jour.

« Il n’exige pas que ce soit un médecin du privé ou du public. Mais à la prison, on a introduit une loi disant que lorsqu’un officier est malade le vendredi, samedi et dimanche, il doit impérativement produire un certificat médical d’un médecin de l’État. La semaine dernière, on a vu qu’il y a une dame, Prison Officer, qui a été battue par des prisonnières. Elle a été blessée et admise à l’hôpital. Je me demande si le CP est allé lui rendre visite. Quelle sécurité pour les Prison Officers ? Va-t-on attendre que quelqu’un perde la vie ?» se demande le syndicaliste en s’interrogeant sur l’enquête de l’ICAC au sujet de la présence de Prison Officers dans la cour du CP, à Camp-Fouquereaux.