Après une série de consultations avec divers ministres et une rencontre avec la presse hier à Port-Louis, l’occasion pour lui de dénoncer la précédente administration de Rodrigues, le nouveau chef commissaire Serge Clair rencontre le Premier ministre aujourd’hui.
Serge Clair a donné hier un aperçu du ton de ses récentes consultations avec des ministres dont celui des Terres et du Logement, Abu Kasenally. Les terres, « il s’agit du gros morceau », dit-il. Mais le chef commissaire a surtout tenu à dénoncer la « mauvaise gestion », « la mentalité de jouisseurs » de la précédente administration régionale.
Le nouvel homme fort de Rodrigues évoque son « retour dans la maison » comme une « libération de l’emprise des mauvais gestionnaires » où les « privilèges allaient à l’encontre du bien commun ». Le gouvernement autonome sortant, dit-il, aurait augmenté les « allocations laptop, portable, fax » avec effet rétroactif en 2011, « des anciens privilèges qui représentent deux mois de salaires des officiers de la Water Company ».
Par ailleurs, des Rs 240 M au budget de Rodrigues, il ne reste plus que Rs 80 M, selon Serge Clair. « Ils ont dû sentir la défaite arriver et se sont dit : anou fini kass-la avant OPR revinn o pouvoir », allègue-t-il. Et de condamner la « culture de l’assistanat » prônée par l’ancienne administration : « Kan zot vinn o pouvoir zot nek promet pou donn 1 000 plas travay gouvernman […] Pandan dernie eleksyon zot vinn dir, OPR pou tir sesi, OPR pou tir sela. Je ne souhaite à personne de vivre une campagne de la sorte ».
Serge Clair fustige la politique d’aménagement de l’ancienne administration. « Il n’y a pas eu de considération écologique, affirme-t-il, les logements sociaux n’épousent pas le paysage rodriguais. On construit des logements sociaux avec deux pièces, sans cuisine ni salle de bains. Dites-moi, à Maurice, construit-on des logements sans les basic amenities ? Les Rodriguais ont besoin d’aller trouver de la tôle pour bricoler une cuisine. Et l’on voit ça dès qu’on sort de l’aéroport. » Et de revendiquer par ailleurs : « Nous sommes des citoyens à part entière ».
Parlant du cadre légal, Serge Clair relève qu’« il est bien écrit dans la Constitution que le chef commissaire répond directement au Premier ministre. Il est d’ailleurs possible pour le PM d’inviter le chef commissaire au Conseil des ministres ». Le portefeuille ministériel de Rodrigues, estime-t-il, n’en est pas un utile. Pis, il y voit une « dégradation de la vision de l’autonomie de Rodrigues ». Serge Clair cite en exemple Nicolas Von Mally, ex-ministre de Rodrigues et de la Pêche, qui « ne fait que des discours ».
Lors de sa visite à Maurice, en compagnie des commissaires Pierre, Payendee et Fatehmamode, Serge Clair a également rencontré des cadres du ministère des Finances.