Veeren Peroomal, qui purge une peine de 34 ans de prison depuis avril 2010 pour avoir tenté de prendre possession de 1 216 g d’héroïne, fait face à un procès en Cour intermédiaire aux côtés de deux complices pour détention de Subutex. Le détenu, par le biais de son homme de loi, avait demandé l’arrêt du procès intenté contre lui pour cause d’abus de procédures. Le magistrat Azam Neerooa a toutefois rejeté cette demande dans un « ruling » rendu hier.
Veeren Peroomal se retrouve sur le banc des accusés une nouvelle fois après la saisie de sachets de Subutex dans sa cellule à la prison de Beau-Bassin le 11 décembre 2009. Lors du procès, qui se poursuit en Cour intermédiaire, Veeren Peroomal a plaidé non coupable. Son avocat a logé une motion en cour demandant l’arrêt du procès intenté contre lui, stipulant qu’il ne bénéficie pas d’un procès équitable, puisque des preuves qui auraient pu servir à l’exonérer en cour n’ont pas été présentées par les policiers. L’homme de loi a ainsi déclaré que les enregistrements des caméras CCTV, se trouvant à la prison de Beau-Bassin, n’ont pas été sécurisés par les policiers, empêchant ainsi son client de prouver son innocence dans cette affaire. Le sergent Tukoory, appelé à la barre des témoins, a indiqué que lorsque Veeren Peroomal avait été interpellé et que ses droits constitutionnels lui ont été expliqués, ce dernier n’avait fait part d’aucune requête à la police. Il ajoute de ce fait que le détenu avait été interpellé en décembre 2009 mais que ce n’est qu’après une déclaration consignée à la police le 10 mars 2010 que Veeren Peroomal avait fait mention de caméras CCTV. Le policier a indiqué qu’après une enquête effectuée à cet effet, il avait été établi que les enregistrements des caméras CCTV sont stockés pendant 90 jours et sont par la suite effacés automatiquement.
Dans l’énoncé de son jugement, le magistrat Azam Neerooa a statué que la police a le devoir de mener une enquête d’après les déclarations d’un suspect. Toutefois, Me Azam Neerooa a fait ressortir que Veeren Peroomal avait refusé de donner des déclarations le jour suivant son interpellation. Le magistrat a également souligné que les enregistrements des caméras CCTV avaient déjà été effacés, car ce n’est qu’après trois mois que le détenu en a fait mention. De plus, Azam Neerooa a statué que la poursuite n’était pas non plus en possession de ces enregistrements et que la défense ne peut donc pas affirmer s’ils auraient joué en faveur du détenu. Le magistrat a ainsi conclu que Veeren Peroomal n’a, à aucun moment, été privé de son droit à un procès équitable.