Le Trade Union Trust Fund (TUTF) a tenu un atelier aujourd’hui à l’intention principalement des syndicalistes, et ce dans le cadre des travaux effectués par le National Wage Consultative Council (NWCC) sur le salaire minimum. Cinq syndicalistes siègent sur le board du NWCC. Estimant qu’ils n’ont pas le monopole des idées, ils ont tenu à consulter leurs confrères car à un mois environ de la finalisation du rapport par le NWCC, les points de vue divergent entre les syndicalistes et le président du conseil, Beejaye Appana. Pour Rashid Imrith, le président du TUTF, « se enn kado anpoizone ki pe prezant travayer ». Il souligne que le Premier ministre a parlé de l’ambition de Maurice de devenir une High Income Economy, rappelant que « pour cela, il faut un salaire minimum de Rs 19 280, et non de Rs 8 000 ».
Le président du TUTF déplore que le NWCC prône l’intégration des bonus dans l’estimation des salaires. « Il y a beaucoup de cas où des employés touchent moins de Rs 8 000 mais en ajoutant leur bonus, le montant dépasse Rs 8 000. Donc, beaucoup ne seront pas concernés si le salaire minimum est de Rs 8 000. Se enn kado anpoizone ki pe prezant travayer » estime-t-il. Pour lui, la tenue de l’atelier aujourd’hui a « toute son importance » car « le salaire minimum concerne tous les employés à Maurice, et non seulement ceux qui touchent moins que le salaire minimum ». Tout semble montrer, indique-t-il, que « le 10 octobre, il y aura la dernière réunion du NWCC », ajoutant que « tout indique que M. Appana est arrivé loin dans la rédaction de son rapport en dépit de l’absence de consensus avec les syndicalistes ». 
Même si le directeur n’a annoncé aucun chiffre officiellement, le TUTF déplore : « Lors de sa conférence de presse, M. Appana a parlé du chiffre de Rs 8 000. Il y a une divergence de vue entre le président du NWCC et les syndicalistes. Du côté du patronat, aucun chiffre n’a été cité à ce jour concernant le salaire minimum. » Il devait aussi souligner qu’avec le salaire minimum, ceux touchant plus seront aussi affectés car « il y aura une “disturbance” dans la relativité » entre ceux touchaient moins et ceux qui touchaient plus. « Par exemple, si un laboureur touche Rs 7 000 et voit son salaire augmenter, le prof qui touche Rs 20 000, lui, ne verra pas son salaire augmenter. ». Or, selon Rashid Imrith, la loi prévoit que dans de telles situations, « tous grades du secteur public doit bénéficier d’une révision » de salaires. « Pour le secteur privé, c’est différent, sauf qu’il y a un paragraphe dans la loi qui parle de ‘Remuneration Order’. Les patrons ne veulent entendre parler de cette “disturbance” dans la relativité entre les salaires. » 
Rashid Imrith ajoute : « Deux chiffres sont avancés par M. Appana : Rs 8 000 et Rs 8 500. Il dit que si le salaire minimum est de Rs 8 500, il n’y aura pas de compensation salariale en janvier 2018. Avant de dire qu’en l’absence de consensus, nous retournerons vers Rs 8 000. » Le président du TUTF rappelle : « La NWCC Act veut que l’on prenne une fraction du salaire médian, qui est de Rs 24 100 dans le secteur public. Nous avons pris 80%, ce qui nous mène à Rs 19 280. Le secteur privé devra ensuite adopter la même ligne. Nous avons proposé plusieurs formules de transition vers l’augmentation, dont des salaires indirects. Même dans le budget 2017/2018, le ministre des Finances avait annoncé l’introduction d’une Negative Income Tax pour ceux touchant moins de Rs 10 000. Le gouvernement a pris 80% du salaire médian pour arriver à Rs 10 000. Si le gouvernement parle de Rs 10 000, pourquoi alors le chiffre de Rs 8 000 ici ? » 
L’atelier avait aussi pour but d’éclaircir les choses vu que « le président du NWCC a dit que c’est un syndicaliste lui-même qui avait proposé le chiffre de Rs 8 000, sans toutefois dire de qui il s’agissait ». Et d’ajouter : « Nous estimons qu’il faut une communication pour que M. Appana ne vienne pas dire que ce chiffre vient d’un syndicaliste. » Il devait poursuivre que le Premier ministre, lors de sa mission aux Etats-Unis à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies, a parlé de l’ambition de Maurice de devenir d’ici 2030 une “high income economy”. « Mais avec Rs 8 000 comme salaire minimum, nous ne pouvons devenir une “high income economy”. Il faut Rs 19 280 », estime-t-il.