Cette année, parmi les événements marquants dans le secteur de la santé, on retient la légalisation de l’avortement dans des cas précis et de nouvelles infrastructures hospitalières.
En dépit des nombreuses manifestations d’opposition contre la légalisation de l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) dans le pays, la Criminal Code Amendment Act 2012 autorisant l’avortement dans quatre cas spécifiques est entrée en vigueur le 15 octobre. L’avortement est ainsi autorisé depuis cette date, uniquement toutefois, pendant les 14 premières semaines de grossesse et dans quatre cas précis : 1) quand la vie de la femme enceinte est en danger, 2) quand la grossesse risque d’entraîner de graves et permanentes atteintes à la santé physique et mentale de la femme enceinte, 3) quand il y a des risques d’anomalie congénitale affectant la viabilité du foetus, et 4) en cas de viol, d’inceste et de relations sexuelles avec des mineures de moins de 16 ans. Ces agressions sexuelles doivent être rapportées à la police avant toute interruption de grossesse. L’Attorney General avait précisé que les fausses déclarations concernant ces sexual offenses sont passibles d’une peine d’emprisonnement n’excédant pas dix ans en vertu des articles 297 et 298 du Code pénal. D’après le protocole, il revient à un médecin de recommander une IVG après avoir ausculté sa patiente. Par la suite, un comité comprenant trois spécialistes excluant le médecin ayant recommandé l’IVG examine le dossier et le choix final revient à la femme enceinte. Outre les cinq hôpitaux régionaux où les IVG sont désormais pratiquées par des gynécologues et obstétriciens, certaines cliniques autorisées par le ministère peuvent aussi les pratiquer d’après les conditions légales prescrites.
Pour rappel, l’amendement à la Criminal Code Amendment Act, décriminalisant l’avortement dans certains cas, avait été voté par 50 parlementaires cette année. 14 députés avaient voté contre, quatre étaient absents au moment du vote et il y avait eu une abstention.
Cette année, on retient aussi des initiatives prises contre l’obésité infantile. Suite aux résultats d’une étude menée en 2011 qui indiquaient que 21,2 % des enfants âgés de 13 à 15 ans à Maurice avaient un surpoids et 6,2 % étaient obèses, le ministère de la Santé a fait de l’obésité infantile une de ses priorités cette année. C’est ainsi qu’entre autres initiatives, le ministère a mis sur pied un système de Nutrition Surveillance dans les Well Baby Clinics de même que chez les femmes enceintes. Les données étant en suite compilées par la Nutrition Unit du ministère. Par ailleurs, dans cette lutte contre l’obésité, le ministre avait annoncé la révision et remise à jour du National Nutrition Action Plan de 2012-2016 qui serait basé sur les données du Nutrition Survey de 2012.
Parmi les autres initiatives ministérielles contre le surpoids chez les jeunes Mauriciens, des causeries ont eu lieu dans les écoles, collèges et centres de jeunesse en vue de sensibiliser les scolaires à une bonne habitude alimentaire. L’allaitement maternel est encouragé dans les hôpitaux pour prévenir l’obésité chez les bébés. Des school health programs ont été mis en place pour identifier les enfants en surpoids et éventuellement les référer à des dispensaires. Des dépliants ont été distribués à des fins de sensibilisation. Des sessions de health cooking instructions incitant à améliorer les recettes traditionnelles notamment en diminuant la quantité d’huile et de sel ont lieu dans les hôpitaux.
Du côté des infrastructures de santé, de nombreux projets ont été en chantier et certains réalisés. Le nouveau bloc du Cardiac Centre de l’hôpital Victoria, qui a coûté Rs 150 millions, est finalement entrée en opération en octobre dernier après douze ans de construction. Après le début des travaux en 1999, une unité de l’Intensive Care Unit, qui a coûté Rs 11 M, a été inaugurée il y a deux mois. À octobre, 20 841 patients s’étaient fait soigner à la Cardiac Unit de Candos durant l’année, alors que les unités de cardiologie des cinq hôpitaux régionaux ont accueilli 72 513 patients pour la même période. S’agissant de l’hôpital Jeetoo, la dernière phase a été complétée en juillet 2012 au terme de 33 mois de travaux. La troisième phase de l’hôpital comprend sept salles d’opération et une unité de dialyse de 24 lits alors qu’un Cardiac Outpatient Department a été mis en place. Un psychiatric ward a été ajouté. Il reste aujourd’hui à rénover les anciens bâtiments coloniaux en briques et le projet devrait totaliser la somme de Rs 2 milliards.
À l’hôpital de Flacq, une nouvelle aile au coût de Rs 129 M a été inaugurée en juillet. Elle comprend une neatology unit, un cardiology ward, un male medical ward et un male Orthopaedic ward. Du côté de la Sir Seewoosagur National Hospital (SSRN), la nouvelle unité des urgences est opérationnelle depuis octobre dernier. Le bloc de deux étages aura coûté Rs 76,4 M. Rénovée au coût de Rs 10 M, l’unité des soins intensifs peut accueillir dix patients au lieu de huit.