Quelque 36 cas de dengue étaient recensés hier dans la région port-louisienne, dont les  environs du Champ-de-Mars. Une partie des malades sont toujours hospitalisés alors que ceux qui vont mieux sont, eux, rentrés chez eux. Le ministère de la Santé poursuit des activités de désinsectisation (fogging) dans les zones affectées. Si l’une des personnes contaminées a été infectée en Inde, les autres cas sont dépistés chez des personnes n’ayant pas voyagé récemment.
Le ministère de la Santé lance un appel aux Mauriciens afin qu’ils nettoient leur cour, qu’ils se débarrassent des détritus et des déchets ménagers, et de tout ce qui peut contenir de l’eau stagnante, foyer de reproduction des moustiques. « Nous leur recommandons de couper les branches d’arbres et de tailler les broussailles, de conserver les ordures et déchets ménagers dans des poubelles couvertes », indique le Dr Aboobakar. Elle indique que  l’accumulation d’eau stagnante et d’ordures  provoque une propagation du foyer épidémique de la dengue.
Le moustique aedes albopictus, qui transmet le chikungunya et la dengue, est présent à Maurice. Selon le ministère de la Santé, une fois la fièvre dengue introduite dans un pays, il est très difficile de l’éradiquer. De ce fait, elle a tendance à réapparaître périodiquement. Raheem Gopaul, entomologiste à la retraite, a expliqué au Mauricien que le moustique transmettant la dengue aime les petites accumulations d’eau dans les coins ombragés, à l’extérieur et à l’intérieur de la maison, par exemple dans les noix de coco brisées, les vases à fleurs ou encore les boîtes usagées. Les oeufs de ce moustique sont capables de survivre pendant des mois sans eau et éclosent à l’arrivée des pluies. Le moustique aedes albopictus reste presque toujours près de son gîte larvaire : si vous êtes piqué, cela signifie que son habitant se situe dans un rayon d’une dizaine de mètres. Selon l’entomologiste, ce moustique pique surtout le matin et en fin d’après-midi.
L’année dernière, à la même époque, 44 cas de dengue avaient été détectés dans le nord du pays, principalement à Triolet. Selon une étude du ministère de la Santé, 60% des personnes infectées en 2014 étaient des femmes, en raison de leurs activités professionnelles et domestiques à l’extérieur. Le Dr Deoraj Caussy, virologue, nous avait alors dit que ces femmes faisaient leur lessive à l’ancienne ou préparaient les épices à l’extérieur ou travaillaient dans les champs. Selon le virologue, la plupart des Mauriciens ne sont pas immunisés contre la fièvre dengue, car ce sont quatre types de virus qui sont responsables de la maladie. Jusqu’ici, les cas recensés dans le nord du pays étaient causés par le virus de type 2. Un autre foyer avait été relevé en 2009 à Port-Louis, d’origine comorienne cette fois.
Il est recommandé de bien se couvrir et d’utiliser des produits répulsifs si l’on sort à l’aube ou au crépuscule, moments où les moustiques se nourrissent. Néanmoins, nous disait le Dr Caussy, lorsque le temps est couvert, les moustiques se nourrissent toute la journée. A noter que la Citadelle a été fermée par ordre des autorités sanitaires pour cause de foyer épidémique de dengue. Le spectacle Zakana, qui devait y avoir lieu, a par conséquent été reporté.