Le thème retenu pour marquer aujourd’hui la Journée africaine de la médecine traditionnelle, initiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Union africaine (UA) depuis l’an 2000 est  «la règlementation des tradipraticiens de santé dans la région africaine ». Bien qu’il existe une instance régulatrice pour ces praticiens traditionnels à Maurice, le ministère de la Santé et de la Qualité de la vie viendra bientôt avec une loi pour contrôler les médicaments utilisés en médecine traditionnelle.  
L’OMS recommande l’inclusion de la médecine traditionnelle dans le système national de santé de ses États membres. Tel est le cas à Maurice depuis 25 ans.  « Aujourd’hui, le pays compte cinq cliniques ayurvédiques opérationnelles. Chacune d’elle reçoit, en moyenne, 70 patients par jour. Ce qui montre un engouement certain pour la médecine ayurvédique. Pour répondre à cette demande grandissante, le ministère de la Santé va bientôt ouvrir une sixième clinique ayurvédique », annonce la Dr Rhitambhra Gopaul, responsable de l’unité ayurvédique du ministère de la Santé et de la Qualité de la vie.
La médecine traditionnelle est réglementée par le truchement d’un Traditional Medicine Board. Toutefois, le ministère de la Santé envisage l’adoption d’une législation visant à règlementer l’importation des médicaments utilisés en médecine traditionnelle. « Le but est de protéger les patients en leur garantissant des produits efficaces et de qualité », souligne la Dr Gopaul.
 « Comme c’est le cas pour les médicaments conventionnels, ceux utilisés en médecine traditionnelle devraient aussi être soumis à des essais cliniques rigoureux avant de pouvoir être prescrits aux patients. Il y va de la sécurité des malades. Leur efficacité et leur qualité devraient être garantis scientifiquement », recommande le Dr Laurent Musango, représentant de l’OMS à Maurice.
Dans un communiqué officiel, le Dr Musango rappelle que l’OMS encourage l’inclusion de la médecine traditionnelle dans les systèmes nationaux de santé afin d’arriver à une situation de couverture santé universelle et, ainsi, atteindre les objectifs de développement durable. Il explique que l’OMS recommande aux États membres, dépendant de leurs priorités nationales et leurs capacités :
•de formuler une politique nationale pour réglementer les tradipraticiens afin de veiller à ce qu’ils prodiguent des soins de qualité.    
•de légiférer, afin de s’assurer de la sureté des formes de médecine traditionnelle pratiquées.
•de mener des recherches sur les médicaments de médecine traditionnelle pour s’assurer de leur efficacité afin de les inclure dans la liste nationale des médicaments essentiels.
•de respecter et préserver la médecine traditionnelle et la faire davantage connaître auprès de la population.
•de renforcer la communication entre les professionnels de la médecine traditionnelle et ceux de la médecine conventionnelle pour encourager des échanges.
•d’organiser des séances de formation sur la médecine traditionnelle à l’intention des professionnels de santé, des étudiants en médecine et des chercheurs appropriés.  

Le Human Service Trust, une organisation non gouvernementale, a été un des pionniers de la médecine traditionnelle à Maurice en offrant les soins ayurvédiques. « Aujourd’hui, nous avons trois centres de médecine ayurvédique, mais aussi des cultures de plantes médicinales afin de mieux répondre aux besoins des patients », déclarePremchand Bhujawon (président du Human Service Trust.      
La World Health Assembly Resolution sur la médecine traditionnelle a été adoptée en 2009. La remise à jour de la stratégie de l’OMS sur la médecine traditionnelle pour la période 2014-2023 visde à s’adapter aux nouveaux défis auxquels les pays font face dans ce domaine. La stratégie couvrant la région africaine (2013-2023),comporte plusieurs axes : l’investissement dans la recherche, l’inclusion des produits de la médecine traditionnelle dans la liste nationale des médicaments essentiels, la culture des plantes médicinales à grande échelle et la production locale de produits de médecine traditionnelle pour traiter les maladies transmissibles et non-transmissibles.