Alors que démarre bientôt l’enregistrement des candidats aux prochains examens de School Certificate (SC), un coup d’oeil aux résultats des examens de l’an dernier révèle un fait qui devrait inquiéter les responsables du secondaire : le taux de réussites très faible de beaucoup d’établissements. Des private “grant-aided schools” sont principalement concernés, mais plusieurs collèges payants ne font pas mieux. Par ailleurs, la performance dans les différentes matières devrait aussi préoccuper les pédagogues.
Dans l’ensemble, les établissements confessionnels catholiques et non catholiques affichent un taux de réussites satisfaisantes. Idem pour une poignée de collèges privés, qui enregistrent d’habitude une grande demande d’admissions en Form I. Mis à part ces cas d’exception, l’écart se creuse entre le secondaire d’Etat et le privé en ce qu’il s’agit des résultats à ce premier examen de fin d’études secondaires.
Des officiers de la Private Secondary School Authority (PSSA) ne sont pas insensibles à cette situation. « Cette régression dans le taux de réussites est un problème très sérieux. Mêmes ces établissements qui, autrefois, faisaient la fierté d’une région, n’arrivent plus à maintenir le niveau », constate l’un d’entre eux. « Cette faible performance n’est pas due à un manque de moyens financiers ou de facilités pédagogiques, car les “grants” couvrent tous les aspects pour le bon fonctionnement d’un collège », ajoute cet officier.
Parmi cette cinquantaine d’établissements ayant obtenu moins de 50% de réussites aux derniers examens de SC, on relève les résultats suivants : 12,50 à 15%, 20 à 25%, 28%, 30 à 40%. Si certains de ces établissements n’ont présenté qu’une quinzaine de candidats, en revanche, le nombre est très élevé pour d’autres et, à titre d’exemple, cet établissement situé dans la région sud qui a envoyé 232 candidats et qui a obtenu un taux de réussites inférieur à… 10%.
Des établissements payants, qui affirment offrir une attention spéciale et personnalisée à leurs élèves – d’après leurs brochures de publicités –, enregistrent eux aussi un taux de réussites très bas, quand ce n’est pas carrément un « 0% » pour trois d’entre eux.
Du côté du secondaire d’Etat, les quatre établissements ayant enregistré la plus faible performance, soit moins de 50%, sont notamment la Bambous SSS, La Gaulette SSS, la Mootoocupen Sungeelee SSS, la Swami Sivenananda SSS et la Saint-Aubin SSS.
Dans le secondaire catholique, c’est le College Père Laval (à Ste-Croix) ainsi que les établissements qui ont ouvert leurs portes après 2002, et qui sont situés dans les régions rurales, qui enregistrent une faible performance à cet examen de Cambridge. La principale raison avancée par les établissements concernés par cette régression notable, et qui s’accentue au fil des années, dans le taux de réussites est la performance académique à l’entrée en Form I. « Ce ne sont pas les “A+” ni les “20 unités” au CPE qui viennent chez nous. Les enfants qui entrent chez nous en Form I ont obtenu de très faibles résultats au CPE. Zot rentre avek 4 “E” et nous devons reprendre avec eux la base des mathématiques, de l’anglais et du français. Nos enseignants donnent le meilleur d’eux-mêmes pour que ces enfants puissent entrer dans le programme d’études du secondaire et nous leur offrons l’encadrement nécessaire. Mais beaucoup abandonnent en Form IV et nous sommes contents pour ceux qui arrivent à décrocher leur diplôme de SC », réagit le directeur d’un collège de l’Est.
Un des objectifs de la mise sur pied de la Quality Assurance Unit visait justement l’amélioration de la performance académique des collèges mais, selon nos informations, le travail de cette unité peine à décoller parce que ses officiers ne sont pas bien accueillis, ni dans les collèges privés, ni dans le secondaire d’Etat. Des recteurs et des enseignants affirment que ces Quality Assurance Officers n’auraient pas reçu la formation nécessaire pour faire ce type de travail. « Il y a quelques jours, l’un d’eux, qui s’est rendu dans un collège d’Etat de la capitale, a été carrément mis à la porte par le recteur », relate un enseignant de ce collège.