South Korean justice minister Cho Kuk leaves the ministry in Gwacheon, south of Seoul, on October 14, 2019. - Embattled South Korean justice minister Cho Kuk resigned on October 14 as a scandal swirled over academic privileges allegedly given to his children. (Photo by - / YONHAP / AFP) / - South Korea OUT / REPUBLIC OF KOREA OUT NO ARCHIVES RESTRICTED TO SUBSCRIPTION USE

Le ministre sud-coréen de la Justice Cho Kuk, un temps présenté comme un successeur potentiel du président Moon Jae-in, a démissionné lundi après avoir pendant des semaines essuyé les critiques en raison d’une affaire de népotisme impliquant ses enfants.

Ce scandale a entraîné ces derniers temps d’importantes manifestations dans le pays, d’adversaires mais aussi de partisans de cet éminent juriste auquel le chef de l’Etat avait confié la très épineuse réforme du parquet.

Plusieurs proches du ministre ont été au coeur d’enquêtes portant sur des privilèges dont ses enfants auraient bénéficié lors de leur scolarité, mais aussi sur des investissements dans un fonds soupçonné d’opérations douteuses.

Son épouse Chung Kyung-sim, une universitaire, a été inculpée pour avoir falsifié une distinction universitaire dont sa fille s’était prévalue. Cette affaire doit être jugée à partir de vendredi.

Les partisans du désormais ex-ministre, qui avait été nommé cet été, affirment qu’il a fait l’objet d’une vendetta du ministère public. M. Moon a de longue date la volonté de réformer un parquet qu’il juge politisé.

« J’ai subi chaque jour alors que je tentaiS de remplir ma mission de réformer le parquet », a déclaré M. Cho dans un communiqué où il dit avoir « le coeur lourd ».

M. Moon a accepté cette démission en présentant ses excuses pour les divisions générées par sa nomination.

Mais il a loué le professionnalisme de son ex-ministre pendant ses 35 jours à Justice et souligné la nécessité de poursuivre la réforme.

Le pays a une longue « tradition » de réglements de comptes en cas d’alternance, car qui remporte la présidentielle récupère tous les leviers du pouvoir. A tel point que tous les anciens présidents sud-coréens encore en vie ont été condamnés après la fin de leur mandat.

La nomination de M. Cho à la Justice cet été avait tout du tremplin vers la présidence sud-coréenne, alors que M. Moon ne pourra se représenter en 2022 à l’issue de son mandat unique.

M. Cho était entré au gouvernement en 2017 dans les cartons du nouveau président de centre-gauche et il était la coqueluche du parti démocratique, avec son CV impeccable.

Auteur prolifique de 54 ans, M. Cho avait fait un séjour en prison pour son engagement en faveur des droits de l’Homme, avait passé des années à défendre des causes progressistes et avait plus d’un million d’abonnés sur Twitter.

Il avait toutefois été la cible d’accusations d’hypocrisie quand il était apparu qu’il avait envoyé sa fille Cho Min dans une des universités les plus prestigieuses du pays, alors qu’il avait par ailleurs accusé les établissements élitistes du pays de de contribuer à « une société plus inégale ».

Mais le scandale a éclaté quand il est apparu que la jeune femme avait peut-être bénéficié des relations de sa famille pour intégrer cette université.

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