Trois comptes bancaires d’une valeur de Rs 5 millions, opérés à la Mauritius Commercial Bank (MCB) au nom de deux employés de la banque, Michèle Tsang Ping, Head de Swift Services, et Patricia Smith, une des proches d’un ancien General Manager de la banque, font actuellement l’objet d’une enquête du Central CID. Cette affaire remonte au décès de Patricia Smith, il y a plus de deux ans, quand des membres du Top Management de la MCB avaient privé Michèle Tsang Ping de l’accès à ces comptes joints en banque. Dans le cadre de cette affaire, une première séance d’interrogatoire était prévue aujourd’hui au QG du Central CID avec Roxanne Potié, Head of Staff Accounts de la MCB, convoquée formellement.  Elle avait déjà été entendue à ce sujet précédemment par la police. Anthony Withers, Chief Executive Banking de la  MCB, et deux de ses plus proches collaborateurs à l’époque des faits reprochés pourront également être interrogés Under Warning en vue de faire la lumière sur cette affaire.
À la mi-journée, l’interrogatoire de Roxanne Potié n’avait pas encore démarré. Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que Michèle Tsang Ping, qui a retenu les services de Me Jean-Claude Bibi, a porté plainte au Central CID contre les agissements de ces membres du Top Management de la MCB depuis bientôt un an déjà et que c’est tout récemment, après analyses des tenants et aboutissants de cette affaire, que le feu vert pour le démarrage des interrogatoires des employés de la banque a été donné.
Selon les faits, Michèle Tsang Ping et Patricia Smith, étaient deux employées de la MCB, entretenant des liens d’amitié extrêmement serrés. Ainsi, elles opéraient trois comptes bancaires, soit un Joint Account avec des dépôts de Rs 2 millions et deux dépôts fixes de Rs 3 millions. Dans sa déposition au Central CID, Michèle Tsang Ping, soutient que « the three joint account were governed by contracts of the either or/Survivor Type. At the death of Miss Patricia Smith, Michèle Tsang Ping therefore became the sole lawful owner of all the funds in the three accounts ».
Or, au décès de Patricia Smith le 11 août 2011, des responsables de la MCB devaient décider autrement même si dans son testament, Michèle Tsang Ping avait été nommée en tant qu’un des deux exécuteurs testamentaires. Vanessa Brown, une des nièces de Patricia Smith devait hériter de toutes ses propriétés et avoirs avec Michèle Tsang Ping précisant qu’à aucun moment « she did not, in her will, bestow any legacy to other members of her family, including her brother Jales Smith, married to the sister of late Yvan Lagesse of the MCB ».
Aux termes de ces arrangements, Michèle Tsang Ping maintient que Vanessa Brown n’avait aucun droit sur ces trois comptes bancaires joints de Rs 5 millions. Mais le calvaire de Michèle Tsang Ping devait démarrer en date du 15 septembre 2011, quand en tant que client de la MCB, elle devait émettre des instructions pour un retrait de Rs 18 000 de ces comptes et également le transfert de ces fonds dans ses comptes personnels. Mais ses instructions ne furent jamais exécutées suite à l’intervention d’un groupe de responsables de la MCB, qui avait pris la décision de la priver de ses droits. Ces membres du Top Management de la banque avaient décidé de considérer Vanessa Brown comme étant le de facto owner de ces comptes contrairement aux règlements et procédures en vigueur.
Malgré ses différentes démarches justifiant que les fonds dans ces comptes joints lui appartiennent, Michèle Tsang Ping devait apprendre en date du 20 mars 2012 par le biais d’une correspondance signée de deux membres du Top Management de la banque que « her funds were handed over on 4 November 2011 to Vanessa Brown in her capacity as sole heir (légataire universelle) of the estate of MS Patricia Smith ».
Les deux banquiers prennent le soin de noter dans la lettre que cette décision a été prise après consultations avec le notaire de la banque. Michèle Tsang Ping affirme qu’elle a subi un chantage odieux de la part de certains membres du Top Management de la MCB : « Give us back the money or you will be sanctioned. »
Dans sa déposition au Central CID, Michèle Tsang Ping demande les circonstances dans lesquelles elle a été privée de l’accès à ces comptes joints et également qu’elle soit rétablie dans ses droits. L’interrogatoire de Roxanne Potié, Head of Staff Accounts, qui devait démarrer aujourd’hui, pourrait s’échelonner sur plusieurs jours compte tenu des différentes étapes de cette affaire avant que les autres membres du Top Management de la banque ne soient entendus à tour de rôle.