Le syndicaliste Rashid Imrith, président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public (FSSP), aborde aujourd’hui son troisième jour de grève de la faim en guise de protestation au nouveau report de la publication des recommandations de l’Errors and Anomalies Commission de Dev Manraj concernant le rapport du Pay Research Bureau (PRB). Dans une déclaration à Week-End hier soir, il devait indiquer que cette action sera poursuivie jusqu’à la publication du rapport.
« Nous avons entendu à travers les médias qu’un « special Cabinet meeting » est prévu lundi matin pour se prononcer sur le rapport chapeauté par Dev Manraj et ses assesseurs. Mais notre combat vise à rendre public ce rapport sans que des modifications y soient apportées. C’est une question de principe. La grève de la faim continuera jusqu’à la publication du rapport où jusqu’à notre mort », a tenu à préciser Rashid Imrith, hier soir, en présence d’autres syndicalistes, dont Naraindranath Gopee, président de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC). Le gréviste devait également dénoncer le fait que, pour des raisons inconnues, ce rapport n’ayant pas été rendu public ait toutefois atterri sur la table du ministère des Finances, alors que la souveraineté du Conseil des ministres aurait dû primer.
En guise de soutien au président de la Fédération des Syndicats du Secteur Public , deux autres syndicalistes, Leckraz Imrit et Anarjeet Seetohul, participent à cette grève de la faim observée devant le Registrar General’s Building. Depuis l’entame de cette action de protestation, plusieurs syndicalistes de différentes fédérations et confédérations, du secteur privé comme celui du public, sont venus apporter leur soutien à travers leurs visites. L’actuel leader de l’opposition, Alan Ganoo, de même que plusieurs dirigeants du MSM, se sont également déplacés pour rencontrer les grévistes depuis vendredi.
Commentant ce nouveau report de la publication des recommandations de la Commission Manraj, le syndicaliste Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers’ Union (GHTU), soutient que la stratégie « délibérée » du ministère des Finances est de « vire bann fonctionnaires » contre le Premier ministre, Navin Ramgoolam. « L’objection du ministère des Finances à la publication de ce rapport est une guerre à distance avec le Premier ministre. Politiquement, le ministre des Finances veut prouver au public que celui qui dicte la stratégie économique du gouvernement n’est pas le Premier ministre. Nous demandons au Premier ministre de ne pas se laisser piéger par le ministère des Finances et de faire confiance à Dev Manraj. Le rapport, qui stimulera l’économie, doit être publié in toto », déclare ainsi Suttyhudeo Tengur, tout en soutenant le fait que le coût net du rapport est inférieur à Rs 600 millions (après déduction de l’impôt et la TVA).
De son côté, dans une déclaration à Week-End, Naraindranath Gopee, de la FSSC, dénonce la « tactique dilatoire » du gouvernement de Navin Ramgoolam devant la publication de ce rapport tant attendu par les fonctionnaires. « Nou pa trouve pou ki rezon gouvernma invant pretex pou retard sa rapor ki an faver ti fonksyoner et mwayen fonksyoner. Si le gouvernement est vraiment socialiste, ce rapport doit être rendu public dans les meilleurs délais et toute modification doit être réalisée en consultation avec les syndicalistes engagés dans la fonction publique », fait ressortir Naraindranath Gopee.
Pour sa part, le président de la Government Services Employees Association (GSEA), Radakrishna Sadien, confirme que la frustration est de plus en plus grande chez les fonctionnaires, face à ce nouveau renvoi de la publication des recommandations. « Le gouvernement est responsable du mécontentement au sein de la fonction publique. Le rapport Manraj a trop dormi dans le tiroir, et cela ouvre par conséquent la porte à toutes sortes de spéculations. Et ce, en dépit du fait que nous savons pertinemment que Manraj ne se laissera pas influencer car il joue sa crédibilité. La frustration demeurera présente tant que ce rapport ne sera pas rendu public », affirme-t-il.