« Le manque de prévention des maladies professionnelles a des effets profondément négatifs, non seulement sur les employés et leur famille, mais aussi sur la société du fait du coût que cela engendre » a fait ressortir hier le ministre de la Fonction publique Satyadev Moutia alors qu’il lançait un séminaire sur la formation des formateurs de Health and Safety Officers. Cette initiative a reçu la collaboration de la NATReSA (National Agency for the treatment and Rehabilitation of Substance Abusers) et cadrait avec la Journée mondiale de la Sécurité et de la Santé au travail.
Les deux jours de séminaire étaient axés sur le thème “Substance Abuse, Safety and Health at Work”. Un manque de prévention des maladies contractées sur le lieu du travail a un coût important pour l’économie car la productivité est affectée, a indiqué le ministre. « La prévention est plus efficace et moins coûteuse qu’un traitement et une réhabilitation. » Selon M. Moutia, « l’absentéisme et la productivité peuvent être liés dans bien des cas à l’alcoolisme ».
Un tel séminaire, selon Satyadev Moutia, permet une prise de conscience de l’impact des abus de substances sur le service apporté par les employés de la Fonction publique quand ceux-ci « s’enfoncent dans l’abîme de la drogue et d’autres substances dangereuses, y compris l’alcool ».
Cette année, rappelle-t-il, le Bureau international du travail a décidé de sensibiliser ses partenaires sur la nécessité de prévenir les maladies et accidents du travail. « D’ailleurs, le thème de cette année est “Safety and Health in the use of chemicals at work”. » Le ministre s’est souvenu du cas d’un employé souffrant d’une maladie et qui a dû se retirer du travail cette année à cause d’une exposition non protégée à des substances chimiques sur son lieu de travail, notamment dans un atelier. « I wonder whether management has explored all options in the case. I trust that we succeed in finding some solution in the case of that worker. » Et d’ajouter : « C’est un véritable défi de trouver une balance appropriée entre les avantages liés aux produits chimiques et leurs effets néfastes sur les employés, les lieux de travail et l’environnement. »
Satyadev Moutia devait rappeler que l’an dernier, sur l’échelle mondiale, les maladies liées au travail étaient la cause principale de décès au travail. « Sur 2,34 millions de décès sur les lieux de travail, seulement 321 000 étaient causés par des accidents. Les maladies liées au travail sont des tueurs silencieux et l’employé se dirige vers sa mort en se rendant dans des lieux où leur santé est à risque, et ce parce que les agents des secteurs privé et public ont échoué dans leur rôle d’assurer un environnement sûr au travail. »
Le ministre de la Fonction publique a rappelé que quelque Rs 100 millions ont été injectées dans l’Enhancement of Work Environment Programme, tombant sous son ministère, lors du dernier Budget. Par ailleurs, rappelle-t-il encore, Maurice s’est engagée auprès du Decent Country Work Programme. Il a annoncé que son ministère a travaillé sur des lignes directrices pour la mise sur pied de micro-projets, lesquels seront lancés bientôt.
Il importe, selon le ministre, que les Health Safety Officers travaillent à identifier les employés tendant à être dépendant de l’alcool et d’autres substances. « Losing an employee because of substance dependence would be a loss that organisations may not afford to make especially in a country which relies almost entirely on its human resource. »