Le paysage de la sécurité routière à Maurice est amené incessamment à connaître des changements avec un plan national ayant pour objectif principal de réduire le taux d’accidents graves. D’abord, une commission nationale sur la sécurité routière sera dirigée par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, et impliquera les ministères ainsi que les autorités concernées. En ce qu’il s’agit des mesures sur le terrain, les “speed cameras” tant redoutées par les automobilistes feront leur come-back dès la première semaine de septembre. En attendant ce retour, six caméras mobiles sont déjà en opération dans les “black-spots”. Désormais, toute infraction pour excès de vitesse sera verbalisée avec un nouveau barème d’amendes en vigueur à partir de lundi, la disqualification du permis de conduire n’intervenant qu’après six infractions inscrites dans la First Schedule de la Road Traffic (Amendment ) Act 2015. Tout semble indiquer que la politique “zéro tolérance” sera appliquée envers les automobilistes, une escouade spéciale de 40 motards étant déployée sur les routes avec, comme mission principale, de sévir contre toute infraction, ainsi que des opérations “coup de poing” dans les régions très fréquentées par les fêtards.
En attendant ces nouveaux développements à venir sur le plan de la sécurité routière, la Road Traffic (Amendment) Act 2015, publiée dans la Government Gazette en date du 7 mai dernier, a été promulguée et entrera en vigueur dès lundi. La nouvelle législation, en remplacement du système du permis à point, prévoit un nouveau barème d’amendes pour les excès de vitesse, qui s’établit comme suit : Rs 1 000 pour tout excès de limite de vitesse ne dépassant pas 15 km/h, Rs 1 500 pour tout excès de la limite de vitesse de plus de 15 km/h mais moins de 25 km/h, et, enfin, Rs 2 500 pour tout excès de vitesse de plus de 25 km/h. Ainsi, les automobilistes ayant commis un nombre total de six infractions routières, inscrites dans le First Schedule de la Road Traffic (Amendment) Act 2015, pendant une période de 24 mois sera privé de son permis de conduire pour une période allant de 6 mois à un an. Son permis de conduire sera rétabli après la période de disqualification et après qu’il ait complété un cours de réhabilitation.
Dans l’immédiat, ces contraventions seront établies à travers les six “mobile cameras” déjà en opération dans les zones où les excès de vitesse sont plus fréquents. Dans un deuxième temps, soit dans la première semaine de septembre, les “speed cameras” signeront leur grand retour à travers l’île après avoir été désactivées en décembre 2014. « Les “speed-cameras” ont été déjà calibrées et repositionnées. Mais le logiciel utilisé par la police devait être “reengineered”, raison pour laquelle ce projet prend plus de temps que prévu car nous avons dû passer par le Central Procurement Board, étant donné que ce n’était pas prévu dans le contrat établi. Nous avons donc dû faire un “International Tender” à cet effet. D’ici fin août, le serveur sera opérationnel et les caméras devraient fonctionner dès la première semaine de septembre », a précisé le ministre des Infrastructures publiques Nando Bodha lors d’une conférence de presse hier après-midi en présence du commissaire de police, Mario Nobin, et des responsables de la Traffic Branch.
Par ailleurs, les Casernes centrales déploieront une Traffic Enforcement Squad constituée de 40 motards entraînés sur nos routes avec, comme mission principale, de sévir contre toute infraction au code de la route et de veiller au bon comportement des usagers de la route. Le ministre Bodha a annoncé que dix motards commenceront dès lundi matin et qu’il aura personnellement une session interactive avec eux à 9 h aux Casernes centrales. Dans un deuxième temps, un contingent de 30 autres motards viendra se greffer à cette escouade, des formations étant prévues à La Réunion. Ainsi, le conseil des ministres a validé le décaissement de Rs 25 millions destinées à l’achat de 30 nouvelles motos à cet effet. Après des consultations avec les Casernes centrales, Nando Bodha a également annoncé des opérations “coup de poing” à venir, principalement les vendredis et samedis soirs. Les régions ciblées sont celles connues pour connaître une forte concentration de boîtes de nuit, à l’instar de Grand-Baie, Flic-en-Flac et les cinq villes.
Durant la majeure partie de cet exercice médiatique d’hier après-midi, Nando Bodha a dévoilé toute une batterie de mesures pour venir contrecarrer la série noire des accidents de la route fatals. « La stratégie nationale a un objectif clair, soit de réduire le taux d’accidents graves ou fatals, à un niveau comparable à celui des pays les plus avancés », a-t-il soutenu au début de son intervention, prenant La Réunion pour exemple, l’île soeur ayant enregistré une baisse du nombre de ses accidents mortels alors que le parc de véhicules, lui, a augmenté par trois. L’idée première sera l’institution d’une National Road Safety Commission, laquelle sera dirigée par le Premier ministre sir Anerood Jugnauth en personne et impliquera la police ainsi que les autorités et ministères concernés par la sécurité routière, soit ceux des Infrastructures publiques, de l’Environnement, de la Santé et de l’Éducation. « Aujourd’hui, le problème de la sécurité routière s’est développé en une science présentée comme l’accidentologie et débouchant sur des recherches et des observatoires. Cette commission donnera donc des directives, fera un suivi des performances et assurera la coordination entre les autorités engagées sur ce plan », a fait ressortir Nando Bodha.
La National Road Safety Commission organisera ainsi des consultations tous les six mois et donnera des directives à un niveau inférieur, soit au National Road Safety Council, lequel comprendra tous les acteurs concernés, dont la Traffic Management & Road Safety Unit, la Road Development Authority, les assureurs, les concessionnaires de voiture et les Ong. « Le National Road Safety Council se rencontrera chaque mois pour apporter une coordination plus efficace en ce qu’il sagit de la sécurité routière. Actuellement, nous sommes à la recherche d’un responsable pour présider ce conseil. De plus, ce même conseil bénéficiera du support d’un expert réunionnais ayant été responsable de la sécurité routière à l’île soeur pendant dix ans », a expliqué le ministre des Infrastructures publiques. Dans un proche avenir, le gouvernement consacrera tout un mois aux différents aspects de la sécurité routière. « Nous voulons que la population mauricienne réalise qu’il faut l’effort de tout un chacun afin de réduire le taux d’accidents et le nombre de victimes. »