Sheila Bunwaree, présidente du Policy Council du MMM, travaille actuellement sur la préparation du programme électoral de ce parti pour les prochaines élections. À ce titre, elle a engagé une série de consultations publiques sur des sujets d’intérêt national, et dont la première a été consacrée aux PME. Une deuxième, qui devait être consacrée à la pêche, a été reportée en raison du mauvais temps. Sheila Bunwaree a eu une longue carrière à l’Université de Maurice avant de se lancer dans la politique active. Dans cette interview accordée au Mauricien, elle évoque la situation dans le domaine de l’éducation. Elle constate « une disparité énorme » dans ce secteur à Maurice. Elle évoque également son engagement dans la politique active, qui constitue, selon elle, « le meilleur moyen de mener le combat pour la justice sociale ».

La publication des résultats du HSC et de la liste des lauréats a attiré les projecteurs sur l’éducation publique à Maurice. Quel regard jetez-vous sur notre système d’éducation ?
Il est toujours difficile de réformer l’éducation. Toutefois, dans le cadre d’une stratégie de réforme, l’éducation doit être vue dans une forme holistique. C’est un secteur qui ne tolère pas une approche à l’emporte-pièce. Prenons par exemple le préprimaire, qui n’a pas été vraiment pris en considération dans cette réforme : tous les experts s’accordent à dire qu’il est déterminant pour l’avenir de n’importe quel enfant. Si déjà, à ce niveau, il y a une disparité énorme, comment voulez-vous que les courses commencent sur un pied d’égalité pour tout le monde.

The race is not equal. Supposément, l’éducation doit promouvoir la mobilité sociale, donner la même chance à tout le monde, produire un capital humain pour répondre aux besoins de notre économie. Or, au niveau du primaire, malgré l’introduction de PSAC, il y a encore un pourcentage important d’enfants qui ne savent ni lire, ni écrire. Aujourd’hui, le Nine-Year Schooling est devenu un cliché. Après cela, une partie des enfants ira dans une académie et une autre partie sera canalisée vers la formation technique. Nous voyons déjà le cafouillage qui nous attend au niveau des collèges techniques ou au niveau des académies. Ce qui nous amène à dire que le système ne regarde pas l’éducation de manière holistique. On constate que les leçons privées ont augmenté au lieu de diminuer. Beaucoup d’observateurs vous disent que la compétition et les leçons ont été transposées au niveau de la Form III (Grade 9) parce que les parents veulent que leurs enfants accèdent aux académies.

Il y a un gaspillage du capital humain si on tient compte que 30 à 35% des enfants du primaire ne savent ni lire ou écrire. Avez-vous vu le nombre de “drop-out” au niveau du primaire et le nombre qui entre en HSC ? Il y a un écart extraordinaire. Seulement une petite poignée d’élèves termine leurs études au niveau du HSC. Selon Lee Kwan Yew, une éducation qui marginalise ses élites est vouée à l’échec. Je suis tout à fait d’accord avec ce concept. Mais est-ce vrai qu’on produit des élites ? Y a-t-il une étude montrant le nombre de lauréats et de boursiers qui retournent au pays et contribuent à son développement ? C’est un “state sponsored brain drain”.

On est un petit pays, on peut faire de nos jeunes et nos enfants devenir l’élite de demain si on trouvait un consensus sur lequel devrait être l’éducation de demain et la repenser pour qu’elle puisse répondre aux nouveaux défis de la mondialisation.
Si on fait autant d’investissements, ne faudrait-il pas revoir l’allocation des ressources par rapport à l’éducation de manière à ce qu’elle assure la mobilité sociale et développe le capital humain sans faire de gaspillage ? Aussi, on aurait dû pouvoir produire des jeunes ayant un sens du civisme et de la responsabilité, et ne pas les laisser devenir des victimes de plusieurs types de fléaux, tels que la drogue synthétique dans les écoles. On pourrait faire en sorte que notre système d’éducation soit beaucoup plus performant à tous les niveaux et répondre aux besoins sociétaux si on dégageait une vraie vision autour de ce que devrait être l’école mauricienne au 21e siècle.

D’où vient le problème. Qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-ce qu’il faudrait revoir ? La politique de l’éducation, le système de l’éducation, le cursus, le travail des enseignants ?
C’est un tout. Ce ne sont pas uniquement les politiciens, les administrateurs, les syndicats, la formation, les parents, etc. C’est un ensemble. Il y a toute une mentalité mais également un laisser-aller. Je vois surtout la défense des intérêts personnels des uns et des autres. Admettons que vous dites aujourd’hui qu’il faut abolir le système de lauréat afin de trouver un autre moyen pour récompenser les élèves qui font bien et s’assurer que la société bénéficie du travail des élites que nous produisons. Croyez-vous que cet argument sera accepté facilement ? Certainement pas par ceux qui bénéficient du système ou qui veulent tirer un capital politique de ce système.

Si par exemple on prend toutes les ressources utilisées et qu’on les réinjecte dans le système universitaire local et que l’on fasse venir de meilleurs universitaires internationaux pour enseigner et promouvoir la recherche, nous aurions des campus d’un autre niveau, avec un autre environnement, un autre savoir-faire, ce qui aurait bénéficié à un nombre plus important d’étudiants.

Prenons un autre problème : les 3 ou 4 “credits”, etc.. On nous dit que la qualité se mesure par les 4 ou 5 “credits” et qu’il faut que « l’enfant fasse l’effort nécessaire » pour obtenir ces “credits” afin de pouvoir accéder à la HSC. Je trouve cet argument aberrant. Cela fait abstraction de beaucoup d’autres facteurs qui affectent la qualité et la performance des enfants. Aussi, un enfant peut n’avoir que 3 très bons “credits” et un autre 5 “credits” qui sont “borderline”. C’est une mesure discriminatoire qui exclut au lieu d’inclure.

Nous sommes dans un système archaïque où ce sont les examens « which drives the curriculum ». Cela n’aide pas à l’épanouissement de l’élève. Pire encore : on a un choix de sujets très limité à Maurice. Un plus grand éventail de sujets aurait donné plus de possibilités aux élèves de faire valoir leurs intérêts et leurs talents. On devrait pouvoir inclure des sujets tels que “marine biology”, “oceanic studies”, “earth sciences”, les arts, la musique et le théâtre par exemple. En ce moment, on met beaucoup d’accent sur l’intelligence artificielle, la robotique et la “blockchain”. Savez-vous que, dans certains pays, l’intelligence artificielle et la “blockchain” sont en train de créer des “ghost town” ? Je ne suis pas contre le progrès, il nous faut de la technologie.

Mais il faut nous projeter dans l’avenir tout en trouvant la juste mesure. Dans 20 ou 30 ans, dans un petit pays comme Maurice, si on ne crée pas d’emploi et que les « gens deviennent inutiles », comme le souligne Yuval Noah Harari dans Leçons pour le 21e siècle, la dignité humaine est à risque. Une nation de chômeurs peut être très grave et comporter de multiples problèmes. Il faut faire bien attention lorsque l’on parle de la chose éducative et de réformer l’éducation. Il faut voir tous les fondamentaux et créer des chances égales dès le départ pour tout le monde. Sans savoir où on veut aller et se mettre d’accord sur quel type de société nous voulons, et quelle qualité de citoyens nous voulons produire, on n’y arrivera pas.

Les critiques concernant l’éducation s’adressent surtout à l’école publique à Maurice, alors qu’en parallèle se développent des institutions payantes privées qui attirent beaucoup de Mauriciens. Qu’en pensez-vous ?
Vous avez raison. Ce qui se passe, c’est que l’éducation privée continuera à se développer. Je connais des personnes qui n’ont pas les moyens mais qui luttent pour payer les frais de scolarité dans des institutions privées. Lorsqu’on les interroge sur leurs démarches, elles répondent que dans les écoles publiques, les enseignants s’absentent, qu’il y a un manque de livres scolaires, que les toilettes sont sales, que les enseignants négligent les enfants, que leurs droits sont lésés par la manière de faire discriminatoire de certains enseignants.

Bien sûr, on ne généralise pas, mais vous n’avez qu’à écouter les plaintes des parents à la radio et ce sont souvent des vérités du terrain. Dans le cadre de la Truth and Justice Commission, j’étais responsable du dossier de l’éducation. Nous avions visité les “prevocational school”, nous avons vu cette discrimination qui est vraiment chagrinante et inquiétante pour un pays comme Maurice. Il y a des discriminations dans le langage utilisé vis-à-vis des enfants créoles sans que l’enseignant réalise que ce discours est discriminant. Il faudrait revoir la formation des enseignants.

Il faut inclure des modules par rapport à cette problématique et réfléchir ensemble pour un meilleur avenir pour nos enfants. Je précise également qu’il y a aussi de très bonnes institutions publiques, qui fonctionnent de manière exemplaire. Toutes les parties prenantes devraient pouvoir se mettre autour d’une table pour voir comment repenser l’éducation afin que tout le monde en bénéficie, que l’économie en sorte gagnante et que la société mauricienne soit plus cohésive. Sans cohésion sociale, la paix sera absente ainsi que le développement.

Le risque d’une éducation à deux vitesses existe, non ?
C’est vrai et c’est bien grave du point de vue de l’inégalité. La théorie de Bourdieu s’applique bien dans la société mauricienne. Il soutient que la production des inégalités à travers le système d’éducation organisé reproduit les inégalités. À Maurice, ces inégalités deviennent plus graves dans un contexte où la classe moyenne à Maurice rétrécit et que les réformes de l’éducation se font sans comprendre grand-chose des implications de cette inégalité.

L’extrême pauvreté est un problème grave, mais les inégalités sociales sont encore plus graves pour une société pluriethnique telle que la nôtre. La société multiethnique et la mosaïque que nous sommes peut devenir un réel modèle, mais il faut travailler très dur pour y arriver. Il ne faut surtout pas minimiser les difficultés et doléances de certains groupes.

Il ne faut pas, par exemple, ignorer les revendications de l’Affirmative Action Group. Ce dernier se bat pour plus de justice et il a raison. C’est la responsabilité de tout un chacun de promouvoir la justice sociale. Il faut pouvoir regarder nos problèmes sans nous voiler la face et rechercher des solutions dans la concertation et sans préjugés.

Que pensez-vous du Nine-Year Schooling ?
On ne peut parler de Nine-Year Schooling comme quelque chose « d’extraordinaire ». Si ce Nine-Year Schooling pouvait régler ne serait-ce qu’une partie des problèmes que nous avons mentionnés, cela aurait été une bonne chose. Malheureusement, ce système ne fait que repousser la sélection qui se faisait au niveau du CPE. Toutes les autres questions, comme celles du curriculum, des enseignants, des sujets et des leçons privées, sont restés inchangés. Il faudrait trouver un consensus entre tous les partenaires sur quel type d’éducation nous voulons et ensuite légiférer de manière à ce qu’il y ait une continuité pendant au moins les 10 à 15 prochaines années.

Que pensez-vous de la polémique autour de l’obligation d’avoir quatre ou cinq “credit” pour être admis en première année de HSC ?
Je vous ai dit tout à l’heure que je trouve injuste cette décision gouvernementale. Une des raisons évoquées pour soutenir l’importance d’avoir quatre “credit” au niveau du SC tient en compte la question de la qualité. Mais on ne peut faire abstraction des autres facteurs lorsqu’on regarde la qualité.

Qu’est ce qui affecte la performance d’un enfant ? Ni le MIE, ni le MES ne semblent s’être penchés sur le “Social Economic Status” et ne disposent des données nécessaires pour savoir pourquoi beaucoup d’enfants au bas de l’échelle ont une mauvaise performance. Donc, au lieu que l’éducation devienne un mécanisme d’inclusion, elle devient un mécanisme d’exclusion. Or, le gouvernement affirme que les enfants qui n’ont pas quatre “credits” seront orientés vers la filière technique. S’il y avait un curriculum qui donnait aux enfants la possibilité dès le départ de connaître un peu de technique, un peu d’agriculture, un peu d’art, un peu de théâtre ou un peu de sport, beaucoup d’enfants auraient eu leurs cinq “credits”.

En Grande-Bretagne, les enfants font neuf ou dix sujets, ce qui permet à l’enfant d’optimiser ses aptitudes. Cette sélection ajoute un poids sur les parents pauvres, qui iront dans les collèges privés payants pour faire leur “O” Level ou leur HSC ou “A” Levels. L’éducation, donc, n’est plus gratuite pour les plus nécessiteux.

Maintenant, nous nous acheminons vers l’introduction de l’éducation tertiaire gratuite dans les institutions publiques…
Cette proposition a été accueillie comme une bonne mesure. Toutefois, je me questionne sur le manque de vision et de planification. Par ailleurs, est-ce que les métiers techniques sont valorisés suffisamment ? Nous avons des institutions techniques comme le MITD, le Polytechnic Ltd, etc. Est-ce qu’il y a des “tracer studies”, par exemple, qui permettent de suivre l’évolution des étudiants après qu’ils aient quitté les institutions techniques pour savoir « where do our young technicians land » et comment ils sont intégrés dans la société mauricienne ? Et quid des filles ? Est-ce qu’il y a suffisamment de filières qui puissent intéresser les filles ? On sait très bien que les “traditionally male subjects”, tels que la plomberie, n’intéresse pas autant les filles que les garçons.

Vous êtes porteuse d’une vision de la société. En tant qu’universitaire, vous avez été engagée dans plusieurs Ong avant de vous engager dans la politique active. Est-ce une étape logique de votre cheminement ?
Je vous dirais que oui pour la simple et bonne raison que le combat reste entier. Depuis mon retour au pays, après mes études, j’ai mené un combat pour la justice sociale, pour l’inclusion, pour une société plus équitable basée sur l’intégrité et la méritocratie. Malgré tous les travaux que j’ai effectués avec les autres collègues, avec les Ong, et les “think tank” qu’on a mis en place avec la création du Parti Justice Sociale, en 2014, j’ai compris qu’une des meilleures façons de mener le combat pour la justice sociale, c’est à travers un parti politique “mainstream”.

Tous ceux que j’ai rencontrés dans la société mauricienne et qui sont animés d’une grande sagesse, dont beaucoup de chercheurs et de politiciens, m’ont fait comprendre qu’il faut des idées nouvelles, qu’il faut que la femme s’engage en politique et c’est en participant activement dans la vie politique qu’on peut donner sens à un idéal.

Cependant, les jeunes partis comme le Parti Justice Sociale, que j’avais créé, bien qu’ils apportent un brin de fraîcheur, ne pourront rien faire parce que la moyenne des Mauriciens qui se rendent aux urnes ne sont pas prêts à soutenir les jeunes partis émergents. Or, la politique est très importante.

Les gens ont perdu confiance en la politique. Je profite de l’occasion pour passer un message aux jeunes : tous les politiciens ne sont pas pourris, tous les politiciens ne sont pas corrompus, tous les politiciens ne sont pas malpropres ou arrogants. Je suis convaincue qu’à travers les valeurs militantes, on peut faire la différence. C’est pourquoi je me suis jointe au MMM, parce que ses valeurs pour une société plus juste coïncident avec les miennes. Le combat de son leader, Paul Bérenger, tout le long de sa vie, a été celui de la justice sociale, un combat pour les travailleurs afin qu’il y ait un développement économique permettant de faire avancer le pays. Il y a une vision, une honnêteté et une intégrité de la part de beaucoup de personnes au sein de ce parti.

C’est un combat très louable. J’ai choisi d’intégrer le MMM parce que je suis convaincue que c’est ce parti qui est porteur de l’espoir et d’un vrai changement. Ensuite, après 50 ans d’indépendance, il est temps de cesser de penser que notre Premier ministre doit être un hindou et d’une caste spécifique. Il est temps qu’on cesse de faire de la politique sur une base communale en regardant la couleur de la peau ou le groupe ethnique auquel on appartient. Lorsque le MMM se rendra seul aux élections, ce sera l’occasion pour les citoyens d’envoyer un signal fort au monde pour montrer qu’ils ne sont pas communalistes, mais qu’ils sont pour la compétence et l’intégrité, et pour une équipe capable d’apporter une transformation profonde dans le pays.

Vous êtes perçue comme une personne intransigeante. Toutefois, la pratique de la politique consiste à faire des compromis. Le MMM affirme qu’il ira seul aux élections, mais personne ne sait ce qui pourrait se passer avant le scrutin. Accepterez-vous que le MMM fasse alliance avec un autre parti ?
Je ne sais exactement à quels compromis vous faites allusion. Je suis très intransigeante, mais je suis également pragmatique. Je ne sais pas si ce que je dis est un paradoxe mais si être paradoxal peut contribuer à nous tirer des multiples problèmes que nous vivons sous le régime actuel, alors tant mieux.

Vous avez quitté le ML parce que vous n’étiez pas d’accord avec la conclusion d’une alliance politique…
Exactement. Je ne suis pas en faveur des alliances préélectorales, surtout dans l’ère actuelle. Je veux être rassurée que notre projet de société et notre manifeste électoral soit mis en œuvre. Pour gouverner un pays, on peut des fois faire des alliances post-électorales mais on a une plus grande marge de manœuvre. Je suis persuadée qu’on ira seul et qu’il faut y aller tout seul. C’est seulement à ce moment que la population verra que le comportement de chaque individu est très important. Je suis convaincue que le leadership du MMM, qui est un parti démocratique, est composé de personnes intelligentes et humaines. Ce parti comme tous les autres a ses faiblesses mais dispose des forces qui méritent d’être mises en valeur. C’est le parti le plus propre, le plus honnête et le plus compétent, ce qui sont des ingrédients rares. Je suis disposée à faire des compromis à condition de ne pas avoir à vendre mon âme. Je regarde toujours la “larger picture” et une “win win situation” pour tout le monde. I am not prepared to sell my soul. That’s me !

Vous avez une grosse responsabilité au sein du MMM avec le Policy Council. Comment travaillez-vous ?
Après les discussions avec les camarades du parti, nous avons choisi une méthodologie consistant à se mettre à l’écoute. « A bottom-up approach. » Les politiciens disent qu’ils sont à l’écoute mais, à vrai dire, il n’y a pas beaucoup d’écoute. Nous aurions pu, avec une équipe de personnes, écrire un joli programme électoral, mais dont l’implémentation est impossible ou qui ne répond pas aux attentes de la population. Dans le Policy Council, notre démarche est basée sur des consultations publiques avec des parties prenantes. Bien entendu, nous ne pourrons pas adopter tout ce que les gens nous disent. Il faut être réaliste, mais construire notre avenir ensemble est très important.

Nous avons rencontré des PME. Notre rencontre avec les pêcheurs a été reportée à cause du mauvais temps mais des rencontres sont prévues avec les planteurs, les artistes, les syndicalistes et les travailleurs par rapport aux lois du travail etc. Concernant les étrangers, il nous faudra veiller à ce que Maurice ne soit pas vendue comme un pays esclavagiste des temps modernes. Pour nous, le développement n’est pas seulement la croissance économique, c’est une harmonie qui doit exister entre l’éducation, l’économie, l’environnement et la société. Nous préconisons une croissance inclusive dans le vrai sens du terme tout en prenant en considération l’écologie par rapport au changement climatique, etc. En fin de compte, nous viendrons avec un projet de société centré sur le développement humain.

Pourquoi devrait-on faire confiance à un manifeste électoral ?
Un manifeste électoral est le point central de la vision du type de société dans laquelle nous voulons vivre. C’est de là que découle l’espoir de quelque chose de nouveau, de quelque chose qui peut confronter les grands défis de la mondialisation et du populisme montant. Malheureusement, beaucoup de personnes ont perdu confiance dans les manifestes électoraux parce que les promesses ne sont pas respectées. Cela a été le cas pour le programme de l’actuel gouvernement, publié en 2014.