Le 16 octobre 2011, l’assemblée générale de la FMBB (Fédération mauricienne de Basket-Ball) prenait la décision de remplacer Didier Moutou par Dominique Marisson à la présidence. Cela, malgré la médaille de bronze obtenue par la sélection féminine aux Jeux des îles de l’océan Indien, aux Seychelles, et les performances enregistrées par la sélection masculine, qui contrairement à 2007, à Madagascar, n’a pas été battue par des écarts de plus de 50 points ! Cinq mois après, cette fédération a explosé avec la démission de trois membres dont la présidente Dominique Marisson. Six mois plus tard, et ce, malgré les efforts de certains membres restant pour se rencontrer, le comité n’a toujours pu se réunir. Après une tentative avortée, samedi dernier, une nouvelle rencontre avait été fixée pour mercredi. Mais là encore, il n’y a pas eu de quorum. Selon nos informations, une nouvelle rencontre a été fixée pour ce mercredi, à 17h30, au gymnase de Phoenix. 
L’ancien président Didier Moutou, toujours membre de la FMBB, est un homme amer par rapport à ce qui s’est passé au cours de ces derniers mois. « Si nous n’arrivons toujours pas à nous réunir ce mercredi, le public saura alors qui sont ceux qui ont vraiment à coeur le basket-ball. Après deux renvois, j’estime que ceux qui ne veulent pas travailler dans l’intérêt de la discipline doivent avoir le courage et la sincérité de dire qu’ils ne pourront pas assister à la réunion. On décidera alors de la marche à suivre », a déclaré Didier Moutou. 
Pour ce dernier, c’est avec beaucoup de tristesse qu’il assiste impuissant à la mort lente du basket-ball. Car depuis la dissolution du comité directeur, quelques jours seulement après la tenue de l’assemblée générale spéciale (11 mars dernier) pour statuer sur l’affaire Malherbes Harlems – équipe maintenue en première division en dépit du fait d’avoir terminé à la dernière place – les activités sont restées au point mort. C’est ainsi qu’après la démission de Dominique Marisson, de Logananden Sunnassy (secrétaire) et de Kervin Ramma (membre) , le comité directeur de cette fédération s’est retrouvé avec six membres seulement, à savoir Didier Moutou, James Lee Fye, Dany Li Hung Shun, Cédric Paunin, Gérard Etiennette et Philippe Lee Kam Chung
Ce que Didier Moutou trouve encore plus regrettable, c’est que les problèmes qui ont mené à l’éclatement de la fédération ont surgi avant les Jeux des îles. « Certains voulaient qu’on remplace les entraîneurs nationaux, mais aussi que j’intervienne dans le choix des sélectionnés. J’ai fait comprendre à ces membres que ce n’était pas de mon ressort de m’ingérer dans l’aspect technique. Si un joueur devait être remplacé, c’était à l’entraîneur de le faire et si l’entraîneur devait lui aussi être remplacé, c’était au comité qui l’avait interviewé de venir de l’avant avec une proposition. On était à un mois des Jeux et sincèrement, ce n’était pas le moment de le faire », a expliqué Didier Moutou.
Après les Jeux, Didier Moutou a été remplacé à la présidence jusqu’à ce que Dominique Marisson soumette sa démission après le 11 mars dernier, suivi de deux autres membres. Pendant le mois de mars toujours, une rencontre a eu lieu entre les six membres restants, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) et le Comité olympique Mauricien (COM). « Une décision avait été prise pour que le MJS et le COM aillent de l’avant avec la mise en place des comités régionaux, suivi ensuite de l’assemblée générale élective. Un audit complet des affaires de la fédération devait aussi être effectué », a fait remarquer notre interlocuteur.
Toutefois, a-t-il souligné, il n’y a rien eu de concret. Entre-temps, des démarches ont été entreprises auprès du Registrar of Associations, afin de savoir comment procéder pour aller vers l’élection d’un nouveau comité. « On nous a fait comprendre que ce sont les membres restants qui devraient organiser les comités régionaux. Malheureusement, on a programmé deux réunions et jusqu’à présent, elles ont été renvoyées faute de quorum », a déclaré Didier Moutou.
Ce dernier ne digère toujours pas le fait que ce sentiment de progrès à l’issue des Jeux de Îles s’est effondré d’un coup, alors que la fédération aurait dû bâtir à partir de là pour faire avancer la discipline. « Imaginez vous que pour préparer ces Jeux, nous avons donné priorité aux deux sélections nationales. Avec le malaise qui persiste depuis plusieurs mois, cela fait donc deux ans qu’il n’y a pas de championnats. C’est vraiment dommage pour les joueurs et pour les responsables de club. C’est la raison pour laquelle je dis qu’avant de venir avec des changements, il faut avant tout mesurer l’ampleur des conséquences que cela peut avoir sur une discipline », a indiqué Didier Moutou.