Arvind Kumar Callychurn, l’instituteur arrêté hier par la police pour l’envoi de SMS indécents à une de ses élèves, restera en cellule pour quelques jours. Lors de sa première comparution en Cour de Rose-Hill hier, la police a objecté à sa remise en liberté conditionnelle de peur qu’il n’interpelle des témoins mais aussi pour sa propre sécurité. Mais Robin Appaya, son avocat, n’est pas d’accord avec la détention prolongée de son client estimant que celle-ci est à « l’encontre de la liberté d’un présumé innocent ». Par ailleurs, cette affaire a jeté la consternation parmi les enseignants au primaire.
Lors de son interrogatoire hier par la police, Arvind Kumar Caleechurn a admis que le numéro du portable d’où sont partis les messages incriminés est bien le sien et n’a pas nié non plus avoir envoyés des SMS durant la période juin-juillet. Mais il a affirmé à la police que tous ses élèves ainsi que de nombreux amis ont son numéro de portable et de ce fait, il « a répondu » à des nombreux messages. Il a déclaré à la police qu’il ne connaissait pas l’identité du destinataire des messages qui ont conduit à son arrestation et qu’il ignorait donc que le numéro sur lequel ces messages ont été envoyés était celui de l’une de ses élèves.
Selon nos informations, Arvind Kumar Caleechurn aurait envoyé quatre messages « indécents » à la jeune plaignante. Cet instituteur lui aurait écrit plus d’une fois « qu’il l’aime » et dans l’un de ces SMS il a émis le souhait de « prendre une douche » en sa compagnie.
Après l’objection de la police hier pour sa remise en liberté, son avocat a adressé une motion à la Bail and Remand Court. « La motion pour la remise en liberté conditionnelle de mon client aurait dû être débattue tout de suite, soit à la première occasion qu’il est présenté en Cour », dit au Mauricien Me Robin Appaya.
L’arrestation de cet enseignant du CPE a été comme une douche froide dans les écoles primaires et chacun y va de son petit commentaire. Certains enseignants jugent sa détention prolongée « quelque peu exagérée » tandis que d’autres trouvent que la « police a donné un signal fort » concernant les cas d’abus de toutes sortes contre des enfants.
Dans les milieux du ministère de l’Éducation, on n’hésite pas à dire que l’enseignant est très proche d’un syndicat qui avait affiché un certain « scepticisme » lorsque l’affaire a été ébruitée pendant les vacances scolaires. « Des membres de ce syndicat auraient fait comprendre à certaines personnes au ministère avant la rentrée des classes qu’ils ne souhaitaient pas que cet enseignant soit suspendu de ses fonctions en ce troisième trimestre aussi longtemps qu’il n’y a pas de déposition à la police. Ils ont dit “fer atansion, nou dimounn sa” », racontent des officiers du côté du ministère de l’Éducation.