Le groupe Men Against Violence, une initiative de Women In Networking, a démarré à la fin de la semaine dernière à Grannum à Vacoas une série de formations à l’intention des jeunes. Son objectif : amener les garçons et les hommes à dénoncer la violence contre les femmes. Une quinzaine de participants ont répondu présents à la première session.
« Notre rôle est de former les jeunes de 12 à 22 ans contre la violence à l’égard des filles et des femmes qui prend une grande ampleur dans le pays », lance Soodasan Chundoo, un des deux facilitateurs de la session. Avec Premchand Djapermal, il a été formé par une consultante britannique, Suzanne Williams.
Les jeunes sont ainsi formés pour devenir à leur tour des agents du changement, qui vulgariseront l’idée de ne plus violenter les filles et les femmes dans leur environnement. « Nous leur donnons toutes les informations à ce sujet. Nous leur parlons du changement d’attitude et de comportement et comment ils peuvent opérer dans leurs groupes respectifs », déclare M. Chundoo. Les participants font ensuite la promesse de ne pas s’engager, eux-mêmes, dans la violence contre les autres.
Premchand Djapermal ajoute que les participants ne vont pas surveiller la violence domestique dans leur endroit mais essayeront dans un premier temps de changer eux-mêmes leur regard vis-à-vis des femmes qui peuvent être leur mère, soeur, cousine, tante… « Ils ne doivent pas les considérer comme leurs servantes », explique le facilitateur.
Bruneau Woomed, coordonnateur de Men Against Violence (MAV), déclare pour sa part que cette démarche vis-à-vis des hommes émane du constat que ces derniers ont été pendant trop longtemps indifférents face à ce problème. « Les femmes se mobilisent déjà contre la violence. Nous voulons maintenant que les hommes se joignent à ce mouvement », explique-t-il.
M. Woomed ajoute que beaucoup d’hommes ne se rendent pas compte qu’ils peuvent être eux-mêmes affectés, directement ou indirectement, par la violence contre les femmes. « Il faut qu’ils sachent que ce problème a un coût social et économique. Si ce n’est pas eux, c’est leur mère, leur soeur et leur épouse qui peuvent être harcelées dans la rue. Personne ne peut prétendre qu’elles sont à l’abri de la violence. »
Réaliste, le coordonnateur de MAV déclare que le changement de mentalité et de comportement ne se fera pas du jour au lendemain. « Nous espérons que d’ici quelques années lorsque ces garçons seront en relation avec des filles, ils se comporteront différemment », lâche-t-il.
Beaucoup de questions ont été posées à la fin de la semaine dernière lors de la session interactive avec les jeunes. Parmi : quelles sont les différents types de violence ? Pourquoi autant de violence contre les femmes ? N’ont-elles pas les mêmes droits que les hommes ? Malheureusement, soutient Bruneau Woomed, « les filles n’ont pas les mêmes droits que les garçons dans beaucoup de familles à Maurice ». « Ce n’est pas normal, mais heureusement la situation est en train de changer petit à petit. »
Interrogé à l’issue de cette session, Ryan, âgé de 14 ans, estime avoir appris qu’il ne faut pas frapper les filles car elles sont égales aux garçons. « Il faut les protéger contre la violence. » Khoushal, 15 ans, soutient pour sa part que tous les hommes doivent respecter les femmes. Il compte d’ailleurs aider sa mère et sa soeur à la maison et les protéger lorsqu’elles se sentiront en danger.